Politique. Après le scrutin municipal, l'élection présidentielle prend une tournure singulière, en raison des menaces que font peser le RN comme LFI.
Publié le 24/03/2026 à 18:00

Edouard Philippe le 11 mars, avant le premier tour des élections municipales.
PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
Enfin, les difficultés commencent. "Plus les rives du canyon sont élevées, plus la pression sera forte au centre", confiait Édouard Philippe en janvier. Depuis le premier tour des élections municipales, l’ombre d’un face-à-face entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon plane, qui effraie des millions d’électeurs. Le camp des modérés - s’il faut l’appeler ainsi -, usé par une décennie d’exercice du pouvoir, est-il capable de jouer un rôle dans ce moment charnière ? Ce qui suppose de s’entendre, d’innover, en un mot, de surprendre encore. La responsabilité historique qui est aujourd’hui la sienne doit modifier la donne, mieux, les comportements. "On a deux armées emmenées par deux chefs, l’un ayant même son remplaçant, et au milieu, le centre qui disparaît, constate, dépité, un ténor macroniste. La peur n’évite pas le danger." La peur, la hantise même, d’une prise en otages de millions de citoyens effarés par l’évolution de la scène politique.
"La pression, je ne la subis pas, je la bois" : certains attendaient sa mise en bière politique, c’est aujourd’hui vers Édouard Philippe que les regards sont tournés. Au moment où François Fillon puis David Lisnard s’affichent avec Eric Ciotti, au moment où Nicolas Sarkozy déjeune avec Jordan Bardella, lui tente de s’installer comme le candidat de la droite et du centre. Pour cela, il faut gagner "la primaire implicite", selon le mot d’un proche.
Le Havrais veut imaginer une nouvelle forme de rencontres avec les Français, pour évaluer ses idées et développer le sillon dont il entend faire sa marque de fabrique : être le maire candidat, celui qui prend le pouls du pays au plus près de sa vérité, dans un souci de proximité plus que de com' – la nuit à la Attal, très peu pour lui. Plusieurs formats ont été soumis à son arbitrage. Ses conseillers vont aussi commencer à tester auprès de certains écosystèmes, ONG environnementales, monde du numérique, milieu de l’énergie, les idées du futur candidat. Il a promis du "massif" sur le fond, il a donc placé la barre haut, suscité une attente qu’il s’agit de ne pas décevoir. Un temps, il s’est interrogé : fallait-il sortir du bois avant l’été ? Il s’agit de ne surtout se tromper de rythme, la question du timing l’a toujours obsédé.

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