Coupe du monde : en vidéo, les huit arrêts les plus importants de l’histoire du Mondial

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De Casillas à Buffon en passant par Barthez, les gardiens ont souvent changé le destin de leur équipe en Coupe du monde. Tour d’horizon des arrêts les plus décisifs de l’histoire du Mondial.

Une sortie ratée, une faute de main, un plongeon mal maîtrisé... Les gardiens peuvent parfois commettre une grosse bourde qui coûte un titre à leur équipe. Et les supporters s’en souviennent généralement toute leur vie. Mais la situation inverse s’est aussi produite à de nombreuses reprises, notamment en Coupe du monde. Des portiers ont même sauvé leur pays de la défaite, les conduisant au sacre final tant convoité. Tour d’horizon des arrêts les plus importants de l’histoire du Mondial.

Emiliano Martinez face à Randal Kolo Muani, 2022

C’est peut-être l’arrêt le plus important de l’histoire de la Coupe du monde, voire du football. Nous sommes à Doha, le 18 décembre 2022 et l’équipe de France lance la dernière attaque de la finale du Mondial face à l’Argentine. Il y a alors trois buts partout. Le temps additionnel de la prolongation est presque écoulé lorsque Randal Kolo Muani reçoit un long ballon en cloche et se retrouve en face-à-face avec Emiliano Martinez.

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Le Tricolore reprend le ballon de volée après un premier rebond mais le portier argentin se déploie parfaitement pour détourner, du bout du pied gauche, la tentative de l’attaquant des Bleus, qui avait l’occasion d’offrir une troisième étoile à la France. C’est raté. Le héros de cette finale, remportée aux tirs au but par l’Argentine, est bien Emiliano Martinez, qui remportera même le trophée Yachine en 2023, récompensant le meilleur gardien de l’année.

Iker Casillas contre Arjen Robben, 2010

Même scénario, ou presque. 11 juillet 2010, Johannesburg, finale de la Coupe du monde entre les Pays-Bas et l’Espagne. À la 61e minute, Wesley Sneijder envoie Arjen Robben en profondeur. La légende du Bayern Munich dépose toute la défense ibérique et n’a plus qu’à tromper Iker Casillas pour ouvrir le score.

Le Néerlandais frappe, prend à contre-pied le portier espagnol, mais le crampon droit du gardien du Real Madrid dévie de justesse la tentative de Robben et empêche les Pays-Bas de soulever leur première Coupe du monde. C’est bien l’Espagne qui sera sacrée grâce au but libérateur d’Andrés Iniesta à la 116e minute de jeu.

Casillas avouera plus tard que cet arrêt fabuleux n’était que «de la chance. Je suis convaincu que si Robben et moi avions vécu ce moment dix fois, il aurait marqué neuf fois». De quoi bien faire enrager les Néerlandais, qui n’ont toujours pas remporté le moindre Mondial. Ils ont l’occasion de conjurer le sort cet été en Amérique.

Gianluigi Buffon face à Zinédine Zidane, 2006

Encore une finale de Coupe du monde et encore un arrêt plus que décisif. 104e minute de jeu à l’Olympiastadion de Berlin, la France et l’Italie sont dos à dos et se préparent déjà mentalement à la fatidique séance de tirs au but. C’est alors que Zinédine Zidane reprend un superbe centre venu de la droite de Willy Sagnol. Sa reprise de la tête est très puissante et le Français pense redonner l’avantage aux Bleus mais Gianluigi Buffon en décide autrement.

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Le gardien transalpin, au sommet de son art, arrête fermement le ballon de la main droite et l’envoie au-dessus de sa transversale. Vous connaissez la suite... Quelques minutes plus tard, Zidane sortira de ses gonds et sera expulsé pour un coup de tête sur le torse de Marco Materazzi. L’Italie sera sacrée championne du monde pour la quatrième fois après la séance de tirs au but. Dénouement cruel pour les Bleus.

Fabien Barthez contre Ronaldo, 1998

Vous souvenez-vous de cette parade de Fabien Barthez face à Ronaldo au Stade de France un certain 12 juillet 1998 ? Les Bleues mènent déjà deux buts à zéro mais la Seleçao obtient un coup franc à la 56e minute de jeu après une faute de Christian Karembeu, sanctionné d’un carton jaune. Rivaldo envoie Roberto Carlos sur le côté gauche. Le latéral centre vers le point de pénalty en évitant Zinédine Zidane. Le ballon rebondit sans que personne ne le touche et atterrit sur Ronaldo, qui se débarrasse de Stéphane Guivarc’h d’un contrôle orienté de la tête.

«Il Fenomeno» se retrouve face à Fabien Barthez, à moins de deux mètres de la ligne de but tricolore. Le gardien Français sort alors le grand jeu en captant la frappe axiale mais très puissante du Brésilien. Un arrêt décisif, qui permit aux Bleus de conserver deux buts d’avance à un moment crucial de cette finale à domicile. Emmanuel Petit se chargera de tuer le suspense dans le temps additionnel et d’offrir le titre de champion du monde à la France.

