Paris, trois colocataires et leurs fins de semaines suspendues… Isabel Coixet filme avec poésie les rêves et les tourments d'une jeunesse qui se cherche dans Quelqu'un devrait interdire les dimanches après-midi, diffusée ce jeudi 19 mars 2026. Que vaut cette nouvelle série d'Arte ?
Qui n'a jamais été saisi d'une douce langueur le dimanche après-midi ? C'est ce sentiment que la réalisatrice Isabel Coixet capture dans Quelqu'un devrait interdire les dimanches après-midi, à travers le parcours initiatique de Louise (Liv Henneguier, révélée dans Sambre), raconté en huit volets. Après la mélancolique Los años nuevos, une autre fiction emplie de poésie arrive donc sur Arte.
Aux côtés de Liv Henneguier, on retrouve Théo Christine vu dans Suprêmes ou B.R.I. et Clara Bretheau avec qui Louise forme un trio touchant, tandis qu'une pointure du cinéma français, Jeanne Balibar (récemment à l'affiche de Ma mère, Dieu, et Sylvie Vartan), se mue en mère et amante troublante. Cette nouvelle série, diffusée à partir de ce jeudi 19 mars 2026 à 20.55, vaut-elle le coup d'œil ?
Quelqu'un devrait interdire les dimanches après-midi : Que raconte la série inédite d'Arte ?
Cinéaste en herbe, Louise quitte Limoges pour Paris avec, pour seuls bagages, un rêve et un scénario imaginant une histoire d'amour entre la chanteuse Françoise Hardy et le musicien britannique Nick Drake au début des années 1970. Dans la capitale, elle rencontre alors la tempétueuse Charlie (Clara Bretheau), une serveuse assoiffée d'amour mais rongée par sa relation toxique avec sa mère.
Bientôt, Louise emménage dans l'appartement de Charlie, qui vit déjà avec son meilleur ami Nelson, un rêveur un brin taciturne aspirant à devenir maître sushi. Tantôt tendres, tantôt piquants, à l’image de leur hérisson domestique, les trois colocataires partagent un rituel sacré le dimanche après-midi : regarder un film triste, lequel vient clore chacune de leurs tranches de vie hebdomadaires.
Jeanne Balibar dans Quelqu'un devrait interdire les dimanches après-midi. Carole BethuelQuelqu'un devrait interdire les dimanches après-midi : Faut-il regarder la série inédite d'Arte ? Notre avis
Déjà remarquée pour le drame Ma vie sans moi ou la série Foodie Love, la cinéaste catalane signe avec Quelqu'un devrait interdire les dimanches après-midi – coproduite par Éric Rochant, le créateur du Bureau des légendes – une fresque parisienne vibrante.
Ode au septième art, dont elle invoque quelques figures tutélaires d'Agnès Varda à Guy Gilles, la série explore dans le même temps les tourments d'une jeunesse en quête d'un destin, à travers un trio émouvant. Liv Henneguier donne vie avec brio à l'imperturbable Louise, décidée à défendre l'intégrité de son premier long métrage face à son mentor, le réalisateur fictif Ted Mackey (Tim Robbins).
Théo Christine joue, lui, la carte de la sensibilité, quand Clara Bretheau se révèle troublante dans ses nuances de jeu, épaulée par une Jeanne Balibar magistrale en mère froide. À l’image d'un week-end qui s'achève, cette chronique abrite les plus belles espérances comme les plus profondes tristesses.

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