Condamné en 2020 à Paris, Mourad Farès, l'un des principaux recruteurs de jihadistes français pour la Syrie, a été déchu de sa nationalité française, selon un décret publié jeudi 11 juin au Journal officiel.
Ce fils d'immigrés marocains né en septembre 1984 à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) avait été condamné à une peine de 22 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers.
La nationalité française peut être perdue si l'intéressé en fait la demande ou à l'initiative de l'autorité publique. "La qualité de Français ne se perd qu'à la condition que la personne concernée dispose au préalable d'une autre nationalité", explique sur son site le ministère de l'Intérieur. Dans le cas de Mourad Farès, le décret ne précise pas la seconde nationalité de Mourad Farès.
Membre de la brigade du jihadiste français Omar Omsen
Le nom de ce transfuge de l'organisation État islamique (EI) est apparu dans plusieurs dossiers de filières d'acheminement vers la Syrie jugés à Paris, dont celui du départ de dix jeunes Strasbourgeois en décembre 2013, puis lors du procès d'un jihadiste français membre du groupe EI, Tyler Vilus, ou encore d'un membre des commandos du 13-Novembre.
Les juges lui imputent l'organisation jusqu'à la mi-2013 de plusieurs réunions évoquant des départs en Syrie à Paris, Strasbourg ou Lyon.
Il était lui-même parti en juillet 2013, traversant l'Europe en voiture avec trois comparses, après avoir reçu plusieurs virements bancaires.
Derrière l'image : que devient le groupe État islamique en Syrie ?
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Mourad Farès, qui, lors de son procès, avait réfuté avoir combattu en Syrie, a selon le ministère public "participé à des actions armées" au sein du groupe État islamique en Irak et au Levant (EIIL, devenu État islamique en 2014), avant de quitter l'organisation pour intégrer la brigade du jihadiste français Oumar Diaby, alias Omar Omsen, affiliée au Front al-Nosra, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.
La cour d'assises avait également reconnu Mourad Farès coupable d'avoir "dirigé" début 2014 cette brigade de jeunes combattants francophones, en l'absence d'Oumar Diaby, alors parti au Sénégal.
Au retour de ce dernier en Syrie en février-mars 2014, Mourad Farès avait quitté le groupe après une "dispute" qui, a-t-il assuré, n'était pas une "lutte de pouvoir", puis la Syrie quatre mois plus tard. Arrêté en Turquie, il avait été remis à la France en septembre 2014 et il a collaboré avec les autorités.
Avec AFP




