Un nouveau siège pour Piasa à la Plaine-Monceau

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INFO LE FIGARO - Pour ses 30 ans, la maison d’enchères parisienne s’installe au 54, rue de Monceau, dans le 8e arrondissement de Paris. Inauguré mi-septembre, le lieu va lui faire gagner en espace et lui permettre d’accélérer son développement.

À la mi-septembre 2026, la maison d’enchères Piasa fera l’évènement dans la capitale. Elle annonce son déménagement du 118, rue du Faubourg Saint-Honoré où elle était en face de Sotheby’s, à deux pas du Bristol, vers un hôtel particulier du 8e arrondissement de Paris, au 54, rue de Monceau. A quelque 900 mètres à vol d’oiseau, un peu plus à l’écart de l’effervescence du périmètre des galeries d’art moderne et contemporain arrivées en nombre ces dernières années, cette nouvelle adresse reste toutefois au cœur de la vie culturelle et du marché. Sa proximité avec le Musée Nissim-de-Camondo n’est pas négligeable. Tout comme celle avec la Galerie Lelong, rue de Téhéran, très courue des collectionneurs.

Avec ce nouveau siège de 1 200 m2 (contre 900 m2 pour l’ancien), soit 700 m2 d’exposition, Piasa marque surtout une nouvelle étape dans son développement, se donnant ainsi les moyens de renforcer sa position tant en France qu’à l’international. 70% de ses acheteurs sont étrangers et la maison est de plus en plus sollicitée pour être mise en concurrence avec les grandes maisons internationales, sur des affaires en France, en Europe ou aux États-Unis. Après deux ans de négociation, Piasa a repris le lieu à la marque de cosmétique Roger Gallet qui l’avait laissé dans un état quasi neuf, avec peu de travaux à faire, sauf pour l’adapter aux besoins d’une maison de ventes. On se doute qu’il va coûter plus cher en loyer. Mais ce n’est que du mieux pour son image et un vent d’air frais pour sa modernisation.

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Le lieu sera plus ouvert, plus généreux et plus adapté aux usages contemporains du marché de l’art. L’espace a été pensé comme un écrin dédié à la mise en valeur des œuvres et à l’expérience des collectionneurs. Plus spacieux et modulable, il va permettre à Piasa d’accueillir dans des conditions optimales ses ventes aux enchères, expositions déployées sur trois niveaux, du sous-sol au premier étage, et événements privés. Avec des salons dédiés aux rendez-vous confidentiels pour les vendeurs comme les acheteurs.

« Il y a un côté très positif dans ce déménagement qui nous correspond parfaitement même si la manutention risque d’être peut-être plus complexe, l’accès n’étant pas immédiat sur la rue comme avant au Faubourg. Perdre la proximité de Sotheby’s n’est pas le sujet car elle ne nous avait pas apporté réellement plus de clients. Ceux de passage représentent une infime proportion. Nos fidèles nous connaissent, les nouveaux achètent surtout en ligne ou par téléphone mais moins en physique, une tendance qui s’est généralisée partout», estime son directeur général, Frédéric Chambre. Piasa a son propre live, le premier site web « maison » pour enchérir en ligne, sans prendre de frais, ce qui n’est pas le cas des autres plateformes. Mais elle reste partenaire de Drouot live, live auctioneer et Invaluable.

Piasa a la particularité de s’appuyer sur six actionnaires majoritaires qui ont injecté de l’argent et continuent d’accompagner la maison. En tête : Laurent Dumas de la société Emerige qui va inaugurer son Centre d’art à la pointe de l’île Seguin en octobre mais aussi les hommes d’affaires Serge Weimberg, Charles-Henri Filippi et Alexandre Berda (fils de Claude). Sans oublier Marie Filippi et Frédéric Chambre. L’ancien ministre Laurent Fabius qui se consacre désormais à la peinture est sorti du team. D’autres du beau monde sont encore là comme Jérôme Clément, Michel Cicurel ou Lionel Zinzou, l’ancien premier ministre de la République du Bénin et banquier d’affaires dont la Fondation porte le nom.

Frédéric Chambre commissaire-priseur et directeur général de la maison d’enchères Piasa Courtesy Piasa

En 2025, Piasa affichait 55 millions d’euros, après une année record en 2024 de 65 millions d’euros. Un chiffre d’affaires qui a plus que doublé depuis 2019. «On est parti pour un prévisionnel en 2026 de 58 à 60 millions d’euros. Si Piasa a perdu de l’argent entre 2012 et 2017 , elle en gagne aujourd’hui, affirme Frédéric Chambre arrivé en 2013. On a créé Piasa Bruxelles en 2018, au sein de la galerie la Patinoire, avec trois ventes par an et mis en place un réseau en Espagne et en Italie où vient d’ouvrir un bureau de représentation».

« Notre équipe de 35 salariés est stable, un signe qui ne trompe pas sur la santé d’une maison et prouve que les gens s’y sentent bien, ajoute le commissaire-priseur. Elle va développer l’édition et la photo et réfléchir à réinstaurer un département mobilier et objets d’art. Notre point fort reste les Arts Décoratifs et le Design, 65 %, où nous sommes leader devant Artcurial, avec du Design Français, Italien, Scandinave, Américain, Brésilien. Les bijoux se portent bien. Dirigé par Fabien Béjean, Florence Latieule et Laura Wilmotte Koufopandelis. l’art moderne et contemporain retrouve de la vigueur. Nous avons décroché pour septembre la collection Canfrère de 69 tableaux d’après-guerre. Nous voudrions arriver autour des 20 millions d’euros pour les XXe et XXIe siècles». 

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La maison s’est déjà illustrée avec les collections de Geneviève et Jean-Paul Kahn, Raf Simons, Antoine de Galbert, Daniel Varenne, Velma Bury. Au niveau français, si on compte Christie’s, Sotheby’s et Bonhams. Piasa arrive en sixième position. Et sans les grandes maisons internationales, purement au niveau français, en troisième, derrière Artcurial et Millon &Associés. Elle a une bonne progression de croissance devant elle...

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