Asthme, cancer, démangeaisons : quels sont vraiment les risques liés à la fumée des incendies et comment se protéger ?

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Depuis plusieurs jours, des milliers de pompiers et de militaires affrontent les flammes en Gironde. Un incendie hors norme et imprévisible qui a déjà ravagé plus de 42 000 hectares. Si le feu détruit les végétaux et un grand nombre de bâtiments, il n’est pas non plus sans risque pour la santé.

La composition des fumées d’incendie est complexe. Elle est influencée par plusieurs facteurs comme les végétaux brûlés, l’humidité de l’air, etc. En plus des particules fines, la fumée des incendies contient des composés organiques volatils (COV). « Le monoxyde de carbone est aussi un des polluants majeurs générés par les incendies de végétation, en particulier à proximité de l’incendie. Dans la composition des fumées, on recense aussi de très nombreuses autres substances chimiques incluant le dioxyde de carbone (CO2), des composés organiques volatils dont l’acroléine, le formaldéhyde et le benzène, des composés semi-volatils dont des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des métaux lourds et des oxydes d’azote (NOx) », complète l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans une expertise consacrée aux conséquences sanitaires des fumées de feux de végétation. Plus les particules sont petites et plus elles pénètrent profondément dans les poumons et l’organisme.

Asthme, otites et démangeaisons

Dans cette expertise, l’Anses alerte sur certaines conséquences directes pour la santé liées à l’exposition aux feux de forêt. Ces fumées peuvent causer des irritations respiratoires, des crises d’asthme ou des maladies pulmonaires chroniques. L’Agence de santé met en garde contre la possible survenue de maux de gorge ou d’otites. Au niveau cutané, les fumées peuvent être responsables de dermatite atopique et de démangeaisons.

Tout le monde n’est pas égal face aux désagréments et certaines personnes sensibles sont particulièrement vulnérables rappelle l’Anses. C’est le cas des nourrissons, des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées, des personnes souffrant de maladies respiratoires (dont l‘asthme) ou cardiovasculaires, des personnes diabétiques, des personnes immunodéprimées et des personnes atteintes d’autres maladies chroniques comme les personnes dialysées ou souffrant de maladies oculaires.

Les personnes concernées ne sont pas seulement les voisins des feux de forêt. Comme l’explique l’Anses, les particules fines issues des feux sont transportables sur de longues distances pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres et, ainsi, impactés une très large population.

Des études ont constaté qu’une exposition à des fumées d’incendie pouvait être liée des naissances prématurées et des crises cardiaques. En février 2026, une étude américaine réalisée par des chercheurs de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai s’est intéressée aux décès augmentés par l’exposition aux fumées des incendies. « La mortalité due aux maladies neurologiques a connu la plus forte augmentation pour chaque hausse de 0,1 μg/m³ de l’exposition aux particules fines PM2,5 issues de la fumée des feux de forêt. Notre étude a apporté des preuves solides de l’effet chronique de ces particules sur la mortalité, soulignant l’urgence de mettre en œuvre des mesures ciblées pour atténuer le fardeau considérable et croissant que représentent ces feux », notent les auteurs.

Est-ce qu’il existe un risque augmenté de cancer pour les pompiers ? L’Anses se montre prudente dans ses conclusions à ce sujet : « La littérature épidémiologique n’apporte pas d’éléments concluants. Rares sont les études différenciant les pompiers en fonction du type de feux rencontrés au cours de leur carrière, ou celles investiguant spécifiquement ce risque chez des pompiers forestiers. Une plausibilité biologique d’un risque accru lié à certaines composantes de la fumée (notamment les HAP) ne peut être exclue. Les cancers reconnus comme liés à la profession de pompier (mésothéliome, vessie) ne sont pas spécifiquement attribuables aux feux de végétation dans l’état actuel des connaissances. » Pour le moment, les autres effets à long terme doivent encore faire l’objet d’études scientifiques.

Comment se protéger des feux de forêt ?

Pour limiter le risque d’effets indésirables, il est recommandé de limiter le temps passé à l’extérieur pour ceux qui se trouvent dans des zones non évacuées où parviennent les panaches de fumées des feux de forêt.

Autres mesures de prévention recommandée par l’Anses : garder les portes et les fenêtres fermées, occulter les aérations avec des linges humides, arrêter les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) durant les épisodes de fumées, surveiller la qualité de l’air à l’intérieur de son intérieur. Pour les personnes sensibles, il est conseillé de porter un masque filtrant (de type FFP2 en cas d’exposition directe aux fumées. A ce sujet, l’Agence régionale de santé rappelle que le niveau de filtration doit être adapté à l’épaisseur des fumées et à la fragilité des personnes (ex : problèmes cardio-respiratoires, asthme, maladies pulmonaires, femmes enceintes, jeunes enfants…)

Sources

Feux de forêts - Impact sanitaire et recommandations, ARS, 26 juillet 2026
Yes, breathing wildfire smoke can harm your health — here’s what you can do to protect yourself, Medical Xpress, 17 juillet 2026
Pollution des feux de forêt, Anses, 20 juillet 2026

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