Tout savoir sur le rythme cardiaque et ses troubles : pourquoi le coeur bat-il trop lentement ou trop vite ? que faire?

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Personne tenant un cœur rouge en plein air, symbolisant la santé cardiovasculaire

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S’il est tout à fait normal que les battements de cœur varient au fil de la journée, un rythme cardiaque qui se dérègle nécessite une certaine vigilance. Comment faire pour que le cœur garde le bon tempo ? Comment repérer et traiter un éventuel trouble du rythme ? Réponses de quatre cardiologues.

Notre cœur est d’abord un organe qui bat. Ses pulsations propulsent le sang vers tous nos organes pour leur apporter de l’oxygène, synonyme de vie. Mais il n’est pas un métronome qui bat régulièrement tout au long de la vie, ni même de la journée : il accélère pour accompagner nos efforts, s’emballe en cas de stress ou d’émotion forte, bat plus lentement la nuit et au repos… Et si ces variations sont normales et même signe de bonne santé, quand son rythme se dérègle, cela peut mettre en danger l’organisme tout entier.

Le cœur, un chef d’orchestre qui donne le rythme

Une horlogerie de précision assure les battements cardiaques. Leur rythme est un indicateur important de notre santé.

Une fréquence cardiaque normale, c’est quoi ?

  • La fréquence cardiaque, c’est le nombre de battements que notre cœur effectue en une minute. Égale à 60, cela signifie que le cœur bat 60 fois par minute en moyenne.
  • Au repos, chez un adulte, une fréquence cardiaque (FC) comprise entre 60 et 80, voire jusqu’à 100, est considérée comme normale.
  • Il y a une marge car il existe des différences physiologiques naturelles. Elle est par exemple légèrement plus élevée (5 battements de plus en moyenne) chez les femmes, sans doute pour des raisons hormonales.
  • Elle varie aussi selon l’âge : elle est beaucoup plus élevée chez les bébés et les enfants car un cœur plus petit bat plus vite. Il est normal aussi qu’il batte un peu moins vite en vieillissant car la pompe cardiaque devient moins efficace.

Pourquoi parle-t-on de “fréquence cardiaque au repos” ?

« Un cœur en bonne santé ne bat pas au même rythme toute la journée, il est capable de ralentir ou d’accélérer en fonction de l’effort fourni », dit le Pr Christophe Scavée, cardiologue. C’est la nuit et au repos, quand on ne fait rien, par exemple devant la télévision, que la fréquence cardiaque est la plus basse, car les organes ont besoin de moins d’oxygène. À l’inverse, la fréquence cardiaque maximale est celle que notre cœur peut atteindre lors d’un effort physique intense (on l’estime grossièrement par la formule : 220 - l’âge).

Une fréquence cardiaque basse au repos est un indicateur de bonne santé : elle fatigue moins le cœur et les artères, et c’est aussi le signe qu’on régule bien le stress : le système nerveux parasympathique, qui ralentit la FC, s’active bien.

En dessous de 60 battements par minute (BPM), on parle de bradycardie (cœur qui bat lentement). Mais celle-ci peut être physiologique, essentiellement chez les sportifs d’endurance (très entraîné, le cœur bat moins pour un même effort) ou les personnes naturellement très détendues. « Dans ce cas-là, les personnes se sentent bien avec une FC basse, qui est plutôt protectrice pour le cœur, et si elle s’élève correctement à l’effort, cela ne pose pas de problème », dit le Pr Scavée.

En dessous de 50, ou si le cœur se met subitement à battre plus lentement que d’habitude, mieux vaut consulter, car cela peut cacher une maladie, une carence ou un problème de conduction électrique au niveau du cœur.

Il n’est pas étonnant d’avoir une FC au repos au-dessus de la moyenne (autour de 90-100) si on est très sédentaire ou en surpoids (IMC > 25). Quand le cœur se met à battre très vite (au-delà de 100 au repos), on parle de “tachycardie”.

Elle peut être passagère, le plus souvent liée au stress ou aux excitants : tabac, alcool, café, cocaïne… mais aussi cannabis, surtout s’il est associé à la nicotine. Mais cela peut aussi cacher un problème médical (insuffisance cardiaque, asthme, hyperthyroïdie…) ou un trouble du rythme type fibrillation auriculaire. Cela mérite toujours un avis médical si cela se répète.

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Pourquoi le cœur bat-il plus vite en cas de stress ?

Face à un stress ou un danger, le système nerveux sympathique s’active pour nous permettre de réagir : il entraîne une hausse de la fréquence cardiaque afin d’acheminer plus de sang et d’oxygène aux organes qui en ont besoin.

