Patrick Bruel a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles. Dans le détail, cette mise en examen concerne quatre affaires : un viol à Neuilly-sur-Seine en 2008, une tentative de viol en 2010 à Bruxelles, une affaire d’agression sexuelle et de harcèlement sexuel à Perpignan en 2019 et un dossier de harcèlement sexuel à Ajaccio, en Corse, en 2019. Le chanteur de 67 ans a été placé sous contrôle judiciaire et est ressorti libre du tribunal de Nanterre. Patrick Bruel échappe à la détention provisoire que le parquet avait requis.
Le parquet a précisé que Patrick Bruel devait se conformer à plusieurs obligations du contrôle judiciaire. Cette mesure consiste en une restriction de la liberté d’une personne soupçonnée d’une infraction pénale. Ce contrôle judiciaire « peut être ordonné par le juge d’instruction ou par le juge des libertés et de la détention si la personne mise en examen encourt une peine d’emprisonnement correctionnel ou une peine plus grave », détaille l’article 138 du Code de procédure pénale.
Une caution de 500 000 euros
En effet, il lui est interdit de quitter le territoire français, d’entrer en contact avec les victimes et leur famille ou de se rendre à leur domicile et de fréquenter un salon de massage. Parmi les autres mesures, il doit également fournir une caution de 500 000 euros. Mais ce n’est pas tout, il doit aussi justifier de soins psychologiques.
« Il existe deux types de suivi psychologique. Il peut y avoir des soins pénalement ordonnés qui sont indiqués par la justice. Dans l’immense majorité des cas, la loi prévoit que ces soins puissent être prononcés après la condamnation. L’obligation de soin est une forme de peine complémentaire et peut même être une peine à titre principal. Dans ce cas, la seule peine à laquelle est contrainte la victime est de voir un psychiatre », explique le Dr Laurent Layet, psychiatre et expert près de la Cour d’Appel de Nîmes et expert agréé près de la Cour de Cassation.
Dans le cas de Patrick Bruel, ce suivi psychologique a été décidé dans le cadre de la procédure en cours mais il n’est pas vraiment encadré par la loi. « La situation est différente car ce suivi psychologique a été décidé avant toute poursuite. Cette décision peut-être prise par la juridiction en disant à la personne qu’il y a une obligation d’aller voir un professionnel puis d’en rendre compte », complète le Dr Layet. Avant de compléter : « Il ne peut pas s’agir d’une injonction de soin qui est un processus plus complexe avec une peine, un médecin coordonnateur, etc. Dans ce cas précis, la prise en charge veut tout et rien dire. En effet, il n’y a pas de notion de fréquence, de durée des séances ni d’intensité ».
Comme l’explique le Dr Layet, les personnes peuvent indifféremment consulter un thérapeute, un psychologue, un psychiatre. « Il n’existe pas non plus de cadre autour du contenu de ces séances. La personne peut simplement aller chercher une attestation, échanger cinq minutes puis repartir. L’intérêt est quand même d’inciter un travail de réflexion. Mais cela ne va pas forcément dire que ça le sera. On peut très bien aller voir un psychiatre tous les jours et ne pas faire un centimètre vers une introspection ou faire un travail beaucoup plus opérant en seulement deux séances avec un psychologue ».
Sources
Entretien mené avec le Dr Laurent Layer, le 11 juin 2026

il y a 18 hour
2