Hugo Lloris face à Martín Cáceres, 2018

Cette fois, l’arrêt en question n’a pas été réalisé en finale mais en quart du Mondial 2018. Nous sommes le 6 juillet à Nijni Novgorod, en Russie, et la France vient d’ouvrir le score contre l’Uruguay grâce à une très belle tête de Raphaël Varane à la 40e minute de jeu.

Quelques instants plus tard, les Sud-Américains obtiennent un coup franc intéressant. Le défenseur central Martín Cáceres saute plus haut que tout le monde et envoie une belle tête en direction du petit filet droit d’Hugo Lloris. Le gardien français sort alors une parade exceptionnelle d’une main droite très ferme, avant de se sacrifier devant le capitaine Diego Godin sur le second ballon. Un double arrêt de grande classe qui a, en partie, permis aux Bleus de remporter cette Coupe du monde.

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Manuel Neuer contre Karim Benzema, 2014

Un autre quart de finale, quatre ans plus tôt au Brésil. L’Allemagne et la France s’affrontent dans un choc européen, que la Mannschaft domine. Mats Hummels ouvre la marque dès la 13e minute de la tête et les Bleus n’arrivent pas à égaliser. Le coup de sifflet final se rapproche dangereusement et Karim Benzema décide de prendre les choses en main en déclenchant une énorme frappe qui se dirige tout droit sous la barre de Manuel Neuer.

Le «mur allemand» ne fait alors pas mentir son surnom et renvoie le ballon du bras, sans même que celui-ci ne bouge après l’impact. Sur le moment, les commentateurs de TF1 ont même cru que le tir de Benzema avait été dévié par le poteau ! La Mannschaft se qualifiera en demi-finale où elle humiliera le Brésil à domicile (7-1) avant de remporter la finale en prolongation contre l’Argentine de Lionel Messi (1-0).

Gordon Banks face à Pelé, 1970

«J’ai marqué un but mais Banks l’a arrêté !». Cette phrase mythique de Pelé a contribué à faire rentrer Gordon Banks dans la légende. Le portier anglais a réalisé la parade de sa vie le 7 juin 1970 à Guadalajara, au Mexique, en phase de poules du Mondial. Le Brésilien s’était pourtant débarrassé de Tommy Wright, qui le marquait, avant de propulser une tête puissante vers le petit filet droit de Banks.

Edson Arantes do Nascimento, de son vrai nom, était alors sûr que le ballon allait rentrer et avait même déjà levé les bras de joie en criant «Gol» ! C’était sans compter sur le réflexe inouï du portier britannique, qui s’était jeté en arrière pour sortir le cuir du bout de la main droite. «Le ballon est allé exactement où je voulais qu’il aille. Et j’étais prêt à célébrer ce but», avait même déclaré Pelé des décennies plus tard, preuve de la parade exceptionnelle de Banks.

«Il est arrivé de nulle part et il a fait quelque chose que je ne pensais pas possible de faire», avait encore assuré la légende brésilienne. S’il n’a pas empêché la défaite de l’Angleterre sur un but de Jairzinho(1-0), et encore moins le sacre final du Brésil, cet arrêt est devenu mythique, tant il a marqué Pelé et fait rentrer Gordon Banks dans la grande histoire du ballon rond.

Toni Turek contre la Hongrie de Puskas, 1954

Une nouvelle finale de Coupe du monde, bien plus tôt, le 4 juillet 1954 à Berne, en Suisse. Neuf ans après la fin de la seconde guerre mondiale, l’Allemagne de l’Ouest défiait la grande Hongrie de Ferenc Puskas, favorite pour remporter la compétition. La Mannschaft avait été humiliée par ces mêmes Hongrois en phase de poules, s’inclinant sur le score prolifique de 8 buts à 3. Rapidement menés 2-0, les Allemands ont égalisé dès la 18e minute, l’occasion de faire douter leurs adversaires, diminués par plusieurs blessures.

Le gardien allemand Toni Turek a ensuite commencé un festival de parades, dégoûtant les attaquants hongrois, Sandor Kocsis en premier lieu. La Mannschaft a pris l’avantage à la 84e minute, résistant même à un but hors-jeu de Puskas, encore contesté aujourd’hui. Qu’importe, le «miracle de Berne» était né. Cette victoire a été fondatrice pour l’Allemagne de l’Ouest, qui se relevait à peine de la seconde guerre mondiale. Interrogé sur le site web spécialisé Les cahiers du football  en 2010, le professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Neuchâtel-Fribourg Laurent Tissot résumait : «Après ce titre, on pouvait à nouveau se déclarer allemand».

Toni Turek face à la Hongrie Avalon / Icon Sport
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