DEBAT – Inquiétant ces dernières semaines, le Paris-SG a écrasé les Blues en huitième de finale aller de Ligue des champions. Le déclic pour les Rouge et Bleu ?
Inespéré. Après une qualification tirée par les cheveux contre Monaco (3-2, 2-2), en barrage, les Parisiens ont déjà un pied et demi en quarts de finale de Ligue des champions après leur victoire 5-2 contre Chelsea, mercredi dernier, en huitième de finale aller. Un match vu par certains comme le déclic tant attendu dans la saison des champions d’Europe, à l’image de leur succès renversant face à Manchester City (4-2), la saison dernière. Réalisé ou vue de l’esprit ? La rédaction des sports du Figaro est divisée. Débat, avant le huitième de finale retour, ce mardi (21h, Canal+), à Stamford Bridge.
OUI
Que n’a-t-on pas entendu avant la réception de Chelsea la semaine passée. Que ce Paris SG, pour certains, ne valait plus grand-chose. Que ce Paris SG n’était qu’une pâle copie de la saison passée. Que ce Paris SG n’était pas favori face à cet immense Chelsea. Que ce Paris SG allait souffrir le martyre devant le milieu de terrain étouffant des Blues. Arrêtons là... Tout le monde attendait ce rendez-vous pour juger sur pièce. Savoir ce que ce Paris, version 2025-2026, avait dans le ventre. Et on a vu.
Si le 5-2 est sans doute un peu flatteur, les champions d’Europe ont mérité leur victoire face à leur bourreau du dernier Mondial des clubs. Une soirée magique et des Londoniens balayés comme jamais cette saison. Après des matches ratés contre l’AS Monaco, en Ligue des champions et Ligue 1, Paris a rallumé la lumière en humant le vrai parfum des soirées qui comptent. À l’image d’un Ousmane Dembélé des grands soirs. Sans parler des «Kvara» ou encore Neves... Ces hommes, et ce collectif, se nourrissent de ces moments singuliers. Quand tout brille, que la pression est immense. L’air irrespirable. La voracité à l’état pur. L’an dernier leur a fait prendre conscience de leur incroyable potentiel. Cette saison, même s’il n’y a pas de sacre européen au bout, doit les envoyer dans les très hautes sphères. Mercredi dernier fut le vrai déclic. La saison peut enfin «commencer».
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Attention, tout n’est pas parfait, la copie d’ensemble reste perfectible et c’est logique à ce moment de la saison. Le gardien (Safonov) pose question, la défense est parfois trop limite, et le retour de Ruiz au milieu est attendu. En dehors du Bayern Munich, qui maîtrise son sujet sur le bout des pieds ? Personne. Le PSG est à ranger juste derrière les Allemands côté favoris. Plus personne ne s’attend à ce que Paris ait les jambes pour asphyxier son adversaire, comme ce fut le cas avec l’Inter en finale de C1. Le physique est entamé et cela s’est encore vu mercredi dernier avec quinze minutes de très haute intensité, avant de baisser de pied. Cela n’empêche pas d’avoir d’autres ressorts. Mais la bande de Luis Enrique avait besoin d’un tel match pour prouver qu’elle était encore en vie. Et qu’elle ne lâcherait pas si facilement sa couronne. Personne ne sait si les Parisiens seront sur la pelouse de Budapest le 30 mai prochain en finale. Une chose est certaine, il faudra faire fort pour détrôner le champion d’Europe.
Baptiste Desprez
NON
L’an dernier, les Parisiens avaient connu un vrai moment de bascule face aux Skyblues. Avant cela, ils avaient déjà tout, physique de marathonien, une maîtrise insolente et force inégalée à la récupération. Il ne leur manquait que le sentiment d’urgence, plus de verticalité et de volonté de faire mal. Ils ont eu besoin d’être dos au mur et menés 0-2 contre City pour basculer dans une autre dimension. Cette fois, c’est différent. Face aux Blues, il n’est pas question de déclic mais simplement de réveil. Et encore, par séquence.
Comme se plaît à le répéter – à juste titre – Luis Enrique, il faut se garder de comparer les deux saisons. La campagne 2025-26 est et restera particulière en raison du peu de coupure et de préparation l’été dernier, des blessures qui ont suivi. Mercredi dernier, les joueurs parisiens n’ont rien fait de nouveau. Ils ont simplement puisé au fond d’eux-mêmes des ressources physiques et mentales inespérées pour submerger Chelsea.
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Et encore, l’analyse du match invite à se prémunir contre tout excès de confiance : les bourdes de Filip Jörgensen ont ouvert en grand les portes à ce succès parisien, au moins autant que l’entrée fracassante de «Kvara», auteur d’un doublé. Coupable de nombreuses erreurs défensives, Paris n’a pas été capable de maintenir le rythme effréné du premier quart d’heure, impossible. Le début de seconde période était même très compliqué. S’ils ont réussi à appuyer sur le champignon, sur les 15-20 dernières minutes, c’est sous l’impulsion des entrants et notamment du «magicien géorgien».
Évidemment, le verre est à moitié plein. Une prestation rassurante quant au niveau footballistique, physique et mental des champions d’Europe. Mais Luis Enrique et ses joueurs n’ont pas trouvé de formule miraculeuse comme face à City. Ils sont simplement sortis d’une torpeur dans laquelle ils étaient plongés depuis trop longtemps. Ça ne veut pas dire que ce sera simple par la suite et cela ne fait pas oublier que les problèmes défensifs et le manque de préparation estivale sont toujours là. Simplement, les Rouge et Bleu peuvent encore faire mal sur leurs temps forts, très mal. Un déclic ? Non, un message à l’Europe : «On reste le PSG», comme l’a indiqué Khvicha Kvaratskhelia.
Christophe Remise

il y a 2 day
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