25 septembre 2025. Dans les locaux du think tank Ifri, à Paris, l'économiste ukrainienne Oleksandra Betliy termine son intervention sur la reconstruction de son pays à l'occasion du Forum France-Ukraine. Un homme à l'air affable s'approche. Il dit travailler auprès d'Euroclear, l'institution financière belge qui gère la grande majorité des avoirs russes gelés en Europe. Il s'agit d'Olivier Huby.

Betliy, qui plaide pour l'utilisation des actifs bloqués afin de financer la reconstruction de l'Ukraine, tend l'oreille. La confiscation des avoirs russes est l'un des débats les plus brûlants de la guerre. "Votre idée est impossible. Les Américains et les Chinois retireraient leur argent", balaie Huby. Il affirme que toucher aux actifs russes risquerait de déstabiliser l'un des piliers du système financier international. "Nous n'étions pas d'accord, mais je voulais poursuivre la conversation", rapporte Betliy. Huby lui demande ses coordonnées. Il ne lui laisse pas les siennes. Quelques minutes plus tard, il disparaît dans la foule.

Opposition à la confiscation des avoirs russes

Olena Halushka, co-initiatrice de la campagne internationale Make Russia Pay - qui défend aussi la confiscation des avoirs russes -, se souvient d'une scène similaire. Un homme "ressemblant à Huby" lui explique que l'Ukraine n'arriverait pas à confisquer ces avoirs. Il vante les mérites d'Elvira Nabioullina, la gouverneure de la Banque centrale de Russie : "Une excellente manager".