Test Toyota C-HR+ Design Grande Autonomie : 607 km d'autonomie pour corriger le tir ?

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Après un bZ4X pas franchement convaincant, Toyota lance une seconde voiture électrique, le C-HR+. Ce SUV compact profite des évolutions apparues lors du restylage de son grand frère pour offrir une expérience plus aboutie.

Malgré son expérience dans le domaine de l'hybride, Toyota fait partie des constructeurs les moins enclins à la voiture 100 % électrique. Le groupe japonais en a certes déjà proposé, mais avant tout pour répondre à des normes contraignantes. Ainsi, la première voiture tout-électrique proposée en France par la marque Toyota, le bZ4X, nous avait déçus avec une copie loin d'être aboutie.

Le constructeur nippon a toutefois adressé de nombreuses critiques portées à son SUV électrique à l'occasion de son restylage, et élargit sa gamme avec de nouveaux modèles à batterie. C'est pourquoi Toyota lance le C-HR+, un modèle plus petit que le bZ4X, qui marque l'abandon de cette nomenclature alambiquée, utilisée chez nous uniquement par son premier SUV électrique et sa version Touring.

Il est donc temps pour Toyota de s'attaquer au gros du marché européen avec un SUV compact, qui reprend le nom et le style du C-HR Hybride très populaire en France.

Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

Avec ses 4,53 m de long, soit 16 cm de moins qu'un bZ4X, le C-HR+ rivalise notamment avec les Peugeot e-3008 (4,54 m) et Renault Scenic E-Tech (4,47 m).

La gamme du Toyota C-HR+ se compose de trois versions : la Design Autonomie Confort, une traction de 167 ch à petite batterie NMC de 57,7 kWh de capacité totale ; la Design Grande Autonomie, dont la puissance grimpe à 224 ch et la capacité de batterie à 77 kWh ; ainsi que le modèle Collection Performance AWD à deux moteurs, fort de 343 ch et qui conserve la même batterie de 77 kWh de capacité totale.

L'autonomie grimpe jusqu'à 607 km pour le modèle Design Grande Autonomie que nous essayons aujourd'hui. La gamme démarre à 39 600 € et le modèle Grande Autonomie réclame 43 900 €. Étant produit au Japon, le C-HR+ ne peut prétendre à la prime “coup de pouce” et doit se contenter d'une remise constructeur de 1000 €, non déduite des tarifs précédemment énoncés.

Le C-HR+ revient donc plus cher que ses rivaux français, déjà pas les mieux positionnés, tandis que le plus grand Tesla Model Y démarre désormais à 39 990 €. La concurrence chinoise est aussi bien plus agressive, comme le MGS5 EV actuellement remisé à partir de 32 490 €.

Bien que le C-HR+ soit aussi plus cher que le C-HR hybride à l'achat, Toyota communique sur une offre de location longue durée (LLD) à 279 €/mois, identique entre les deux modèles (36 mois et 30 000 km, apport de 4390 €).

Le C-HR+ est garanti trois ans ou 100 000 km, une période étendue à cinq ans et 100 000 km pour sa chaîne de traction électrique et huit ans ou 160 000 km pour sa batterie, pour un SoH de 70 %. Enfin, il est possible d'étendre la couverture de la batterie haute tension jusqu'à 10 ans et 1 000 000 km, toujours pour un SoH de 70 %, à condition de suivre une périodicité d'entretien annuelle.

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 3,5 sur 5

Ergonomie et designUn style qui sait se tenir

Comme le C-HR hybride ou le bZ4X dont il est plus proche techniquement, ce C-HR+ adopte une ligne assez fuyante. Sa face avant rappelle celle du bZ4X ou encore de la Prius, avec un style à la fois affirmé sans être surchargé.

Arrière Toyota C-HR+ électrique

© Aurélien Piot / Les Numériques

L'arrière se distingue davantage des autres SUV de la gamme avec un style plus géométrique. À l'intérieur, les origines communes du C-HR+ à celles du bZ4X se ressentent puisqu'il partage sa planche de bord avec la version restylée de ce dernier.

Intérieur Toyota C-HR+ Design

© Aurélien Piot / Les Numériques

Si le plastique qui recouvre la planche de bord est assez travaillé, on ne peut pas en dire autant des autres habillages. Les plastiques durs sont omniprésents, ce qui n'est pas très agréable pour les genoux et les coudes — les accoudoirs sont certes recouverts de similicuir et de textile, mais restent particulièrement durs.

