Publicité, votre contenu continue ci-dessous
Publié le 10/06/26 à 10h23
Nos réseaux :
Suivez-nous
Ajoutez nous à vos favoris Google
4
L'astronaute italien Luca Parmitano vient d'être désigné pilote pour la mission Artemis III de la Nasa vers la Lune. Il avait été victime d'une avarie terrible qui aurait pu le noyer dans l'espace lors d'une mission précédente. Retour sur cet incident incroyable et ce qui l'attend lors de la future mission en orbite terrestre.
© Nasa - Luca Parmitano lors de sa première sortie extravéhiculaire.
Ce fut l'un des pires accidents vécus par un astronaute dans l’espace. Le 16 juillet 2013, Luca Parmitano voyait son casque se remplir d'eau alors qu'il effectuait sortie extravéhiculaire. Retour sur cet épisode potentiellement dramatique et sur le choix de la Nasa d'en faire son pilote pour la mission Artemis III, qui testera les véhicules destinés à ramener les humains sur la Lune.
Ce devait être une mission de routine sur la Station spatiale internationale (ISS). La sortie extravéhiculaire EVA 23 était une continuité de l’EVA 22 avec la pose de câbles électriques sur la poutre centrale Z1. Au bout de 1 h 32 min, l'inattendu se produit.
Luca Parmitano, spationaute de l'Agence spatiale européenne (ESA), sent un liquide né d’une fuite dans sa combinaison s'amasser au niveau de sa nuque. Un liquide trop froid et en trop grande quantité pour être de la sueur. La sortie est alors immédiatement avortée, mais l'eau continue de s'accumuler, comme Luca le raconte sur son blog.
“À ce moment-là, alors que je me retourne, deux choses se produisent : le soleil se couche et ma capacité à voir, déjà compromise par l’eau, disparaît complètement, rendant mes yeux inutiles, se souvient-il. Pire que cela, l’eau couvre mon nez ; une sensation vraiment horrible que j’aggrave par mes vaines tentatives de bouger l’eau en secouant la tête. La partie supérieure du casque est pleine d’eau et je ne peux même pas être sûr que la prochaine fois que je respirerai, je remplirai mes poumons d’air et non de liquide.” L’angoisse…
Grâce à un sang-froid incomparable et une parfaite maîtrise de la situation, Luca va néanmoins parvenir à rejoindre le sas et sauver sa vie. Cet épisode a-t-il pesé mardi lorsque la Nasa a annoncé sa sélection pour la prestigieuse mission Artemis III ? Rappelons que Neil Armstrong avait lui aussi survécu à l'explosion du module lunaire lors d'un test.
Lunar Gateway abandonnée, l'Europe reçoit une compensation ?
Le bruit courait depuis quelque temps. L'annonce de la retransmission en direct sur la chaîne de l'ESA de la désignation de l'équipage d’Artemis III par la Nasa semblait un indice fort qu'un astronaute européen pouvait être sélectionné. Initialement, le Vieux Continent avait obtenu trois sièges sur les missions Artemis, mais l’abandon de la Lunar Gateway, la station spatiale lunaire, a marqué un coup dur pour l'ESA, qui en était un gros contributeur. On peut se demander si cette décision d'incorporer un Européen dès Artemis III n'est pas une sorte de compensation.
Luca Parmitano, un spationaute très expérimenté
Le CV spatial de Luca Parmitano impressionne : il a ainsi effectué deux séjours à bord de l’ISS pour un total de 33 h de sorties extravéhiculaires cumulées. Il a également été commandant de la station internationale, un privilège rare. Pilote de l'armée de l'Air italienne, il compte 2000 h de vol à son actif, avec une qualification sur plus de 20 types d'avions et d'hélicoptères. C'est justement en cette qualité de pilote que la Nasa l'a sélectionné.
Anecdote amusante, il est aussi le premier DJ astronaute de l'histoire. Le 13 août 2019, il jouait un set de 12 min dans l'ISS, retransmis en direct sur un navire près d'Ibiza, comme on peut le voir sur cette vidéo :
Artemis III, une mission en pleine mutation
La Nasa présente Artemis III comme sa mission la plus complexe jamais réalisée en orbite terrestre, visant à tester du matériel avant le retour humain sur le sol lunaire. Sans doute y a-t-il un peu de communication là-dedans, car il ne faut pas oublier combien le programme Apollo a demandé d'innovations et de prises de risques. Mais il est vrai que Luca Parmitano aura du travail. La capsule Orion — également une contribution européenne — va devoir s'amarrer en orbite terrestre successivement au Blue Moon Lander de Blue Origin et au Starship de SpaceX.
Et justement, l'architecture autour de ces atterrisseurs lunaires est également en mutation. Suite à l'explosion de la New Glenn 4, la Nasa insisterait pour que Blue Origin s'engage avec d'autres lanceurs afin d'être prêt à temps.
🚀🤔 La NASA souhaite que Blue Origin lance ces vaisseaux lunaires avec d’autres fusées.
🔹 En attendant le retour en vol de la fusée New Glenn, la NASA souhaiterait que les lancements du cargo Blue Moon Mark 1, et potentiellement du vaisseau habité Blue Moon Mark 2, soient… https://t.co/w3lVC4R5Kipic.twitter.com/71TXk3RYv4
Voici le déroulé de la mission, avec l'utilisation de trois fusées différentes :
- Décollage d'un premier lanceur pour placer le Blue Moon Lander en orbite. Il pourrait ainsi y rester jusqu'à trois mois.
- Un SLS allégé, moins puissant que celui utilisé lors d'Artemis II, enverra l'équipage en orbite à bord d'une capsule Orion. L'équipage entrera dans l'atterrisseur lunaire pour y effectuer des manœuvres avant de revenir dans la capsule.
- Un Starship équipé d'un système d'amarrage décollera à son tour. Ce ne serait donc pas la version finale du HLS, mais une sorte de version hybride. D'autres manœuvres auront lieu entre Orion et le vaisseau de SpaceX.
Rappelons que la mission Artemis III doit se dérouler en 2027, soit dans quelques mois. Beaucoup se demandent comment autant de véhicules qui n'existent pas encore pourront être prêts à être utilisés en conditions réelles en si peu de temps…
Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques
Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.

il y a 2 day
3



