Europe. Les appels à la désescalade, encore renouvelés jeudi 19 mars par le Conseil européen réuni à Bruxelles, mettent en relief l'impuissance européenne.
Publié le 19/03/2026 à 14:53
Les tensions au Moyen-Orient bouleversent les équilibres énergétiques mondiaux.
ZUMA Press Wire via Reuters Conn
La guerre d’Iran, avec son côté inédit de guerre mondiale de l’énergie, est un supplice de Tantale pour les Européens : réduits à l’état de simples commentateurs du conflit, alors que leurs économies en subissent l’impact dévastateur, ils cherchent vainement des leviers pour pousser les belligérants à la retenue. Mais plus ils lancent des appels à la "désescalade", comme le faisait encore une fois le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement réuni ce jeudi 19 mars à Bruxelles, plus ils étalent leur impuissance stratégique.
Le salut d’une guerre très courte, comme certains l’espéraient après le déclenchement des hostilités par les Etats-Unis et Israël, ne s’est pas concrétisé. Pire, rien n’indique que les bombardements aériens, même aussi efficaces que ceux menés depuis le 28 février par Washington et Jérusalem, puissent être suffisants pour renverser le régime islamique de Téhéran. Ni même qu’ils puissent inciter ce régime à négocier un règlement de cessation du conflit qui fasse droit aux thèses occidentales, qui incluent la neutralisation des programmes nucléaire et balistique de l’Iran ainsi que l’arrêt de ses activités déstabilisatrices au Moyen-Orient et de son recours au terrorisme.
La plupart des pays européens, qui privilégiaient ces dernières années la voie diplomatique pour tenter d’empêcher Téhéran d’acquérir la bombe atomique, considèrent que n’ayant été ni consultés, ni informés par Washington et Jérusalem, cette guerre n’est pas la leur. Cette position a été la plus ouvertement exprimée par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. Mais elle a aussi été relayée par le gouvernement britannique de Keir Starmer ainsi que par le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius ("Ce n’est pas notre guerre", a-t-il dit le 17 mars).

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