Quels autres facteurs peuvent faire varier la fréquence cardiaque ?

Ils sont nombreux. Outre les excitants, une douleur, une émotion forte, mais aussi la fièvre, le manque de sommeil, ou une température extérieure très élevée ou très basse augmentent le rythme cardiaque. Certains médicaments (bêtabloquants, inhibiteurs calciques, quinidine, certains antibiotiques et neuroleptiques…) peuvent aussi expliquer un rythme plus lent ou plus rapide que d’habitude.

Montre, bracelet, bague… les mesures des objets connectés sont-elles fiables ?

La plupart des modèles récents mesurent notre FC en continu, et certains proposent même de réaliser un électrocardiogramme (ECG) à la demande, en 30 secondes. « Ces deux outils sont fiables et peuvent permettre de détecter un trouble du rythme, notamment une fibrillation auriculaire. Mais il faut toujours un ECG complémentaire pour confirmer le diagnostic et savoir de quelle zone du cœur vient le problème », précise le Dr Mathieu Bernard, cardiologue.

Pour que la mesure soit exacte, il faut que le bracelet soit bien ajusté au contact de la peau. « Les bagues connectées sont un peu moins fiables que les bracelets ou montres », note le Dr Jean-Pierre Houppe, cardiologue.

Il m’envoie une alerte, comment réagir ? Il ne faut pas paniquer : une augmentation ou une irrégularité de la fréquence cardiaque peut arriver pour de nombreuses raisons, en particulier le stress, surtout si c’est ponctuel. Et il y a parfois de fausses alertes, notamment si on bouge pendant l’ECG. On commence par se mettre au repos et on reprend une mesure ECG sans bouger.

Si le résultat anormal persiste et qu’il s’agit d’une alerte “arythmie/ fibrillation auriculaire”, on consulte rapidement ou on envoie le tracé à son médecin ou son cardiologue par mail. S’il s’agit d’une alerte sur l’accélération du cœur, on en parle à son généraliste, sans urgence.

Comment garder un bon rythme cardiaque

Quand le rythme cardiaque devient trop lent, trop rapide ou anarchique par rapport à d’habitude, on parle alors d’arythmie. Si certaines sont sans conséquences, il faut parfois les traiter pour éviter des complications.

Quand le cœur bat trop lentement : la bradycardie

Sauf si c’est notre “nature”, en dessous de 55/60 battements par minute (BPM) au repos, un rythme lent peut cacher une pathologie. Elle correspond à des contractions très rapides d’un des ventricules.

Les principales causes :

  • une maladie type hypothyroïdie (qui ralentit tout le métabolisme) ou maladie de Lyme (la bactérie envahit le tissu cardiaque et cause des complications) ;
  • un déséquilibre (manque ou excès) du potassium dans le sang, qui perturbe les échanges électriques au niveau du cœur ;
  • une anomalie de l’influx électrique dans le muscle cardiaque. C’est fréquent à partir 60/70 ans, car le système qui transmet l’influx électrique dans le muscle cardiaque vieillit ;
  • la prise de certains médicaments à visée cardiovasculaire : bêtabloquants, inhibiteurs calciques, di-goxine/digitaline, antiarythmiques type cordarone…

Quelles conséquences ? Comme le débit sanguin propulsé vers les organes est moins important, on peut se sentir plus fatigué, avoir des vertiges, voire une perte de connaissance. Ainsi, « 20 % des morts subites d’origine cardiaque sont liées à une bradycardie, il ne faut donc pas la prendre à la légère et ne pas hésiter à consulter », dit le Pr Scavée.

Quelles solutions ? On cherche à traiter la cause : arrêt des médicaments en cause, traitement contre l’hypothyroïdie, supplémentation en potassium… Si l’anomalie persiste malgré tout, on envisage l’implantation d’un stimulateur cardiaque (ou pacemaker), notamment chez les personnes âgées : une sonde implantée dans le cœur et reliée à un petit boîtier envoie des stimulations électriques pour imposer un rythme artificiel.

Quand le cœur s’emballe : la fibrillation ventriculaire

Elle correspond à des contractions très rapides d’un des ventricules. « La fréquence cardiaque peut monter d’un coup à 220 ou 230 BPM ; il s’agit d’une véritable tornade, un peu comme un court-circuit dans le câblage électrique du cœur », résume la Dr Hocini.

Les principales causes : parfois à un problème génétique, comme l’hypertrophie cardiaque (le cœur est trop gros) ou la cardiomyopathie (qui endommage le muscle cardiaque). Ou parce que le cœur est déjà fragilisé par une insuffisance cardiaque (il ne pompe plus assez) ou un antécédent d’infarctus (des tissus cicatriciels perturbent l’influx électrique). Mais il arrive aussi qu’elle survienne sur un cœur quasi normal : on connaît encore mal les causes.

