Guillaume Tabard : « Pour Jean-Luc Mélenchon, une “nouvelle France” identitaire mais aussi politique »

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Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Marseille, le 7 mai 2026.

Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Marseille, le 7 mai 2026. MIGUEL MEDINA / AFP

CONTRE-POINT - Comme le RN avec LR, LFI voit dans le PS et autres partis de gauche des « astres morts ». En rassemblant « sa » France à Saint-Denis, le chef insoumis ne se montrera pas aimable, il montrera sa force.

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« La République, c’est moi ! », disait-il. La France, c’est moi !, dira-t-il dimanche. Celle de demain, cette « nouvelle France » dont il veut les voix ; et celle d’hier dont il prétendra entendre aussi la voix. Il faut oser tenir un discours révolutionnaire en s’adossant à la nécropole des rois ; exalter une population « créolisée » et y voir le prolongement naturel d’une histoire millénaire ; ou pour le dire autrement, s’adresser à un électorat musulman croissant à l’ombre de pierres témoins d’un passé chrétien.

Jean-Luc Mélenchon ose. Et aime jouer les Janus. Ou plutôt tromper son monde. Faire peur en affichant sa radicalité, puis séduire en jouant les rassembleurs. Le théoricien de la « nouvelle France » est un redoutable tacticien. S’il feint d’être surpris et indigné qu’on y reconnaisse une vision racialiste du pays, il sait ce qu’il dit en parlant des « tout blancs, tout moches » ou en reprenant à son compte l’expression de « grand remplacement »

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