Par Jean Richard
Le 18 mars 2026 à 10h54

Les réactions se multiplient après l’annonce du succès du Maroc à la Coupe d’Afrique des Nations, alors que le Sénégal avait été sacré en janvier dernier.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est l’affaire du jour. Et sans doute des prochaines semaines, tant que le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) saisi par le Sénégal, n’aura pas rendu sa décision. Mardi soir, le Maroc a remporté sur tapis vert la Coupe d’Afrique des Nations, perdue sur le terrain face aux Sénégalais. Une décision qui a provoqué une onde de choc. Une vraie incompréhension. De la colère. Et un vent de scandale. En Afrique bien sûr, mais pas seulement. Les réactions affluent du monde entier.
Du côté du Sénégal, le ton est clair. Le quotidien le Dakarois affiche un titre explicite : «Scandale en finale». De son côté, le quotidien Le Soleil est sur la même tonalité : «La blague du siècle». Au Maroc, la tournure des évènements est vue d’un autre oeil. «La CAF rend justice au Maroc et sauve le football africain de la réédition des comportements anti-jeu», avance le 360 Sport qui poursuit : «Plus qu’un simple verdict, il s’agit d’un signal fort adressé à l’ensemble du continent.» Un avis qui n’est pas partagé par tous les observateurs.
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C’est pitoyable pour l’image que donne la Confédération africaine de football. Cette décision va faire rire toute la planète football.
Claude Le RoyHabitué du continent africain, ancien sélectionneur du Sénégal et vainqueur de la CAN avec le Cameroun en 1988, Claude Le Roy a eu des mots forts après cette décision qui fut l’équivalent d’un séisme dans le monde du football. « Cela fait des années que toutes les décisions sont bafouées par la CAF, avance-t-il sur la chaîne l’Equipe. J’ai mis souvent en avant le comportement de Gianni Infantino qui se considère comme le Trump du football africain, à savoir qu’il a tous les droits et dirige les phases finales. En Afrique, il se permet tout. Et derrière tout cela, il y a plein de magouilles pour décider que le Maroc est champion. Tout cela n’est pas terminé. C’est pitoyable pour l’image que donne la Confédération africaine de football. Cette décision va faire rire toute la planète football. »
« Je ne peux pas vous dire clairement ce que je pense, sinon je risque d’avoir des ennuis, nous souffle un dirigeant qui préfère garder l’anonymat. Le Maroc a des méthodes qui posent question. C’est un immense scandale. » Ancien joueur de l’Égypte et de l’OM, Mido (43 ans) ne se pose pas ses questions. Et dénonce. Tout le monde en prend pour son grade.
« La CAF est une véritable farce ! Je le dis depuis des années ! J’ai même affirmé que la plupart des légendes africaines impliquées dans les événements et réunions de la CAF sont des clowns. La décision de retirer la Coupe au Sénégal pour la donner au Maroc est le plus grand scandale de l’histoire du football, une décision qui ne fera que diviser. Bravo à Motsepe (le patron de la CAF). Vous nous avez tous fait passer pour ce que certains Occidentaux veulent que nous soyons ! Nous ressemblons maintenant au continent idiot et corrompu. L’Afrique mérite mieux ! Il faut une révolution dans le football africain ! Tous ces gens doivent partir, et aujourd’hui, pas demain ! Je ne suis pas contre le Maroc. J’aime le Maroc et les Marocains, et j’ai beaucoup d’amis marocains que j’aime et respecte profondément, mais enfin, les gars, ça suffit ! Vous avez perdu sur le terrain. Le Sénégal était la meilleure équipe en finale. Ils méritent d’être champions d’Afrique, c’est clair et simple, et vous le savez tous ! Je voulais vraiment féliciter mes amis marocains, mais je ne peux pas vous féliciter pour quelque chose que vous avez gagné au bureau et non sur le terrain ! »
En Europe, les regards sont les mêmes. AS et Marca évoquent « un scandale mondial ». Difficile d’en être autrement. « Les conséquences tombent deux mois plus tard », s’interroge le journal allemand Spiegel tandis que le Times constate que « la polémique enfle ». C’est peu de le dire. En Italie, la Gazzetta dello Sport tombe des nues : « Incroyable! Un rapide coup d’œil au calendrier. Non, ce n’est pas le 1er avril, mais le 17 mars. Ce n’est pas une blague. » Et le feuilleton n’est pas terminé.

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