Troisième semaine de guerre et une cadence militaire qui ne faiblit pas. Depuis le lancement des opérations "Fureur épique" et "Rugissement du lion", au moins une dizaine de hauts commandants du régime ont été éliminés, dont Ali Larijani, le chef de la sécurité en Iran, Gholamreza Soleimani, le chef des bassidjis, la milice paramilitaire des Gardiens de la révolution ou bien encore le ministre du Renseignement, Esmaïl Khatib. Des trophées de guerre à porter au crédit de Benyamin Netanyahou et de Donald Trump, qui déploie les moyens stratosphériques du Pentagone - près d’un milliard de dollars dépensés quotidiennement selon les estimations du Congrès américain.

Mais le locataire de la Maison-Blanche sait que, pour pouvoir revendiquer une victoire sans s’enliser pendant des semaines voire des mois en Iran, il lui faudra très probablement inscrire à son tableau de chasse une cible encore plus spectaculaire : les 440 kilos d’uranium enrichi à 60 %, capables d’atteindre rapidement 90 %, soit le seuil nécessaire pour fabriquer entre 10 et 11 armes nucléaires potentielles. Le sort de cette guerre pourrait donc dépendre de la vingtaine de petits conteneurs, à l’allure de bouteilles de plongée, protégeant les fameuses matières fissiles.

Si de nombreux objectifs de guerre demeurent encore flous, celui visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire reste de loin le plus fréquemment avancé par l’administration américaine. Et ce, même si l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ne pointe aucun danger imminent. "C’est ce qui a motivé la décision profonde de Donald Trump. Lorsqu’il dit qu’il y a plus important que le pétrole et le blocage du détroit d’Ormuz, il pense clairement au nucléaire. La victoire qu'il pourrait afficher serait d'avoir récupéré ou neutralisé ces fameux 440 kilos d'uranium enrichi à 60 %", estime David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique, chercheur associé à l'EISMENA.