Rarement un entre-deux-tours de scrutin municipal n'aura été aussi rythmé que celui de cette élection. D'un côté, la gauche est tiraillée entre une consigne nationale qui déconseille les fusions avec La France insoumise et la réalité du terrain qui a vu plusieurs alliances scellées (comme à Strasbourg ou à Nantes). De l'autre, la droite part divisée dans plusieurs villes, au risque d'offrir quelques-uns de ses bastions historiques à des figures proches du Rassemblement national (c'est le cas à Nice ou encore Toulon). Enfin, à Paris, Lyon et Marseille, où les électeurs ont expérimenté pour la première fois la réforme du mode de scrutin pour les municipales, la partie semble encore loin d'être gagnée pour tous les candidats engagés.

Contacté, le ministère de l'Intérieur explique que le premier tour a permis d'élire directement près de 96 % des maires de France. Dans le reste des communes, plusieurs listes ont obtenu plus d'un dixième des suffrages exprimés et se sont donc qualifiées pour le second tour. Libre à elles de candidater en leur nom ou de s'associer avec d'autres listes.

Avant ces éventuelles tractations, le détail des configurations possibles était le suivant : "75 duels, 1 058 triangulaires, 338 quadrangulaires, 48 quinquangulaires, 5 sexangulaires et 1 septangulaire" à Saint-Jean-de-Védas, commune de 13 000 habitants située en banlieue de Montpellier (Hérault). Cette situation est le résultat d'un éclatement de notre scène politique, y compris à l'échelon local. Cette division s'observe tout particulièrement dans les cinquante communes les plus peuplées de France, où l'on observe une hausse du nombre de triangulaires et de quadrangulaires ainsi qu'une baisse drastique du nombre d'édiles élus au premier tour par rapport aux dernières élections (5 en 2026 contre 9 en 2020).

Cette réalité décrite par Beauvau a légèrement évolué depuis le premier tour. Finalement, il y aura près de 550 duels, environ 800 triangulaires et 175 scrutins avec au moins quatre candidats (à l'échelle du pays, c'est une configuration asse similaire à celle de 2020). Dans la capitale, trois listes vont s'affronter après le retrait de Sarah Knafo et le ralliement de la liste Horizons à Rachida Dati, tout comme à Marseille où le député LFI Sébastien Delogu s'est retiré pour essayer de barrer la route au RN. Enfin à Lyon, c'est un duel qui s'annonce entre Jean-Michel Aulas et le maire sortant Grégory Doucet qui pourra s'appuyer sur le ralliement de la liste LFI.

Tous ces matchs promettent une mobilisation importante de l'électorat local. A l'échelle nationale, la participation était de 57 %, un chiffre en amélioration par rapport à l'année du Covid-19, mais en recul par rapport à 2014 et 2008. Dans les villes les plus disputées toutefois, celle-ci a atteint des niveaux plus élevés comme à Paris (59 %), Nantes, Grenoble (60 % chacune) ou encore Lyon (65 %). Preuve que le scrutin municipal mobilise toujours une partie importante des citoyens français.