Quelles conséquences ? Le cœur ne peut pas supporter longtemps une telle fréquence cardiaque qui peut causer un arrêt en moins d’une minute. Le cerveau n’est plus irrigué, avec un risque de mort subite s’il n’y a pas de réanimation. D’où l’importance de dépister en amont les facteurs de risques et anomalies au niveau du cœur, via l’ECG ou l’imagerie.

Quelles solutions ?

  • Si on est identifié comme à risque (insuffisance cardiaque, prédisposition génétique, séquelle d’infarctus), on doit prendre un traitement médical pour abaisser la fréquence cardiaque, par exemple des bêtabloquants, le plus courant.
  • Si on a déjà subi un arrêt cardiaque ou que l’on souffre d’hypertrophie, le médecin peut choisir d’implanter un défibrillateur qui monitore en permanence la fréquence cardiaque. Il envoie une stimulation électrique pour freiner le cœur et faire redescendre la FC lorsqu’il détecte une accélération dangereuse. Le défibrillateur peut déclencher un choc pour le réanimer si besoin est.

Quand le cœur a des ratés : les extrasystoles

On a l’impression que notre cœur accélère d’un coup ou qu’il saute un temps, mais cela ne dure pas longtemps, moins de 30 secondes. « L’extrasystole est un battement qui survient plus tôt que prévu par rapport au précédent. Il y a donc deux battements trop rapprochés, puis deux plus éloignés, d’où la sensation d’à-coups. C’est comme une fausse note dans une partition », résume le Dr Bernard.

Les principales causes :

  • « un stress, un choc émotionnel, une dépression... peut suffire à générer un grand nombre d’extrasystoles », constate le Dr Bernard ;
  • un excès d’excitant type café (au-delà d’une dizaine par jour), tabac, alcool… ;
  • une carence en magnésium, potassium, ou calcium, trois minéraux indispensables au bon fonctionnement cardiaque, qui peut notamment être causée par des diurétiques ;
  • plus rarement, une maladie cardiaque sous-jacente (insuffisance cardiaque, maladie des valves cardiaques type sténose aortique...).

Quelles conséquences ? Le plus souvent, c’est bénin. On en fait tous plusieurs fois dans la journée, sans s’en rendre compte. Mais il faut consulter si on les sent de manière répétée, en particulier pendant le sport. À la longue, des extrasystoles nombreuses fatiguent le cœur et peuvent favoriser une fibrillation auriculaire ou ventriculaire.

Quelles solutions ?

  • La gestion du stress (via des méthodes de relaxation, la méditation, le yoga…) ou la prise en charge de la dépression (psychothérapie, médicaments...) est le premier élément à mettre en place.
  • La phytothérapie, avec des plantes qui ont un effet apaisant sur le système nerveux, y compris sur la fréquence cardiaque. L’aubépine est la plus utilisée : l’Agence européenne des médicaments reconnaît son usage contre les problèmes cardiaques liés à la nervosité. Sous forme d’extrait sec, en cure de 2 mois (Cardio-calm, Végécardine qui associe aubépine et magnésium…). La valériane a également prouvé son effet anxiolytique. « Dans mon expérience, cela aide très souvent à supprimer la gêne », note le Dr Bernard.
  • « Une cure de magnésium (environ 300 mg/jour pendant un mois, à renouveler si besoin est) aide lorsqu’il y a une carence avérée », constate le Pr Scavée.
  • Dans certains cas, notamment lorsqu’on enregistre plus de 5 000 extrasystoles par jour de manière répétée, le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux (flécaïne, antiarythmiques… ).

Quand son rythme devient anarchique : la fibrillation auriculaire (ou atriale)

« Une des oreillettes, généralement la gauche, se contracte moins bien en raison d’un dysfonctionnement électrique. Le tempo des oreillettes et des ventricules n’est plus synchronisé, ce qui donne une fréquence cardiaque irrégulière (bradycardie et tachycardie en même temps) : le cœur bat la chamade », décrit la Dr Hocini.

Cette perturbation peut durer quelques minutes ou quelques heures seulement, mais a tendance à récidiver. Et chez certains, elle peut aussi être permanente. On s’en rend souvent compte car on se sent plus essoufflé et très fatigué (le muscle cardiaque fonctionne moins bien), mais elle peut aussi être asymptomatique. La fibrillation auriculaire touche 4 % des plus de 60 ans, et 10 % des plus de 80 ans (source : HAS). « C’est le plus fréquent des troubles du rythme, il concerne autour de 1 million de personnes en France », rappelle la cardiologue.

