Actualité : Apnée du sommeil : les résultats spectaculaires d’un nouvel essai clinique vers la fin du masque obligatoire

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Publié le 09/06/26 à 21h30

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C’est un immense espoir pour les millions de personnes qui souffrent d'apnée obstructive du sommeil et ne supportent plus leur équipement nocturne. Un essai clinique européen de phase 2 vient de révéler qu'un antiépileptique existant, le sulthiame, permet de réduire de près de moitié les pauses respiratoires. Publiés dans la prestigieuse revue The Lancet, ces résultats prometteurs ouvrent enfin la voie à une alternative thérapeutique sous forme de simple comprimé.

Jusqu'à présent, les patients diagnostiqués avec une apnée obstructive du sommeilmodérée à sévère se retrouvaient face à une seule et unique option véritablement efficace : la machine CPAP. Ce dispositif, composé d'un masque à pression positive continue à porter chaque nuit, s'avère toutefois si contraignant et inconfortable qu'il est abandonné par près d'un patient sur deux dès la première année. Alors qu'aucun traitement médicamenteux n'existait pour cibler directement ce trouble, l'essai clinique européen FLOW vient bousculer la donne. Mené sur 298 adultes, il démontre qu'aux doses les plus élevées, le sulthiame réduit jusqu'à 47 % les interruptions respiratoires nocturnes, tout en améliorant l'oxygénation du sang des volontaires.

Le sulthiame appartient à la classe des inhibiteurs de l'anhydrase carbonique. Il stabilise le contrôle ventilatoire en réduisant le loop gain, cette instabilité du système de rétroaction CO2/O2 qui provoque des cycles d'hyperventilation suivis d'apnées. Des travaux antérieurs, publiés dans CHEST, avaient déjà montré que cette molécule améliore le tonus musculaire des voies aériennes supérieures, diminuant le risque de collapsus pharyngé pendant le sommeil. Les effets indésirables sont restés majoritairement bénins et transitoires, la paresthésie étant le plus fréquent.

Nous travaillons sur cette stratégie thérapeutique depuis longtemps, et les résultats montrent que l'apnée du sommeil peut effectivement être influencée par voie pharmacologique. C'est un vrai tournant.

Reste une limite importante : le sulthiame ne cible qu'un seul des quatre mécanismes physiopathologiques de l'apnée obstructive, l'instabilité ventilatoire. Dans un essai préliminaire plus court, les scores de somnolence diurne et de qualité de vie n'avaient d'ailleurs pas bougé. Et l'essai FLOW demeure une phase 2, conçue pour explorer les doses et la tolérance. Des études plus vastes et plus longues seront nécessaires. Mais c'est précisément parce qu'une seule molécule ne suffira pas que d'autres arrivent.

Médecine du sommeil : la course aux traitements oraux est lancée

Le sulthiame n'est pas seul sur la ligne de départ. Apnimed prévoit de déposer début 2026 une demande d'approbation auprès de la FDA pour l'AD109, une association d'aroxybutynine et d'atomoxétine qui cible, elle, la dysfonction neuromusculaire des voies aériennes. Il y a aussi l'IHL-42X, un traitement par Incannex Healthcare, associant deux molécules bien connues, passé en phase 2 en début d'année dernière. Et depuis décembre 2024, le tirzepatide (Zepbound) est devenu le premier médicament approuvé pour l'AOS, mais uniquement chez les patients obèses, par le biais de la perte de poids.

Au lieu d'une approche "CPAP pour tous", nous entrons véritablement dans la médecine de précision du sommeil.

Trois cibles distinctes, trois approches complémentaires. Pour les millions de patients qui dorment chaque nuit avec un masque qu'ils n'ont jamais vraiment accepté, la question n'est plus de savoir si un traitement oral arrivera, mais lequel, et quand.

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