"Je peux en faire tout ce que je veux" : Donald Trump maintient la pression sur Cuba

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Un jour, une menace. Alors que les responsables américains et cubains négocient l'avenir de l'île des Caraïbes gouvernée par les communistes et assiégée économiquement par un blocus pétrolier imposé par les États-Unis, Donald Trump gronde.

Lors d'une conférence de presse dans le bureau Ovale, à la Maison-Blanche lundi 16 mars, le président américain a déclaré qu'il serait "honoré de prendre Cuba, sous une forme ou une autre", voilant à peine la référence à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro au mois de janvier dernier. "Je pense que (...) j'aurai l'honneur de prendre Cuba", a ajouté Donald Trump. "Que je libère [l'île], que je la prenne - je pense que je peux en faire tout ce que je veux. C'est une nation très affaiblie en ce moment", a-t-il poursuivi. L'administration Trump affiche clairement l'objectif de destituer le président cubain, mais l'utilisation de la force militaire, comme au Venezuela, semble toutefois peu probable selon plusieurs observateurs cités dans la presse américaine.

Washington plaide pour la destitution du président cubain

Tout juste quelques heures après la prise de parole du président américain, un article du New York Times est venu appuyer davantage la rhétorique agressive de Donald Trump. Selon le quotidien, qui cite des sources proches des pourparlers en cours entre Washington et La Havane, l'administration Trump chercherait à évincer le président Miguel Diaz-Canel du pouvoir, sans toutefois faire chuter son gouvernement. Autrement dit, les Américains cherchent explicitement à faire tomber le communiste, mais envisagent de laisser la transition à ses potentiels successeurs.

De l'avis de certains responsables de l'administration Trump interrogés par le New York Times, la destitution du chef d'État cubain permettrait des changements économiques structurels dans le pays que Miguel Diaz-Canel, considéré comme un intransigeant, est peu susceptible de soutenir.

Facteur de rupture

Problème, Cuba rejette traditionnellement toute forme d'ingérence dans ses affaires de politique intérieure et considère toute proposition sur ce front comme un facteur de rupture pour tout accord. La simple évocation de l'idée d'une destitution du président pourrait ainsi mettre un terme très rapide aux pourparlers entamés la semaine dernière. Miguel Diaz-Canel, 65 ans, qui a succédé à Fidel Castro et à son frère Raul Castro à la présidence en 2018, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que des pourparlers avec les États-Unis aient lieu "selon les principes d'égalité et de respect des systèmes politiques des deux pays, de souveraineté et d'autodétermination".

Mais Donald Trump semble déterminé. Après avoir capturé et emprisonné le président vénézuélien Nicolas Maduro et rejoint Israël pour attaquer l'Iran le 28 février dernier, le président américain a ouvertement indiqué que Cuba était "la prochaine" sur sa liste. Il a d'ailleurs répété dimanche qu'il se concentrerait sur l'île après en avoir fini au Moyen-Orient.

Déjà, depuis trois mois, les États-Unis ont intensifié la pression en arrêtant toutes les expéditions de pétrole vénézuélien vers Cuba et en menaçant de frapper de tarifs douaniers excessifs tout pays qui vendrait du pétrole à La Havane. Résultat : Cuba dit ne pas avoir reçu de livraison de pétrole depuis trois mois. En conséquence, le pays a imposé un rationnement énergétique sévère, entraînant des pannes de courant prolongées. Lundi, le réseau électrique de Cuba s'est effondré, laissant le pays de 10 millions d'habitants sans électricité. Une grande partie de son économie est désormais complètement à l'arrêt.

Au-delà de la destitution du président Miguel Diaz-Canel, les négociateurs de l'administration de Donald Trump demandent aussi le départ des fonctionnaires attachés à l'idéologie de Fidel Castro, le père de la révolution communiste, ainsi que la libération de prisonniers politiques et une réouverture progressive de son économie aux hommes d'affaires et entreprises américaines. Dans le monde de Donald Trump, tout se négocie, de gré ou de force.

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