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L’acteur de 60 ans, à la filmographie jalonnée de rôles de flic, aidera à façonner le palmarès de la manifestation normande, qui aura lieu du 4 au 13 septembre.
Un homme et une femme... Le festival du cinéma américain de Deauville pratique l’alternance. La manifestation normande, qui met à l’honneur les jeunes pousses de Hollywood et les nouvelles voix du cinéma d’auteur, a révélé, jeudi matin, l’identité de celui qui présidera le jury de sa 52e édition, prévue du 4 au 13 septembre prochain. Le comédien franco-marocain Roschdy Zem succède ainsi à l’actrice iranienne Golshifteh Farahani, qui, avec ses jurés, avait couronné The Plague à l’automne 2025.
Couronné du César du meilleur acteur pour Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin, prix d’interprétation masculine collectif en 2006 pour Indigènes, «Roschdy Zem n’a jamais cessé d’élargir son territoire artistique. Acteur, réalisateur, scénariste, il appartient à cette famille de créateurs qui considèrent le cinéma comme un espace de liberté. Artisan exigeant et figure majeure du cinéma français contemporain, il construit une œuvre populaire sans concession, engagée sans dogmatisme, et profondément humaine», saluent les organisateurs du festival dans un communiqué. Et d’ajouter : «Derrière la caméra, en tant que réalisateur, il construit une œuvre personnelle attentive aux invisibles, aux destins contrariés, aux questions de transmission et d’identité. Un cinéma profondément humaniste qui regarde les êtres avant les discours et préfère la nuance aux certitudes».
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À la croisée du cinéma d’auteur et populaire
Révélé au début des années 1990, Roschdy Zem est apparu dans plus de 80 films, mêlant cinéma d’auteur et populaire. Nommé trois fois aux César dans la catégorie meilleur second rôle ( Ma petite entreprise, Le Petit lieutenant, et La Fille de Monaco), une fois pour le meilleur premier film (Mauvaise foi) et une fois pour la meilleure adaptation (Omar m’a tuer), il a finalement remporté la statuette en 2020 pour Roubaix, une lumière . Dans le polar sombre d’Arnaud Desplechin, il incarnait un commissaire charismatique et sensible, plein d’humanité, à contre-pied des personnages classiques de policiers.
Le comédien de 60 ans s’est imposé tout au long d’une carrière où il a joué des hommes virils, avec de nombreux rôles de flics dans des polars français, mais aussi des personnages complexes, d’hommes mutiques ou écorchés, révélant sa fragilité. Rien ne le prédisposait à priori pour le cinéma. Né le 28 septembre 1965 de parents d’origine marocaine vivant dans un bidonville, qui le placent en famille d’accueil en Belgique jusqu’à ses 5 ans avant de s’installer à Drancy, Roschdy Zem devient d’abord vendeur de chaussures aux puces de Clignancourt. Il découvre le théâtre seulement à 20 ans, en accompagnant une amie à un cours. Il commence alors à faire des castings et débute au cinéma dans Les Keufs de Josiane Balasko, avant J’embrasse pas d’André Téchiné, avec qui il travaillera à nouveau dans Ma saison préférée et Alice et Martin. Il se fait vraiment connaître en veilleur de nuit dans En avoir ou pas de Lætitia Masson et surtout en toxicomane dans N’oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois.
Fréquent collaborateur de la cinéaste Rebecca Zlotowski, il campait un président de la République aux faux airs de Barack Obama, dans la série de Canal + Les Sauvages, avant de retrouver la réalisatrice dans le très beau drame familial Les enfants des autres , sur la place d’une belle-mère dans une famille recomposée. Plus récemment, Roschdy Zem a été à l’affiche du film d’action 13 jours, 13 nuits, portrait du haut gradé de la police, attaché de sécurité à Kaboul, qui a héroïquement évacué l’ambassade de France en 2021, sauvant 2800 personnes de l’avancée des talibans.

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