Sansal quitte Gallimard pour Grasset en raison d’une «divergence» née pendant sa «détention en Algérie»

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(FILES) French-Algerian writer Boualem Sansal looks on after receiving the City of Strasbourg Medal, in Strasbourg, eastern France, on January 26, 2026. Boualem Sansal, elected to the Académie Française in January 2026, has decided to leave his longtime publisher, Gallimard, which expressed its "sadness" at the news, the publishing house announced on March 12, 2026. (Photo by ROMEO BOETZLE / AFP)

(FILES) French-Algerian writer Boualem Sansal looks on after receiving the City of Strasbourg Medal, in Strasbourg, eastern France, on January 26, 2026. Boualem Sansal, elected to the Académie Française in January 2026, has decided to leave his longtime publisher, Gallimard, which expressed its "sadness" at the news, the publishing house announced on March 12, 2026. (Photo by ROMEO BOETZLE / AFP) ROMEO BOETZLE / AFP

L’écrivain a affirmé ce mardi 17 mars dans une tribune au Monde avoir quitté son éditeur historique lui reprochant sa stratégie diplomatique.

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L’écrivain Boualem Sansal, gracié en novembre dernier par le président algérien après un an de prison, a affirmé mardi dans une tribune au Monde que son départ chez Grasset résultait d’une «divergence» avec son éditeur historique, Gallimard, durant sa «détention en Algérie». «Antoine Gallimard a privilégié, pour me défendre, une démarche diplomatique que je comprends et respecte. Mais elle ne correspond pas à la ligne de résistance que j’ai fermement assumée face au régime violent et cruel d’Abdelmadjid Tebboune», écrit l’écrivain franco-algérien de 81 ans, qui fera paraître son prochain livre chez Grasset.

Lire le dossier Boualem Sansal gracié après sa détention en Algérie : notre dossier pour tout comprendre

L’annonce de ce transfert dans le monde de l’édition s’était faite vendredi dernier, à l’occasion de la célébration à Paris du 200e anniversaire d’Hachette Livre, à laquelle appartient Grasset. Numéro un français de l’édition, Hachette Livre figure dans le portefeuille des sociétés du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Au moment de nous séparer, Antoine Gallimard et moi nous sommes serré la main en nous disant ’sans rancune’, comme deux gentlemen qui se respectent

Boualem Sansal

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«La divergence qui explique aujourd’hui mon départ est née pendant ma détention en Algérie. Entre Gallimard et moi s’est interposée cette épreuve», poursuit Boualem Sansal, défendant une «position de principe: pas de soumission, pas de négociation. Quitte à rester en prison». «Face au régime qui m’a emprisonné, ma conviction était simple: dire les choses clairement, nommer la dictature et refuser toute logique de négociation qui aurait fait de moi une monnaie d’échange», ajoute l’octogénaire.

Selon lui, le fait d’avoir été gracié à la suite de démarches diplomatiques «est profondément insatisfaisant». «Au lieu d’un acquittement clair qui aurait reconnu mon innocence, j’ai été gracié. Autrement dit, je suis libre de fait mais juridiquement condamné à cinq années de prison», ajoute-t-il.

«Dans le même temps, je me retrouve exilé de mon pays, privé de ma nationalité algérienne et empêché d’y retourner», estime Boualem Sansal. «Cette situation est pour moi moralement et juridiquement inacceptable. Elle entérine l’injustice dont j’ai été victime». Pour ces raisons, l’écrivain a donc préféré quitter son éditeur historique. «Au moment de nous séparer, Antoine Gallimard et moi nous sommes serré la main en nous disant ’sans rancune’, comme deux gentlemen qui se respectent».

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