Pour lutter contre l’érosion de ses plages, Nice fait le plein de galets « locaux »

il y a 1 day 1

D’ici quelques semaines, les touristes qui poseront leur serviette et testeront leur voûte plantaire sur les fameux galets de Nice ne se douteront de rien. Mais, en attendant ces visiteurs en quête de soleil, les plages de la Baie des Anges ont actuellement rendez-vous avec le « cailloutologue ».

Logo elections municipales 2026

Une longue consultation menée tous les ans, en sortie d’hiver nécessitant auscultation et soins. Durant dix jours, entre 180 et 200 rotations de camions se sont en effet succédé pour livrer, sur la Promenade des Anglais, pas moins de 5 900 tonnes de pierres rondes, lavées et triées.

Dès lundi et pour une durée de trois semaines, les pelleteuses prendront cette fois le relais pour attaquer le nivellement de tous ces matériaux déversés sur place. Avec un objectif : remettre en état, dans le respect du standing de la carte postale azuréenne, les 4,5 km de littoral bousculés par les vagues hivernales et les effets de l’inexorable érosion.

Transformés en poussière sous l’effet de la houle ou repoussés à la mer

A Nice, le combat contre les éléments naturels en vue de maintenir les plages locales dans la même configuration n’est en effet pas une mince affaire. « Deux fois par an, on fait des mesures GPS et on relève la topographie des lieux pour la comparer aux années précédentes et mesurer l’érosion. L’objectif c’est de compenser, ni plus, ni moins, la perte de galets, entre 1 à 2 % du volume total, dont une bonne partie se fragmente et se transforme en poussière en s’entrechoquant sous l’effet de la houle tandis qu’une autre est repoussée en mer jusqu’à 8 m de profondeur », détaille Julien Larraun, responsable études et travaux sur les ouvrages hydrauliques à la métropole Nice Côte d’Azur.

Une chose est avérée : sans cette spectaculaire opération, qui coûte annuellement autour de 300 000 euros en fonction des quantités acheminées ainsi que leur provenance, le bord de mer serait condamné à se rétracter inexorablement face aux affres du temps.

La solution du « circuit court »

« Il est difficile de voir s’il y a une accélération de l’érosion, Il nous faudrait 20 à 30 ans de données alors que nous en avons un peu plus de dix, ajoute le spécialiste, mais on sait que s’ajoute la montée des eaux (NDLR : liée au réchauffement climatique) qui pourra avoir des conséquences sur le trait de côte ».

LP/Matthias Galante

LP/Matthias Galante

De quoi conduire à la disparition du littoral niçois à plus ou moins longue échéance ? La question n’est pas à l’ordre du jour, même si les inconnues demeurent, rassure-t-il. « Ici, contrairement à d’autres communes, l’arrière des plages est à plusieurs mètres de haut et elles sont larges, donc il faut faudrait vraiment une grosse élévation du niveau de la mer… »

Pour l’heure, et comme cela est organisé depuis plusieurs décennies, la solution la plus efficace passe par des ajouts de pierres, en moyenne 4 400 m3 par an, issus souvent de carrières extérieures à la ville. En 2026, il n’y a, en revanche, pas eu besoin d’aller les chercher bien loin. La matière première a été prélevée et nettoyée depuis le lit du fleuve Paillon qui traverse la ville, dans des secteurs nettoyés afin de lutter contre le risque inondation. Les baigneurs auront ainsi droit, dès ce printemps, à une variante des galets de Nice… en circuit court.

Lire l’article en entier