Heureusement, cet intérieur assez austère et intégralement noir a le mérite de conserver une bonne ergonomie. Les commandes physiques sont nombreuses, ce qui ravira une clientèle conservatrice. Le C-HR+ profite ainsi de molettes pour régler le volume ou encore la température de la climatisation. Le volant est toutefois un peu encombré par tous ces boutons, pas toujours idéalement positionnés.

Volant Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

On déplore également l'absence de boîte à gants, sacrifiée au profit d'un système de chauffage radiant. Un rangement ouvert est présent sous la console centrale et le rangement sous l'accoudoir profite d'un petit double fond, mais les bacs de portière sont étroits.

Aux places arrière, les passagers profitent d'un plancher presque totalement plat, mais comme souvent assez haut à bord de voitures électriques. L'espace aux genoux est correct, sans être exceptionnel au regard du gabarit, tandis que la ligne fuyante de ce C-HR+ contraint la garde au toit. Les plus de 1,85 m seront à l'étroit et devront opter pour la position la plus verticale des dossiers inclinables.

Places arrière Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

Le coffre n'est pas non plus des plus spacieux avec 416 l de volume et des formes difficiles à exploiter, la faute à des passages de roues prononcés.

Coffre Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

Ce volume n'est complété par aucun coffre avant (frunk), contrairement à certains rivaux, notamment en propulsion.

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 3,5 sur 5

Confort et équipementPour la modernité, on repassera

L'écran central 14 pouces du C-HR+ conserve une interface déjà connue chez Toyota, aux graphismes très simples. Avec une approche qui varie d'un texte à l'autre et une fluidité très relative, cet écran est bien loin de la modernité d'une interface sous Android Automotive OS ou de celle d'une Tesla. Toutefois, il sait se montrer facile d'utilisation.

Écran central Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

Nous conseillerons de recourir à Android Auto et Apple CarPlay, disponibles en mode sans-fil, d'autant plus que le système de navigation embarqué est parmi les plus archaïques. Lors de notre essai, le GPS avait en plus quelques secondes de retard, ce qui n'aide pas la navigation.

Mais l'écran d'instrumentation de 7 pouces, à regarder par-dessus le volant, est encore bien plus vieillot avec d'importantes bordures noires servant à afficher les différents voyants (y compris le voyant READY affiché en continu et à l'éclairage inégal). Cet écran sait heureusement se montrer lisible.

Compteurs Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

Enfin, toutes les versions sont équipées d'un double chargeur à induction. Malheureusement, il n'offre pas un maintien suffisant et se montre donc peu utile.

Chargeur à induction Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

Pour le reste, l'équipement de série de la finition Design est relativement généreux, mais elle ne permet pas d'opter pour les caméras 360°, les réglages électriques du siège conducteur, ou encore la sellerie en similicuir, réservés à la finition Collection qui impose le modèle Performance AWD. Dommage, on aurait aimé pouvoir profiter de ces équipements sur la version traction, de même que le toit panoramique et le système audio JBL proposés en option sur la finition Collection.

 4 sur 5

Connectivité et applicationGénéreux en services gratuits

Le C-HR+ est compatible avec l'app mobile MyToyota, assez classique, qui permet notamment de consulter ses données de conduite, localiser sa voiture et la verrouiller à distance, ou encore de programmer la charge de sa batterie et le chauffage ou la climatisation. On apprécie que ces services soient fournis gratuitement pendant quatre à dix ans selon les fonctions concernées.

Une fonction de clé “digitale” est aussi proposée, mais seulement avec le modèle Collection Performance AWD et sa période de gratuité n'est alors que d'un an.

 4,5 sur 5

Tenue de route et performancesTrès agréable

S'il y a un point où le bZ4X nous avait globalement séduits, c'est son comportement routier rassurant et assez confortable. Le C-HR+, qui partage sa plateforme e-TNGA avec son grand frère, conserve un typage similaire. Ses suspensions sont prévenantes, même si le filtrage n'est pas parfait à basse vitesse, tandis que le SUV électrique se comporte toujours aussi sainement.

Moteur électrique BluE Nexus Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

Son moteur de 165 kW (224 ch) lui permet déjà d'abattre le 0 à 100 km/h en seulement 7,3 s. Toutefois, les amateurs de conduite sportive ne seront pas comblés, notamment à cause d'un train avant qui doit composer avec 269 Nm de couple tout de même. Ceux-là lui préféreront des rivaux qui ont fait le choix de la propulsion. Reste que pour une conduite douce, ce C-HR+ se montre très agréable à mener.

La récupération d'énergie au lever de pied se règle via des palettes au volant. Elle permet un mode roues libres, mais pas de fonction one pedal, avec une décélération bien plus légère que d'autres véhicules électriques au réglage d'intensité le plus haut. La transition entre freinage régénératif et freinage par friction est bien gérée.

