Par P.L.-B. avec AFP
Le 22 mars 2026 à 14h36

En moyenne donc, le salaire des joueuses passera de 120.000 à 583.000 dollars annuels, jusqu’à 1 million de dollars en 2032, le minimum passant lui de 66.000 à 270.000 dollars annuels dès en 2026.
Passer la publicité Passer la publicitéPrès de 400% d’augmentation, soit une revalorisation salariale à faire pâlir les principaux syndicats de l’Hexagone. Outre-Atlantique, un accord financier qualifié d’«historique» a été trouvé entre la WNBA, la ligue de basket féminine nord-américaine, et le syndicat des joueuses, après des mois d’âpres négociations. «Un moment fondateur pour la WNBA et ses 30 ans d’histoire, ainsi que pour le sport professionnel féminin», a salué a commissionnaire de la WNBA Cathy Engelbert, pourtant durement critiquée à l’automne dernier par les joueuses.
Et le point fort de cette nouvelle convention collective - qui va être signée pour sept saisons et entrer en vigueur dès 2026 - tient au fait qu’elle liera pour la première fois les revenus des joueuses à un pourcentage du revenu total de la ligue, en pleine expansion. Décrit comme «historique» dans un communiqué commun, cet accord permet ainsi aux joueuses de «reprendre possession de leur valeur et de leur futur, au côté d’une ligue qui grandit grâce à elles», souligne la présidente du syndicat des joueuses Nneka Ogwumike, dix fois All-Star du championnat.
Des revenus en hausse de près de 400%
«Nous avons compris que cela avait plus d’importance que ce que nous aurions pu imaginer», s’est ainsi exprimée la présidente du comité exécutif de l’association des joueuses, Nneka Ogwumike, auprès du Wall Street Journal. Cette convention collective va tout changer pour le basket féminin. Il y a deux ans, les fans avaient été choqués d’apprendre que Caitlin Clark, première «draftée» (sélectionnée) à la sortie de l’université pour intégrer la ligue professionnelle, ne gagnerait que 76.535 dollars pour sa première année. Désormais, la joueuse la moins bien payée de la WNBA touchera un salaire garanti de 270.000 dollars. C’est plus que le salaire « supermax » le plus élevé de toute la ligue la saison dernière.
En somme, les revenus des joueuses vont tout simplement exploser. Le plafond salarial doit ainsi passer de 1,5 million de dollars en 2025 à 7 millions de dollars par équipe dès 2026, avec une projection à 11 millions de dollars en 2032. Tandis que le montant maximal qu’une joueuse peut percevoir passera à 1,4 million de dollars annuels contre environ 250.000 dollars en 2025, avec une projection à 2,4 millions en 2032. En moyenne donc, le salaire des joueuses passera de 120.000 à 583.000 dollars annuels, jusqu’à 1 million de dollars en 2032, le minimum passant lui de 66.000 à 270.000 dollars annuels dès en 2026.
Et si cette nouvelle convention doit encore être ratifiée par une majorité des joueuses et par le conseil d’administration de la WNBA, c’est déjà l’issue symbolique d’un long combat pour les joueuses, dont les salaires tout comme les conditions de travail (qualité des infrastructures, confort des voyages) restent encore à des années-lumières de leurs collègues masculins de la NBA, une ligue richissime plébiscitée par le public depuis plusieurs décennies. Interrogé à ce sujet il y a peu, le commissoinnaire de la NBA, Adam Silver, avait même dû officiellement s’expliquer. «Je ne pense pas qu’il faille raisonner en pourcentage, tellement les revenus de la NBA sont plus importants», s’était-il défendu, appelant à apprécier les salaires des joueuses «en valeur absolue». «Les salaires vont grandement augmenter à l’issue de la négociation du nouvel accord collectif, et les joueuses le méritent», avait-il d’ailleurs prédit.

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