«Protéger les enfants, pas les animateurs»: à Paris, une manifestation pour «mettre fin à l’omerta» des violences dans le périscolaire

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Une cinquantaine de parents s’est rassemblée devant l’Hôtel de ville de Paris ce samedi.

Une cinquantaine de parents s’est rassemblée devant l’Hôtel de ville de Paris ce samedi. ACP / LE FIGARO

REPORTAGE - Une cinquantaine de parents s’est rassemblée devant l’Hôtel de ville de Paris ce samedi pour prôner un #MeTooÉcoles et mettre en garde le prochain maire sur les violences au sein du périscolaire.

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«Maman, on peut aller au manège». Sa mère sourit avec tendresse, mais refuse. D’abord, le cartable de sa fille sera déposé devant l’Hôtel de ville. Las, la police repousse la cinquantaine de manifestants du parvis vers le trottoir ensoleillé qui lui fait face. Plusieurs cartables y sont assemblés, au milieu des peluches et des écriteaux cartonnés «MeTooEcole». «Ils représentent le fardeau que portent nos enfants quand ils sont déposés à l’école à 8h20 chaque matin. Ils se retrouvent dans un couloir de la mort», s’insurge Barka Zerouali, cofondatrice du collectif #MeTooEcole, qui ambitionne de «mettre fin à l’omerta» sur les violences sexuelles dans le périscolaire.

Vendredi, à la veille de ce rassemblement, trois hommes, dont deux animateurs, ont été interpellés pour des faits d’agressions sexuelles commis sur douze enfants âgés de 3 à 9 ans dans trois écoles parisiennes. Depuis plusieurs mois, le périscolaire parisien est éclaboussé par une série de signalements de violences et d’agressions sexuelles. Rachida Dati, candidate LR, en a fait l’un des axes principaux de sa campagne, dénonçant le «laxisme» de l’administration précédente, aux mains de la gauche. Mi-novembre, la mairie avait annoncé un plan, comprenant notamment une meilleure formation des accompagnateurs.

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La colère des parents s’est accentuée avec les révélations en cascade de manquements, et de suspicions de violences physiques et sexuelles. Mickael, venu avec deux enfants, se reconnaît «pleinement» dans le «reportage de Cash Investigation»  diffusé fin janvier dernier. Un élève a été agressé dans la classe de sa petite fille à l’école maternelle Alphonse Baudin (XIe). «J’ai dû avoir avec elle des discussions que j’aimerais ne pas avoir, pas maintenant en tout cas», regrette-t-il. Autour de lui, de nombreux parents. Beaucoup sont venus avec leurs enfants, certains leur donnent même un tardif petit-déjeuner. Chacun toutefois exprime la même émotion difficile à contenir, un mélange d’anxiété et de colère. «Et si la prochaine victime était mon enfant ?».

Devant l’Hôtel de ville de Paris ce samedi. ACP / LE FIGARO.

«Nous sommes là pour vous défendre», explique Camille, elle aussi membre du collectif, en caressant la joue d’une enfant. «C’est le combat de David contre Goliath mais l’institution doit nous entendre». «Tous les jours, on nous rapporte de nouveaux faits gravissimes», dénonce Barka Zerouali. Son action, ce samedi matin, se veut symbolique. Le dépôt de cartables, et cette manifestation, devant l’hôtel de ville la veille du second tour de l’élection municipale doit alerter le prochain maire sur ces violences. «Nous sommes un mouvement apolitique», a-t-elle expliqué dans son discours. «À celui ou celle qui sera élu maire de Paris, nous serons là après l’élection pour vérifier que les actes ont suivi les paroles. Nous ne serons pas leur caution mais leur obligation».

«Nous voulons une refonte réelle du cadre de la protection du périscolaire. Nous voulons que les responsabilités soient nommées, assumées, sanctionnées. Nous voulons que plus jamais personne ne subisse ce que certains des nôtres ont vécu», a-t-elle poursuivi. «Pardon, c’est un peu....», ajoute-t-elle, visiblement émue. Derrière elle, une pancarte noire «Protéger les enfants, pas les animateurs». Un peu plus loin, sur la place, en bleu foncé, des policiers arrivés en renfort forment un cercle pour surveiller cette manifestation qui réclame simplement de la sécurité pour ses enfants.

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