Si l'insonorisation nous a semblé correcte à basse vitesse, les bruits aérodynamiques sont trop importants sur autoroute, ce qui pourra fatiguer lors des longs trajets.

Côté aides à la conduite, le régulateur de vitesse adaptatif et le système de centrage dans la voie, sans offrir de fonctions hors du commun (l'assistant de changement de voie est réservé à la finition Collection, de même que la fonction de stationnement automatique), se sont montrés agréables avec des réactions douces.

Aides à la conduite Toyota C-HR+

© Aurélien Piot / Les Numériques

L'aide au maintien dans la voie se règle via les boutons du volant et l'alerte de survitesse peut être désactivée facilement via un raccourci sur l'écran central, tandis que le reste des aides à la conduite est à paramétrer depuis les menus de cette même interface.

 4 sur 5

Autonomie et recharge

Avec ses 72 kWh utiles, la batterie lithium-ion NMC — produite en coentreprise avec Panasonic — du C-HR+ Grande Autonomie est loin de marquer un record de capacité. Le SUV compact se montre toutefois assez efficient, bien plus que ce que nous avions relevé lors de notre essai du bZ4X avant son restylage.

Il revendique ainsi une autonomie allant jusqu'à 607 km en cycle mixte WLTP (560 km avec les jantes 20 pouces optionnelles contre 18 pouces de série). Dans de bonnes conditions, il devrait être possible d'atteindre une consommation mixte de 15 kWh/100 km pour une autonomie théorique de quelque 480 km, d'après nos relevés de consommation.

Recharge Toyota C-HR+ électrique

© Aurélien Piot / Les Numériques

Quand vient le moment de recharger, le C-HR+ profite d'un système de préconditionnement de la température de sa batterie, manuel ou automatique via la navigation, qui faisait défaut au bZ4X à ses débuts. Toyota annonce ainsi un 10 à 80 % en 28 min, y compris par basses températures, avec une puissance maximale de 150 kW en courant continu. Il ne s'agit pas d'une recharge particulièrement rapide, mais l'autonomie regagnée en ce temps reste correcte.

Pour les charges en courant alternatif, le C-HR+ s'équipe d'un chargeur embarqué de 11 kW pour les modèles en finition Design et de 22 kW en finition Collection, réservée à la version Performance AWD. Il est équipé de série d'une pompe à chaleur réversible et d'un planificateur d'itinéraire.

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Points forts

  • Garantie de la batterie haute tension jusqu'à 10 ans et 1 000 000 km.

  • Ergonomie facile à appréhender.

  • Services connectés fournis gratuitement pendant quatre à 10 ans.

  • Comportement routier très sain.

  • Consommation assez basse.

Points faibles

  • Finitions décevantes.

  • Absence de boîte à gants.

  • Espace aux places arrière un peu décevant.

  • Coffre pas des plus spacieux.

  • Technologies embarquées dépassées.

  • Quelques lacunes d'équipement sur cette finition.

  • Manque de réglage de la récupération d'énergie.

  • Nuisances sonores importantes à haute vitesse.

Conclusion

Note de la rédaction

 3,5 sur 5

Comment fonctionne la notation ?

Toyota a fait d'importants progrès après une première immixtion sur le marché des voitures électriques des plus fastidieuses. Le C-HR+ profite dès son lancement des améliorations connues par le bZ4X et s'en sort mieux que son grand frère à ses débuts. Pour autant, il reste loin d'offrir une expérience aussi aboutie que certains rivaux, et impose de trop nombreuses concessions, au-delà même de sa condition de voiture électrique.

Face à la concurrence

Les quelques lacunes d'équipement du C-HR+ et le retard de Toyota en matière de technologie embarquée sont d'autant plus flagrants sur le marché des voitures électriques, où Tesla et les constructeurs chinois ont habitué les consommateurs à des voitures ultra-modernes aux tarifs agressifs. De fait, un MGS5 EV, moins cher que le C-HR+, ou un Tesla Model Y, légèrement plus onéreux, mais bien plus polyvalent, pourraient lui faire de l'ombre. Seules l'ergonomie conservatrice du C-HR+ et sa garantie pourraient rassurer des clients n'ayant pas encore franchi le pas de l'électrique et souhaitant retrouver une expérience proche de celle de leur Toyota actuelle, par exemple.

Sous-Notes

  • Ergonomie et design

     3,5 sur 5

  • Confort et équipement

     3,5 sur 5

  • Connectivité et application

     4 sur 5

  • Tenue de route et performances

     4,5 sur 5

  • Autonomie et recharge

     4 sur 5

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