Donald Trump interdit de JO en 2028 ? Pourquoi l’Agence mondiale antidopage cible le président américain

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L’idée reste pour l’instant théorique, mais son éventualité fait déjà beaucoup parler. Ces derniers jours, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a réfléchi à interdire des dirigeants gouvernementaux d’assister à de grandes compétitions internationales lorsque leur pays ne s’acquitte pas de ses contributions.

La règle est générale mais tout le monde a bien compris qu’un de ces dirigeants était particulièrement dans le viseur de l’instance : Donald Trump, le président des États-Unis. Face à un tel cas de figure, alors que la Coupe du monde de la Fifa commencera dans moins de trois mois, l’AMA a finalement décidé, ce mardi, de repousser l’adoption de cette mesure au mois de septembre. Cette décision pourrait par exemple exclure Donald Trump… des Jeux olympiques de Los Angeles, prévus en 2028 aux États-Unis.

Si elle était adoptée, cette règle ouvrirait la voie à une situation inédite où des dirigeants américains seraient théoriquement persona non grata lors d’un événement organisé sur leur propre sol.

À l’origine de cette menace, un conflit ancien entre Washington et l’AMA. Les États-Unis n’ont plus versé leur contribution depuis 2023 et ont retenu 7,3 millions de dollars sur 2024 et 2025. Cette décision, soutenue par des élus des deux partis et prise à la fois sous les présidences Trump et Biden, vise à protester contre la gestion de plusieurs dossiers sensibles, notamment celui de nageurs chinois autorisés à concourir malgré des contrôles positifs.

Tensions entre Trump et l’AMA

Pour l’AMA, l’enjeu est crucial. « Le non-paiement des contributions par les gouvernements pour des raisons politiques ou autres reste un sujet de préoccupation majeur pour toutes les parties prenantes, a déclaré son directeur général, Olivier Niggli. L’instabilité du financement a un impact direct sur le fonctionnement et le développement du programme mondial antidopage. En fin de compte, ce sont les athlètes du monde entier qui en subissent les conséquences. »

L’organisation, créée en 1999, repose sur un financement partagé entre gouvernements et mouvement sportif. Les États s’engagent, via une convention de l’UNESCO, à respecter ses règles et à contribuer à son budget. C’est ce cadre juridique qui permettrait, en théorie, d’introduire des sanctions visant des représentants officiels.

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Mais la faisabilité d’une telle mesure reste largement contestée. Empêcher un président américain ou des élus d’assister à des Jeux organisés aux États-Unis poserait des défis juridiques et logistiques considérables.

L’idée n’est pas nouvelle. Elle est étudiée depuis 2020, au moment où les États-Unis ont commencé à menacer de suspendre leurs paiements. Déjà rejetée en 2024 sous l’impulsion du représentant américain Rahul Gupta, elle refait aujourd’hui surface dans un contexte de tensions persistantes, alors même que Washington a perdu son siège au sein du comité exécutif.

Reste désormais à savoir si cette arme juridique sera réellement utilisée ou si elle demeurera un moyen de pression dans un bras de fer qui dépasse largement la seule question du dopage.

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