Il faut savourer ces moments d’éclat et d’orgie footballistique, avec le retour au sommet du champion d’Europe en titre, humiliant ses sujets sur le Vieux Continent. Il a laminé Chelsea, sixième du championnat, dans des proportions inquiétantes pour la Premier League avec quinze dernières minutes au Parc et quinze premières à Stamford Bridge en forme de requiem pour les Anglais. Au total, six buts de différence sont venus créer un écart insurmontable pour les Blues, dont trois par Khvicha Kvaratskhelia, double buteur pour achever l’œuvre parisienne à domicile, premier de cordée pour installer la farandole de joie à Londres. Il existe une planète de différence entre cette équipe britannique et le champion d’Europe, de nouveau en quart de finale de la Ligue des champions, pour la troisième fois en trois ans sous Luis Enrique, le spécialiste.
Il héritera ce mercredi de Galatasaray pour un adversaire nouveau en Coupe d’Europe ou de Liverpool, remake de la saison passée mais un tour plus tôt. Depuis un an, le PSG a battu ou éliminé six clubs d’Outre-Manche (Manchester City, Liverpool, Aston Villa, Arsenal, Tottenham, Chelsea) et seul Newcastle lui a résisté. Après avoir partagé le mistigri du statut de favori contre Chelsea, il sera cette fois donné gagnant contre les deux formations. Pour deux raisons. 1. Parce qu’il est objectivement plus fort que ces deux adversaires-là sur deux rencontres. 2. Parce que ces huit buts d’un mercredi à un mardi ressemblent à une signature et à un message à la concurrence, du Real Madrid au Bayern Munich. Il n’est pas sûr qu’il était parti mais il est évident que le PSG est de retour, prêt à redevenir lui-même, cette gueule de football d’ange au sourire carnassier.
Paris n’a jamais tremblé à Londres, éteignant très tôt tout suspense. Une fois son jeu mis en place, Paris a pris la mesure des hommes de Liam Rosenior en moins de six minutes, avec une passe en profondeur pour Khvicha Kvaratskhelia devenu le cauchemar de Mamadou Sarr. Dans la foulée, Bradley Barcola s’est permis un deuxième but en moins d’une semaine après un an sans marquer. Stamford Bridge s’est éteint, laissant les chants Parisiens envahir l’enceinte, jusqu’à des « Ole » dans une séquence interminable de possession parisienne. Ils ont fini par dire l’essentiel d’un « On est chez nous » quand les Blues croyaient vexer Luis Enrique et son équipe en déployant une banderole « champions du monde » avant le coup d’envoi. C’est un titre sympatoche qui ne vaut évidemment pas la Ligue des champions, que les Anglais ne disputeront plus cette saison.
C’est d’ailleurs l’instant de dire que Strasbourg, la filiale de BlueCo, le propriétaire de Chelsea, joue mieux au foot que la maison mère, assemblage nerveux de talents dissonants, défaits trois fois en une semaine. Au but de Senny Mayulu à l’heure de jeu, des supporters sont rentrés chez eux ou au Pub noyer leur dépit et peut-être un peu leur honte.
Il y aura eu des matchs récemment - à Rennes, contre le PFC en Coupe de France, face à Monaco en Ligue 1 - où Paris avait besoin de 24 tirs pour lever une fois les bras en l’air alors qu’ils viennent de transformer au score tous leurs tirs cadrés de la semaine. L’entraîneur espagnol a même pu gérer son effectif, en remplaçant à la pause João Neves par Senny Mayulu, auteur d’une entrée de champion, comme à l’aller. Qui l’eut cru : le match le plus dur de la semaine sera à Nice ce samedi en championnat et pas le mardi soir à Londres ? C’est que la Ligue des champions est aussi son affaire, dans laquelle il se montre à 100 % de lui-même et en costume de gala alors que la L 1 demeure une compétition souvent trop fermée pour son identité hybride de jeu de positions et de transitions rapides. L’Europe demeure sa cible d’amoureux qui n’a pas récité tous ses poèmes.




