John Travolta qui passe derrière la caméra pour la première fois, c'est un évènement. Malheureusement, Vol de nuit pour Los Angeles, disponible le 29 mai 2026 sur Apple +, est franchement raté.
On peut le dire, notre homme est une légende d'Hollywood. C'est certain, John Travolta, révélé à la fin des années 70 avec Carrie au bal du diable et sa légendaire scène de bal et La Fièvre du samedi soir, est une star. Alors, quand à plus de 70 ans, l'inoubliable Vincent Vega de Pulp Fiction endosse pour la première fois la casquette de réalisateur, pour Vol de nuit pour Los Angeles disponible ce vendredi 29 mai 2026 sur la plateforme Apple+, le long-métrage est forcément attendu.
Preuve de l'importance de l'évènement, John Travolta était à Cannes mi-mai 2026 pour recevoir une Palme d'or d'honneur, et présenter par la même occasion sa première réalisation, désormais disponible pour le grand public. Malheureusement, cet essai est loin d'être convaincant.
John Travolta au Festival de Cannes avec sa Palme d'or d'honneur, le 16/05/2026
©JACOVIDES-MOREAU / BESTIMAGE
Quelle est l'histoire de Vol de nuit au-dessus de Los Angeles de John Travolta ?
Vol de nuit au-dessus de Los Angeles, c'est l'histoire du jeune Jeff, passionné d'aviation, qui prend l'avion pour la première fois au côté de sa mère pour un aller sans retour vers la Californie. Une histoire tout simple, presque une fable, qui aurait pu être touchante avec un minimum de retenue. Hélas, Travolta, lui-même passionné par les avions et pilote confirmé, propose une aventure plombée par un premier degré qui devient vite risible et agaçant.
Presque rien ne va dans les différentes aventures de Jeff, qui passe d'un vol à l'autre en intégrant la première classe comme par enchantement. Il n'est pas difficile de deviner que l'alter ego du garçon n'est autre que Travolta lui-même, qui livre sans doute quelques souvenirs intimes dans un voix off incessante et envahissante. Des commentaires qui ne font qu'illustrer, voire répéter, ce qui est montré à l'écran, sans aucune prise de distance. Et sans aucun intérêt la plupart du temps.
Vol de nuit au-dessus de Los Angeles de John Travolta, un ratage agaçant
Travolta semble vouloir décrire un certain âge d'or de l'aviation, au début des années 60. Mais les images, trop belles et pas du tout naturelles, sonnent faux, tout comme chaque relation interpersonnelle, que cela soit entre Jeff et sa mère, entre cette dernière et un autre passager, ou entre le garçon et les hôtesses et les pilotes qu'il croise. Dialogues d'une naïveté confondante, vision angélique et sirupeuse, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, en somme.
Ella Bleu Travolta, la fille de John Travolta, joue une hôtesse de l'air
©APPLE TV
Visiblement, Travolta, qui adapte son propre livre éponyme paru en 1997, semble dépassé par sa passion, sans que personne n'ait pu lui ramener les pieds sur terre. Ce n'est pas parce que l'on propose une fable que l'on doit traiter celle-ci avec autant de légèreté, ou plutôt de lourdeur. Pour ne rien arranger, le jeu des comédiens n'est absolument pas convaincant, et certain(e)s surjouent allègrement.
Résultat : la première réalisation de John Travolta, que le comédien et désormais réalisateur a eu la bonne idée de limiter à une heure de longueur, est anecdotique et sera bien vite oubliée. C'est peut-être ce que ce navet affligeant pourrait espérer de mieux.

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