Management. Comment diriger une équipe pour la mener au succès ? Dans un ouvrage à paraître le 19 mars, le capitaine Nicolas Brault relate son expérience sur le terrain et déconstruit, au passage, plusieurs mythes du leadership.
Publié le 17/03/2026 à 08:45

"Le sens ne se trouve pas au travail, il se trouve ailleurs", juge le capitaine Nicolas Brault.
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"Avec le service commercial, maintenant c’est la guerre", hurle l’informaticien. "Le chef de la comptabilité m’a envoyé un scud", se plaint plus loin le DRH. "Votre cible, ce sont les 18-24 ans", explique le responsable de la publicité à "ses troupes". "Votre mission : sortir les couteaux", tempête le directeur commercial. "Muscle ta stratégie", lui répond le marketing. "On va conquérir de nouveaux marchés", s’enthousiasme le dirigeant devant ses salariés. "S’il tente une OPA, je déclenche la guerre nucléaire", menace-t-il plus tard à son comité de direction, sa "task-force de warriors", dans sa "war room" pour une "opération commando". Ce vocabulaire guerrier existe à tous les étages de l’entreprise, tout comme "l’ordre" du "chef" à son N-1, la base de la relation de travail : le pouvoir de direction et le lien de subordination. Mais pour que ce rapport fonctionne, "donner l’ordre ne suffit pas", répond le capitaine Nicolas Brault dans un ouvrage éponyme (Michel Lafon, 2026), "que ce soit pour des charpentiers, des élèves, des salariés ou des soldats".
Est-ce pour se galvaniser que l’hyperbole militaire est à ce point entrée dans le langage courant ? Ou pour imiter l’armée, souvent présentée comme un modèle en matière de leadership ? "Aucune organisation au monde n’a plus réfléchi au commandement que l’armée française", souligne auprès de L'Express l’officier de la Légion étrangère et ancien professeur d’histoire, aujourd’hui reconverti dans le conseil aux entreprises et créateur du podcast Quartier Libre.
Dans son ouvrage où il relate son expérience sur le terrain, Nicolas Brault recense les points forts du leader et met en garde contre une forme de syndrome de l’imposteur chez certains chefs. "Je ne donnais plus d'ordres, j’envoyais des émojis prière. L’effet était désastreux. Certains légionnaires y voyaient une fausse politesse. D’autres en profitaient comme d’une faiblesse", raconte-t-il. Il rejette ainsi "cette quête de la légitimité", celle d’un chef qui serait un "patient" qui s’observe lui-même au lieu de penser à ses hommes.

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