«J’ai profondément évolué» : condamné pour violences conjugales, le candidat LFI à la mairie d’Argenteuil lâché par le PS et les Verts

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Le candidat insoumis à la mairie d’Argenteuil est aussi le collaborateur du député LFI-NFP de la 5e circonscription du Val-d’Oise, Paul Vannier (ici à gauche). Paul

Le candidat insoumis à la mairie d’Argenteuil est aussi le collaborateur du député LFI-NFP de la 5e circonscription du Val-d’Oise, Paul Vannier (ici à gauche). Paul Facebook / Yassin Zeghli

Le mea-culpa de Yassin Zeghli n’aura pas suffi à sauver le «front républicain» dont il avait pris la tête pour le second tour à Argenteuil. Mercredi soir, les écologistes l’ont appelé «à se retirer sans délai de la vie politique et de cette élection».

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Les réactions n’ont pas tardé. Moins de vingt-quatre heures après les révélations du Figaro  sur les antécédents judiciaires de Yassin Zeghli, candidat La France insoumise à la mairie d’Argenteuil (Val-d’Oise), socialistes et écologistes ont retiré leur soutien à la liste «Nous les Argenteuillais.es». Arrivé second au premier tour du scrutin (26,53 %) derrière le maire (LR) sortant Georges Mothron (37,77 %), l’Insoumis de 34 ans avait appelé au rassemblement de la gauche pour faire barrage à la droite. Les listes de Philippe Doucet (DVG) et Nicolas Bougeard (PS), qui cumulent 25,54 % des suffrages à elles deux, s’étaient alors unifiées derrière la sienne en vertu du «front républicain».

Une union contre nature pour les quelques militants socialistes locaux avec lesquels nous nous sommes entretenus. Et pour cause, Yassin Zeghli a été condamné le 13 janvier 2023 à quatre mois de prison avec sursis pour violences conjugales. Des faits commis le 28 mai 2018 sur sa conjointe d’alors, avec qui il s’était pacsé. Une condamnation définitive, sans inscription d’inéligibilité, mais qui soulève la question de la cohérence morale du candidat avec ses engagements publics. Mercredi soir, le PS du Val-d’Oise a été le premier à dégainer un communiqué de presse pour annoncer qu’il se désolidarisait du candidat LFI. Dénonçant «des faits d’une extrême gravité» et «une atteinte intolérable à l’exemplarité et au respect des valeurs d’égalité exigés de toute personne aspirant à devenir un représentant de la République», le parti à la rose a estimé que «de tels actes ne sauraient être compatibles avec le combat inlassable et intransigeant mené par le Parti socialiste contre les violences faites aux femmes».

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Mea-Culpa

Plus tard dans la soirée, sur le coup de 23 heures, les écologistes ont à leur tour appelé leurs militants à se retirer de la campagne de M. Zeghli. «Aucune stratégie électorale, aucun accord politique, aucune circonstance ne saurait justifier le maintien d’un soutien dans une telle situation», ont-ils écrit. Et d’aller plus loin encore : «Nous considérons qu’il est indigne qu’une personne condamnée pour de tels faits ait pu être candidat à une élection et accéder à des responsabilités politiques». Les Verts ont donc appelé solennellement Yassin Zeghli «à se retirer sans délai de la vie politique et de cette élection». «Parce que la politique ne peut pas tout tolérer. Parce que certaines lignes ne se franchissent pas», ont-ils ajouté.

Entre-temps, le candidat tête de liste, que nous n’avions pas pu joindre plus tôt dans la journée, s’est fendu d’un communiqué sur Facebook dans lequel il accuse le maire sortant et même le préfet du Val-d’Oise d’être à l’origine des révélations qui le concernent. «Aux abois, la droite lance une boule puante sur les réseaux sociaux visant à me discréditer», s’offusque-t-il. Il dénonce une «violation grave de la loi», «une atteinte fondamentale au processus démocratique», et annonce vouloir déposer plainte contre X.

«Suite à une altercation survenue il y a huit ans, j’ai été condamné en 2023, reconnaît-il ensuite. À l’époque profondément déprimé, je ne me suis pas rendu à mon procès pour me défendre. J’ai depuis eu le temps de réfléchir à cette condamnation et de travailler sur moi-même et ces questions.» L’Insoumis, qui amorce son mea-culpa, dit avoir «profondément évolué» et s’être «remis en cause» depuis les faits. «Je m’inscris dans un mouvement prônant le féminisme et l’égalité femme-homme. J’ai fait miens ces combats alors que la droite de Georges Mothron ne cesse de les dénigrer». Il insiste : «Aujourd’hui, suite à une décision de justice, mon casier judiciaire est vierge de toute condamnation». 

Du côté de La France insoumise, c’est le silence complet. Ni Jean-Luc Mélenchon - présent à Argenteuil le 7 février dernier pour soutenir son candidat - ni le député Paul Vannier, dont Yassin Zeghli est officiellement l’un des collaborateurs parlementaires, n’ont réagi pour l’instant.

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