Les principales causes :

  • Surtout à l’âge : le risque augmente en vieillissant car les tissus du cœur se fibrosent (ils durcissent et deviennent moins lisses). Ces irrégularités peuvent suffire à perturber l’influx électrique.
  • Le diabète, l’hypertension ou l’obésité augmentent aussi le risque.
  • Et certains facteurs favorisent le déclenchement d’un épisode si on y est sujet, par exemple une grosse consommation d’alcool d’un coup (binge drinking) ou le fait de dormir sur le côté gauche à cause des contraintes mécaniques sur le cœur.

Quelles conséquences ? « C’est la principale cause d’AVC (20 à 30 % des cas) : la contraction inefficace des oreillettes favorise la formation de caillots sanguins (le sang stagne et coagule), qui partent boucher une artère du cerveau », prévient la Dr Hocini. Elle augmente aussi le risque d’insuffisance cardiaque (multiplié par 3 chez l’homme, par 10 chez la femme) et de démence, car le cerveau est moins bien irrigué.

Quelles solutions ?

  • On donne toujours un traitement anticoagulant pour limiter le risque d’AVC, et des médicaments pour ralentir la fréquence cardiaque (bêtabloquants, inhibiteurs calciques...).
  • Si les épisodes se répètent malgré les médicaments, la radiofréquence (chaleur) ou la cryothérapie (froid) permettent de détruire les cellules musculaires défaillantes qui perturbent l’influx électrique. « Une séance règle le problème définitivement dans environ 85 % des cas », précise la Dr Hocini. En cas de récidive, on peut en faire une deuxième. Cela se pratique habituellement sous anesthésie générale avec une hospitalisation de 2 à 3 jours ; elle est beaucoup plus rarement proposée en ambulatoire. L’intervention est prise en charge par la Sécurité sociale.
  • Une technique plus récente, l’ablation par électroporation, qui utilise des microchocs électriques, réduit le risque de lésion de l’œsophage et rend le traitement un peu plus rapide (30 minutes en moyenne au lieu de 45 minutes à 1 h). Elle n’est pratiquée pour l’instant que dans certains centres spécialisés. Même prise en charge que les deux techniques précédentes.

Pourquoi j’ai des palpitations ?

On en parle de “palpitations” dès que l’on sent battre notre cœur de façon anormale : impression qu’il bat plus fort, plus vite, qu’il s’arrête… « La plupart du temps, c’est une tachycardie due à un stress passager ou aux excitants. On y est plus sujette aussi lors de la grossesse », dit le Dr Bernard. Mais cela peut aussi être le signe d’une anémie ou d’une hyperthyroïdie, voire d’un vrai trouble du rythme, type extrasystoles. D’où l’importance d’en parler au moins au généraliste, surtout si cela se répète et s’accompagne d’une sensation de malaise

7 conseils à suivre pour prendre soin de son cœur

Ménager le muscle cardiaque, abaisser sa fréquence cardiaque au repos et renforcer les vaisseaux sanguins aide à éviter les maladies cardiovasculaires, responsables d’un décès sur quatre en France.

1. Pratiquer la cohérence cardiaque pour réguler son stress

Une des méthodes les plus faciles à apprendre est la cohérence cardiaque qui permet d’abaisser le stress et la fréquence cardiaque au repos. « Elle est même utilisée dans les centres de réadaptation cardiaque pour diminuer le risque de récidive d’infarctus ». En pratique :

  • Le protocole 3-6-5 est le plus étudié : on pratique 3 fois 5 min par jour, en adoptant le rythme de 6 cycles respiratoires par minute. On essaie d’inspirer sur 5 secondes et d’expirer sur 5 secondes. Au début, une appli comme respiRelax +, Top Breath ou Kardia aide à trouver le rythme.
  • On peut pratiquer avant de se coucher, mais aussi au bureau, dans les transports… « Si notre cœur a tendance à battre un peu vite et que l’on est très stressé, on peut inspirer sur 4 secondes et expirer sur 6 secondes pour accentuer l’effet calmant. Faire plutôt l’inverse si notre cœur bat un peu trop lentement », précise le Dr Bernard.

