«Le salaud, il vise bien» : Roger Nimier, prince des canulars

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Fausses lettres de Gallimard, Montherlant ou Elle, télégrammes imaginaires et blagues en rafale : les archives racontent comment Roger Nimier fit entrer Geneviève Dormann dans la République des lettres, entre rire, cruauté et fascination.

En 1959 paraît aux Éditions du Seuil un premier roman, La Fanfaronne. L’auteur s’appelle Geneviève Dormann. Elle est la fille d’un ancien député de Seine-et-Oise et très éphémère ministre des Pensions, Maurice Dormann. La jeune femme vient de se séparer de son mari, le peintre Philippe Lejeune avec qui elle a eu trois filles, et elle a publié l’année précédente un recueil de nouvelles La Première Pierre, encouragée par Jean Cayrol. La première phrase de son roman donne le ton : « J’ai longtemps souhaité qu’il m’arrivât un malheur exceptionnel qui pût à bon droit me rendre “intéressante”, une de ces catastrophes éclatantes dont on ne sort qu’avec le cœur amaigri, les yeux cernés et la considération générale. »

L’un de ses personnages s’appelle Thomas Sandier. La narratrice en tombe amoureuse. Il lui envoie un livre de Gide, Paludes, « qu’il était inadmissible d’ignorer plus longtemps », et lui fait une blague par téléphone : comment ne pas reconnaître derrière ces détails…

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Le Figaro

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