Les pythons sont connus pour leur régime alimentaire quelque peu particulier : ces serpents sont capables d’avaler leurs proies tout entières, mais aussi de ne rien manger pendant des mois, voire davantage. Cette alternance de repas copieux et de jeûne extrême sollicite particulièrement leur métabolisme, et a inspiré des scientifiques.
Des chercheurs américains ont ainsi découvert qu’une molécule, dont la concentration dans le sang augmente considérablement après un repas chez le python, incitait les souris de laboratoire à moins manger. De quoi envisager une nouvelle piste thérapeutique pour aider à la perte de poids chez les personnes en surpoids ou en état d’obésité, à l’instar des agonistes du GPL-1 (Ozempic, Wegovy etc.).
Une concentration augmentée de plus de 1 000 fois
L’équipe de recherche, qui s’intéressait initialement à la croissance soudaine du cœur chez les pythons après leur repas, a identifié plus de 200 molécules, appelées métabolites, dont la concentration dans le sang des pythons a été multipliée par au moins 32 quelques heures après leur repas. L’une d’entre elles a même vu sa concentration augmenter de plus de 1 000 fois. Cette molécule, que les chercheurs ont par la suite identifiée comme étant le pTOS, est un métabolite peu étudié chez l’humain et est principalement connue pour être excrétée dans l’urine.
« Nous nous demandions si ce métabolite influençait les modifications physiologiques post-prandiales (après-repas, N.D.L.R.) chez le serpent », a déclaré le chercheur Jonathan Long. « Mais lorsque nous avons administré du pTOS à des souris de laboratoire à des concentrations similaires à celles observées chez les pythons après leur repas, nous n’avons constaté aucun effet sur la dépense énergétique, la prolifération des cellules bêta ou la taille des organes. En revanche, il a régulé l’appétit et le comportement alimentaire des souris », a-t-il indiqué dans un communiqué (Source 2).
Une perte de poids significative, sans faire davantage de sport
Les chercheurs ont ainsi constaté que les souris obèses ayant reçu du pTOS mangeaient significativement moins que les souris témoins, sans cette molécule. Et après 28 jours, ces souris traitées au pTOS avaient perdu 9 % de leur poids corporel par rapport aux autres. Et ce, sans aucune modification de leur consommation d’eau, de leur dépense énergétique ou de leur activité physique.
« Nous avons également constaté [que cette molécule] se dirige ensuite vers une région du cerveau appelée hypothalamus, qui est un régulateur bien connu de l’homéostasie énergétique. Là, elle active des neurones impliqués dans la régulation des comportements alimentaires », a ajouté Jonathan Long.
Il est encore trop tôt pour dire si ce métabolite débouchera sur un nouveau médicament d’aide à la perte de poids chez l’humain. Cette étude confirme toutefois l’intérêt de se pencher sur le monde animal, et sur des espèces éloignées de l’Homme, pour découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques prometteuses.

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