Les fibres facilitent la digestion : pourquoi ça n’est pas si simple

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Illustration d'un estomac avec des aliments sains comme des légumes, des légumineuses et des noix.

© Nathalie Pellenkoft/Getty Images

Les fibres sont vantées partout comme étant la solution à tous nos problèmes de digestion ou presque. Mais en réalité, une autre donnée est à prendre en compte concernant les bienfaits des fibres : la composition de notre microbiote intestinal.

Des fibres, des fibres, et encore des fibres. Les fibres alimentaires sont devenues l’allié numéro 1 de notre digestion, à en croire nombre d’influenceurs, spécialistes de la nutrition et autres arguments marketing. Mais la réalité serait un peu plus complexe, car pour bénéficier des bienfaits des fibres pour le transit intestinal, il faudrait que plusieurs conditions soient réunies.

Dans une nouvelle étude, parue dans la revue Microbiology Spectrum (Source 1), des chercheurs indiquent que pour bénéficier des vertus pour le transit des fibres intestinales, il faut non seulement des espèces spécifiques de bactéries intestinales, mais aussi les souches adéquates de ces espèces pour transformer les différents amidons.

La souche adéquate requise pour digérer ces fibres complexes

Ici, l’équipe de recherche a eu recours à des technologies de pointe pour détecter différentes souches d’une espèce de bactéries intestinales appelée Bifidobacterium adolescentis. L’équipe a prélevé des bactéries fécales auprès de plus de 50 personnes, afin d’examiner la composition de leur microbiote intestinal. Les participants ont ensuite consommé, au cours de trois périodes distinctes, trois types de biscuits : deux contenant deux types de fibres alimentaires, appelés amidon résistant 2 et amidon résistant 4, et un contenant de l’amidon digestible (ou témoin), qui peut être digéré par les enzymes de l’organisme sans intervention bactérienne.

Ils ont alors constaté que les différentes souches bactériennes présentaient des réponses spécifiques à l’ingestion d’amidons résistants, démontrant que la souche appropriée était nécessaire pour métaboliser les glucides complexes contenus dans ces amidons. Autrement dit, manger des fibres ne fait pas tout : pour bénéficier de toutes leurs vertus, encore faut-il avoir dans son microbiote les bactéries adéquates pour les digérer.

Une aide pour la nutrition de précision

« Cela ouvre des perspectives pour l’avenir de la nutrition de précision », a souligné Angela Poole, professeure adjointe à la Division des sciences nutritionnelles, et auteure principale de l’article. « Nous avons besoin de meilleurs outils pour mieux caractériser les bactéries et leurs activités, et cela souligne l’importance d’étudier la souche au niveau précis. Il nous faut une haute résolution », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

L’équipe espère ainsi, à l’avenir, pouvoir prescrire un régime nutritionnel de précision à un patient, selon la composition de son microbiote, et ainsi pouvoir lui assurer que ce régime va fonctionner au vu des souches dont il est porteur. En sachant que notre microbiote intestinal est modulé selon ce que nous mangeons : la composition de notre assiette encourage ou freine le développement de “bonnes” bactéries intestinales, d’où l’importance d’une alimentation équilibrée, faisant la part belle aux fruits et légumes, céréales complètes et produits bruts plutôt qu’aux produits ultratransformés.

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