À Herat, ville de l'ouest de l'Afghanistan, l'arrestation de femmes samedi 6 juin par la police des mœurs pour non-respect du port du tchador et de la burqa, n'en finit pas de susciter la colère. Les autorités du pays, sous le commandement des Taliban, ont donc décidé d'y renforcer la sécurité à la suite d'appels à manifester vendredi 12 juin après la prière du vendredi.
Un journaliste de l'AFP a pu observer un convoi d'une vingtaine de véhicules militaires et des forces de sécurité lourdement armées, ainsi que des postes de contrôle supplémentaires tenus par la police et les services de renseignement.
Face à l'important dispositif de sécurité déployé, le rassemblement de vendredi n'a pas eu lieu, a constaté une équipe de l'AFP sur place.
"Les gens ont renoncé à la manifestation aujourd'hui pour éviter que davantage de sang ne soit versé", a confié un enseignant de 34 ans, qui n'a pas donné son nom pour des raisons de sécurité.
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Un garçon tué par balle
Mardi, un rassemblement de plusieurs dizaines d'hommes venus protester contre l'arrestation des femmes avait été violemment dispersé. Au moins deux personnes avaient été tuées et plus de 20 autres blessées, selon un groupe d'experts de l'ONU.
Mercredi, la mission de l'ONU en Afghanistan (Manua) s'était dite "alarmée par l'usage excessif de la force par les forces de sécurité de facto en Afghanistan". Elle avait confirmé "qu'au moins une personne, un garçon, a été tuée par balle, tandis que plusieurs autres ont été blessées après avoir été battues à coups de bâton".
Un photographe présent sur place mardi a affirmé à l'AFP avoir vu les forces de sécurité "frapper des manifestants et tirer des coups de feu en direction de la foule". "D'après ce que j'ai vu, un nombre significatif de personnes ont été blessées."
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La police a démenti auprès de l'AFP l'usage d'armes à balles réelles pour disperser la foule.
Les manifestations sont extrêmement rares en Afghanistan. Les autorités talibanes y gouvernent selon une interprétation stricte de la loi islamique et ont progressivement renforcé les restrictions imposées aux femmes depuis août 2021. Partout en Afghanistan, les femmes doivent être presque entièrement couvertes lorsqu'elles sortent de chez elles.
Une soignante de MSF arrêtée
Parmi les personnes arrêtées à Herat figure une employée d'hôpital travaillant pour Médecins sans frontières (MSF), qui, selon l'organisation, a été retenue pendant deux jours. L'ONG s'est dite "indignée" par la détention de son employé.
Les femmes interpellées étaient entièrement couvertes et portaient notamment des voiles islamiques, a expliqué une témoin de l'arrestation de ces femmes.
Avant sa libération, cette infirmière a dû signer, avec son mari et ses proches, un engagement écrit à porter les vêtements imposés par les autorités de la Commission pour la propagation de la vertu et la prévention du vice (PVPV).
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Avec AFP




