Avec un décalage horaire entre six et neuf heures avec les pays hôtes, la Coupe du monde 2026, qui a commencé jeudi 11 juin, s'annonce cruelle pour les plus fervents fans du ballon rond en France. Celles et ceux qui ne rateront pour rien au monde une affiche de Mondial doivent être prêts à garder les yeux ouverts de la fin de soirée à l’aube pendant plus d'un mois.
Une tâche rendue encore plus difficile pour les adolescents, qui ne pourront pas toujours suivre les matches depuis les bars ou les fan zones. Plusieurs villes de France ont instauré des couvre-feux les empêchant de sortir tard le soir sans être accompagnés d'un adulte.
Craintes de "violences urbaines"
À Clermont-Ferrand, le maire Julien Bony a annoncé, mardi, l’instauration d’un couvre-feu pour les "mineurs de moins de 16 ans non accompagnés" lors du Mondial, sous peine d'une amende de 150 euros.
Le maire de droite s’est dit inquiet que des "violences urbaines", comme celles qui ont suivi la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions le 30 mai, touchent sa commune. "Il fallait agir" pour éviter que le Mondial "ne devienne un nouveau prétexte à ce genre de débordements", a-t-il déclaré.
Au-delà du couvre-feu, la ville a décrété qu’il n’y aurait pas de fan zone, une mesure qui s’appliquera "même si la France est en finale". Et les bars devront tourner leurs écrans vers l’intérieur des établissements pour "éviter des attroupements dans les rues", a déclaré Julien Bony.
À voir aussiÀ New York, la Coupe du monde s’invite dans la rue pour les enfants des quartiers populaires
En outre, un autre arrêté municipal interdit la consommation d'alcool dans l'espace public passé 22 h durant la période estivale. L'élu a fait de la sécurité un de ses thèmes de campagne lors des dernières municipales.
Les jeunes Toulousains seront eux aussi confinés de 22 h à 5 h du matin faute de tuteur les soirs de certains matches "à risque". Le couvre-feu sera en vigueur les nuits des matches de l'équipe de France, du Maroc et de la Tunisie. Le maire divers droite, Jean-Luc Moudenc, justifie lui aussi cette mesure par la crainte de débordements similaires à ceux qui ont accompagné la finale de la Ligue des champions.
Il a tout de même annoncé une "fan zone" sur le parvis du Stadium, stade du Toulouse Football Club (TFC), d'une capacité de 18 000 personnes, à partir des quarts de finale, les soirs de matches de l'équipe de France.
Un luxe auquel n’auront pas accès les habitants d’Orléans. Serge Grouard, maire UDI de la ville, a lui interdit la diffusion des matches sur les terrasses des bars et des brasseries.
Un clivage gauche-droite
Alors que ces trois communes gérées par des maires de droite prônent des mesures strictes de prévention, les municipalités de gauche œuvrent à multiplier les événements.
À Paris, par exemple, la mairie souhaite la mise en place de fan zones, a indiqué Lamia El Aaraje, première adjointe au maire socialiste Emmanuel Grégoire en charge de la sécurité du quotidien, précisant être "en discussion avec la préfecture de police".
"Il n'y a pas de raison que les Parisiens ne puissent pas profiter d'un moment sportif, joyeux, familial, populaire et gratuit, car pour nous le principe d'une fan zone est qu'elle puisse être accessible à tous", a déclaré l'élue parisienne.
Le maire La France insoumise (LFI) de Vénissieux, Idir Boumertit, a annoncé sur X la diffusion de certains matches dans plusieurs sites de la ville, comme le stade ou des parcs, "avec un espace buvette et barbecue" et un "espace famille".
La gauche s’est montrée très critique des mesures prises dans les villes de Toulouse, Clermont-Ferrand et Orléans. L’opposition socialiste du maire de cette dernière estime que "cette décision vient punir les commerçants orléanais" et ajoute que les "scènes de fête populaire sont menacées par un discours sécuritaire et par la peur".
Ces approches divergentes autour de la Coupe du monde reflètent le débat qui a émergé après le deuxième sacre européen du PSG. De violents affrontements avec les forces de l'ordre se sont produits et plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées à travers l’Hexagone. Les événements de cette soirée sont devenus le catalyseur de débats sur la sécurité, la lutte contre la délinquance et l'immigration.
Avec AFP




