Etats-Unis. Soutien de Donald Trump et de son mouvement Maga, l'ancien soldat des forces spéciales, à la tête du contre-terrorisme depuis le mois de juillet dernier, fustige l'interventionnisme américain.
Publié le 18/03/2026 à 13:55
Joe Kent lors d'un rassemblement en soutien aux accusés poursuivis lors de l'attaque du 6 janvier contre le Capitole, à Washington, aux États-Unis, le 18 septembre 2021.
REUTERS
C'est un revers pour l'administration américaine. Joe Kent, le plus haut responsable de la lutte contre le terrorisme aux États-Unis, a démissionné de son poste, ce mardi 17 mars. Dans une lettre publiée sur le réseau social X, il met clairement en cause l'entrée en guerre des États-Unis avec l'Iran, aux côtés d'Israël depuis le 28 février dernier, pour se justifier.
Il est le premier responsable de l'administration Trump à claquer la porte à cause d'elle, et le plus haut à critiquer ouvertement cette guerre au Moyen-Orient, jusqu'ici peu comprise par une majorité de la population américaine. Selon un récent sondage Ipsos, 43 % des Américains désapprouvent les frappes militaires des États-Unis contre l'Iran.
"L'Iran, pas une menace imminente pour notre nation"
"Je ne peux pas en toute conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L'Iran ne représentait pas de menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre en raison de la pression d'Israël et de son puissant lobby américain", a-t-il écrit dans sa lettre de démission destinée au président américain. Partout dans la presse américaine, dans le camp républicain comme démocrate, cette lettre a fait l'effet d'une déflagration, alors que Donald Trump peine depuis trois semaines à donner ses objectifs de guerre précis.
After much reflection, I have decided to resign from my position as Director of the National Counterterrorism Center, effective today.
I cannot in good conscience support the ongoing war in Iran. Iran posed no imminent threat to our nation, and it is clear that we started this… pic.twitter.com/prtu86DpEr
Jusqu'ici, Joe Kent faisait pourtant partie des fidèles du président américain et de son mouvement Maga (Make America Great Again). En vertu de la doctrine trumpienne de l'"America First", il a toutefois toujours revendiqué son opposition aux interventions militaires américaines à l'étranger. Ancien officier des forces spéciales américaines et de la CIA, il avait été nommé par Donald Trump en personne à la tête du Centre national de lutte contre le terrorisme (créé après le 11 septembre pour analyser les menaces terroristes). Sa prise de fonction avait ensuite été confirmée par le Sénat en juillet 2025, malgré une farouche opposition des démocrates qui dénonçaient ses liens passés avec des personnalités d’extrême droite et son adhésion à des théories du complot.
Des affirmations démenties par la Maison-Blanche
Interrogé par des journalistes, le président américain Donald Trump a déclaré mardi que c'était une "bonne chose" que Joe Kent ait démissionné de son poste de chef du Centre national de lutte contre le terrorisme parce qu'il était "très faible en matière de sécurité". De son côté, la Maison-Blanche n'a pas tardé à réagir, par la voix de sa porte-parole Karoline Leavitt, dénonçant les "fausses affirmations" de Joe Kent sur l'entrée en guerre contre l'Iran. "Comme le président Trump l'a clairement et explicitement déclaré, il avait des preuves solides et convaincantes que l'Iran allait d'abord attaquer les États-Unis", a déclaré Karoline Leavitt. "Ces preuves ont été compilées à partir de nombreuses sources et facteurs."
Dans sa lettre de démission, Joe Kent a évoqué son service militaire par le biais duquel il a été déployé pas moins de onze fois sur des terrains d'opération à l'étranger, mais aussi la mort de sa femme, Shannon Kent, technicienne pour la Marine tuée dans un attentat-suicide en Syrie en 2019. Justifiant ainsi "ne pas pouvoir soutenir l'envoi de la prochaine génération pour combattre et mourir dans une guerre qui ne sert aucun avantage au peuple américain ni ne justifie le coût des vies américaines".
Des figures influentes du mouvement Maga, comme Nick Fuentes, Candace Owens et Tucker Carlson, ont salué le geste de démission de Joe Kent, critiquant l'interventionnisme de Donald Trump et sa proximité avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, avec des relents d'antisémitisme assumés.

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