2. Miser sur les activités d’endurance

Grâce à l’activité physique, en particulier en endurance (vélo, footing, natation…), le muscle cardiaque devient plus efficace. « Le cœur éjecte un plus gros volume de sang pour un même effort, il a besoin de se contracter moins souvent, ce qui abaisse la fréquence cardiaque durant l’activité physique mais aussi au repos », résume le Pr Scavée. Elle aide aussi à réguler tous les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire : tension artérielle, cholestérol, poids…

En pratique :

  • L’idéal, c’est 150 minutes par semaine d’activité modérée à intense, au minimum de la marche rapide, on doit être un peu essoufflé. Ce n’est pas si grave si on ne trouve pas le temps de caler une séance de sport en plus du travail.
  • S’il faut bouger tous les jours, ne serait-ce qu’un peu de marche, on peut enchaîner 2 séances de 45 min-1 h le week-end. Une étude américaine publiée dans JAMA, en juillet 2023, montre que concentrer l’essentiel de son activité physique sur 2 jours est aussi bénéfique pour le cœur que d’étaler les séances du lundi au dimanche. Avec, dans les deux cas, un risque réduit de crise cardiaque, insuffisance cardiaque... Bref, du sport le week-end, c’est déjà bien !

N’en faites pas trop ! Si l’on est très sportif (plus de 6 h par semaine) et que l’on ressent des palpitations ou que l’on souffre de fibrillation auriculaire, il faut parfois réduire l’activité. « Un entraînement intensif peut créer un épaississement du muscle cardiaque, qui favorise les troubles du rythme », explique le Dr Bernard.

3. Passer le moins de temps possible assis

« On peut être sportif et sédentaire ! Pour protéger le cœur, c’est important aussi de ne pas passer trop de temps assis, y compris au bureau, car c’est un facteur de risque cardiovasculaire à part entière », dit le Dr Houppe. Cette position ne sollicite pas assez le cœur, qui se déconditionne, comme les autres muscles. Se mettre en mouvement relance le système nerveux sympathique et le travail du cœur.

En pratique :

On se lève si possible toutes les heures pour faire quelques pas, par exemple pour passer un appel, échanger avec un collègue, avoir un rendez-vous à la machine à café plutôt qu’en salle de réunion.

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4. Positiver

D’après une revue d’études de 2020, l’optimisme réduit le risque de mortalité cardiovasculaire de 35 %. « Même si on ne peut pas être heureux tout le temps, il est montré que ceux qui ont tendance à voir le verre à moitié plein vieillissent en meilleure santé », observe le Dr Houppe.

En pratique : on peut développer cet état d’esprit grâce à l’exercice de gratitude. Chaque soir, on s’oblige à noter (dans sa tête ou dans un carnet) trois bonnes choses survenues dans la journée et pour lesquelles on est reconnaissant.

5. Adopter le régime méditerranéen

Un régime riche en fruits et légumes (à chaque repas), céréales et légumineuses (tous les jours), poisson (2 fois par semaine minimum, dont un poisson gras), œufs (jusqu’à 1 par jour), huiles végétales (olive, colza...) et noix (1 poignée quotidienne) abaisse de près de 40 % le risque d’infarctus ou d’AVC. Logique car il apporte des fibres (contre le cholestérol et le diabète), du potassium (indispensable pour de bons échanges électriques au niveau cardiaque), des acides gras qui préservent les cellules cardiaques… À l’inverse, il est prouvé qu’un excès de sucres transformés, de charcuteries ou de viande rouge est mauvais pour le cœur.

6. Dormir 7 à 8 heures par nuit

C’est la bonne “dose” de sommeil pour réduire le risque d’insuffisance cardiaque de 42 %, d’après une étude britannique réalisée auprès de plus de 400 000 personnes. Les cellules cardiaques se régénèrent pendant la nuit. En dessous de 6 heures par nuit, le risque d’infarctus grimpe en flèche, mais plus de 9 heures, c’est tout aussi délétère.

7. Se protéger du froid

Une étude a montré que quelle que soit la météo, lorsque la température extérieure baisse de 1 °C, le risque d’infarctus augmente de 2 %. « Les troubles du rythme sont aussi plus fréquents lorsqu’il fait très froid, car les vaisseaux et artères se contractent, ce qui demande un effort supplémentaire au cœur et fait grimper davantage la fréquence cardiaque », indique le Pr Scavée. On protège bien les extrémités avec gants et bonnet pour limiter la vasoconstriction. Attention aussi au footing ou au vélo dans le froid, surtout si on a déjà des facteurs de risque (hypertension, insuffisance cardiaque...) ou des antécédents cardiaques !

À lire :

  • Rythme cardiaque, rythme de vie, Pr Christophe Scavée, éd. Mardaga, 24,90 €.
  • Le cœur, notre autre cerveau, Dr Mathieu Bernard-Le Bourvellec, éd. Larousse, 14,95 €.
  • Le cœur du bonheur, Dr Jean-Pierre Houppe, éd. J’ai Lu Bien-Être, 7,20 €.
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