LES MAIRES FACE AU VIEILLISSEMENT (4/5) - Dans ce territoire touché par le vieillissement de la population, l’Église s’appuie sur des équipes de retraités pour œuvrer lors des obsèques. À l’entrée de certains villages, les cimetières affichent complet, au grand désespoir des maires et des familles.
Avec sa façade du XIe siècle qu’une rangée d’ifs ombrage, la petite église de Pillac (Charente) est un lieu parfait pour célébrer mariages et baptêmes. Pourtant, ce décor rural de carte postale ne sert plus guère qu’à accueillir des âmes rongées par le chagrin, comme le regrette Michel Le Grelle, qui habite la commune voisine de Saint-Séverin. « On y fait quasiment plus que des enterrements », se désole-t-il. Comme ce mardi après-midi, où les lourdes portes du vieil édifice s’ouvrent pour accueillir une cinquantaine de personnes, qui prennent place sur les bancs, en silence. Toutes réunies pour rendre un dernier hommage à un habitant du village, emporté à l’âge de 85 ans.
Pour cette cérémonie, Céline Montigaud, la responsable des pompes funèbres, fait une entrée discrète et dépose sur une table son enceinte Bluetooth, qu’elle promène d’une église à l’autre. « Avec mon téléphone, je fais partir à distance les titres choisis par la famille. Cela arrange tout le monde que je m’en occupe »

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