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Adam El Manawy a expédié sa voiture en cargo jusqu’à Baltimore. Sur près de 10.000 kilomètres, ce supporter va suivre les matchs de son équipe de ville en ville et documenter son périple via son compte Instagram.
« Allez les Diables Rouges ! » C’est ainsi qu’Adam El Manawy signe ses courriels. Une formule de politesse qui résume assez bien le personnage. Ce Bruxellois n’est pas le genre de supporter à regarder la Coupe du monde depuis son canapé. Pour encourager les Diables Rouges aux États-Unis, il a traversé l’Atlantique, en faisant acheminer sa BMW Série 3 de 1982 dans la cale d’un cargo. Après avoir récupéré sa «bête» à Baltimore, il est en train de rouler vers Seattle, où la Belgique joue son premier match de groupe le 15 juin face à l’Égypte.
Adam compte traverser les États-Unis au volant de sa voiture vieille de 43 ans, sans hôtel réservé, ni billet retour, en suivant les Diables Rouges de ville en ville «jusqu’en finale». «Car nous irons jusqu’au bout, n’est-ce pas ?», s’amuse-t-il. Tout au long des 10.000 km qu’il compte parcourir au total, il documentera le voyage en solo, caméra 360 degrés en main, publiant le tout sur son compte Instagram @adamandthebeast. « Je mélange mes passions : le foot, la voiture et le voyage », raconte le supporter au Figaro.
Une première au Qatar
L’idée est née de la Coupe du monde au Qatar. En 2022, il décide de relier Bruxelles à Doha en voiture, 6000 kilomètres avec un cameraman belge et un documentaire à produire pour la RTBF. Le trajet passe par la Turquie et l’Irak, dormant chez des familles croisées au hasard. Mais absorbé par la route, il arrive à Doha alors que la Belgique est déjà éliminée se faisant sortir dès les phases de poules. « C’était nul. Ça a été une Coupe du monde tout simplement catastrophique pour nous », résume-t-il. 18 mois plus tard, il remet ça en prenant la route jusqu’en Allemagne pour l’Euro 2024, avec cette fois un poil plus de réussite pour son équipe, qui échouera en 1/8e de finales face à l’équipe de France.
Pour les États-Unis, Adam voyage seul, sans caméraman, sans diffuseur. La voiture, qu’il possède depuis 2009, a bénéficié d’une remise en état complète avant le départ. Ce sera le personnage principal du voyage. «À chaque arrêt, station-essence ou parking de supermarché, quelqu’un s’approche, tourne autour, pose des questions. Si j’avais loué une Toyota Corolla , il ne se passerait pas grand-chose, observe-t-il. Hier un vieux monsieur d’environ 80 ans m’a remercié en me racontant que son père avait cette voiture».
Apprendre à connaître le pays
S’il tâtonne encore un peu, Adam compte jouer sur Instagram le supporter belge en chapeau de cow-boy. Le format sera sûrement celui popularisé par Antoine de Maximy dans «J’irai dormir chez vous » : filmer sous tous les angles grâce à une caméra 360 degrés en donnant vie à ses rencontres. Après Seattle le 15 juin face à l’Égypte, il rejoindra Los Angeles six jours plus tard pour le deuxième match de groupe. Le troisième match est à Vancouver, «je ne vais pas refaire sens inverse j’attendrai de savoir où l’on va les phases à élimination directe et verra ensuite selon le classement», dit-il. Il voyage avec deux maillots belges pour lui et quatre autres à distribuer à des inconnus. «Le but d’une Coupe du monde, c’est d’apprendre à connaître le pays, aller vers les gens et voir l’impact du tournoi sur place », explique-t-il.
À chaque arrêt, Adam compte enfiler son maillot rouge, sortir un ballon et tenter d’improviser un match avec les gens qu’il croise. L’idée est d’aller vers des Américains qui ne sont pas forcément passionnés de football. La voiture sert surtout à créer le contact.
Reste à ce que la mécanique suive. La BMW est équipée d’un moteur à quatre vitesses, conçu pour les routes européennes des années 1980, pas pour les grandes étendues américaines où l’on roule à 120 km/h de moyenne sur des centaines de kilomètres d’affilée. À ce régime, le moteur est constamment sollicité, et ça se ressent. La veille de notre conversation, une fuite d’huile au différentiel avait contraint un arrêt imprévu dans une localité de l’Indiana. «J’avais pourtant fait une grosse révision avant de partir, mais tout s’est un peu fait à l’arrache», reconnaît le supporter. Au fond, peu importe s’il y a d’autres pannes.

il y a 2 day
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