Un « tatouage intelligent » pour détecter le cancer de la peau

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Un médecin regarde la peau d'un patient avec une loupe. © kali9/Getty Images

Cette technologie permet de déceler des cancers cutanés à un stade très précoce grâce à la mesure de minuscules variations de température à la surface de la peau.

Ce dispositif pourrait sauver des vies. Des équipes de l’INRS et de l’Université de Montréal ont développé une technique non invasive qui permet d’identifier la présence d’un cancer de la peau à un stade invisible. D’après les chiffres de Santé publique France, entre 141 200 et 243 500 cas de cancers de la peau sont diagnostiqués chaque année en France.

Cette nouvelle technique pourrait sauver des vies et transformer le dépistage précoce des micromélanomes. Avec « 1 922 décès en 2012 (1 055 hommes et 867 femmes), ce cancer représente environ 4 % de l’ensemble des cancers incidents et 1,2 % des décès par cancer, tous sexes confondus », rapporte l’Institut national du cancer. Le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau a plus que triplé entre 1990 et 2023.

Cette solution de haute technologie permettrait donc de détecter un mélanome avant même qu’il devienne visible. Ce système appelé SMEAR‑ULM est capable de déceler des cancers cutanés à un stade très précoce en mesurant de minuscules variations de température à la surface de la peau. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Sensors. S’il devient possible de détecter un cancer de la peau en identifiant précocémment des lésions cutanées suspectes, il serait donc possible de réduire le recours aux biopsies inutiles.

« Notre objectif est de mettre au point un outil minimalement invasif capable de détecter des mélanomes très petits, mais néanmoins agressifs. En raison de leur taille, ces tumeurs échappent souvent à l’examen visuel clinique et passent sous le radar. Nous voulons pouvoir les repérer le plus tôt possible afin d’intervenir rapidement », explique Jinyang Liang, spécialisé en imagerie ultrarapide et en biophotonique et auteur principal de l’étude. « Même si cette étude a été réalisée chez la souris, ce modèle animal reproduit les modifications génétiques observées dans les mélanomes humains et pourrait donc bénéficier éventuellement aux patients », complète Sylvain Meloche, chercheur à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal et coauteur principal de l’étude.

Ce tatouage temporaire agit comme un thermomètre microscopique. En effet, des microaiguilles indolores déposent des nanoparticules sous la surface de la peau. Elles agissent ensuite comme un réseau de thermomètres microscopiques. Quand elles sont exposées à une lumière proche infrarouge, ces nanoparticules émettent une lumière visible. La durée de cette émission dépend directement de la température locale. « Comme les cellules cancéreuses consomment davantage d’oxygène et de nutriments que les cellules saines, elles produisent plus de chaleur, ce qui permet de déceler ces anomalies par voie optique », détaillent les auteurs

« Nous capturons toutes les informations nécessaires pour parvenir à une cartographie thermique instantanée en une seule prise, ce qui rend la méthode à la fois rapide et robuste pour surveiller en continu les réponses thermiques anormales dans les petits mélanomes, même dans des conditions in vivo complexes », résume le premier auteur de l’étude Yingming Lai, stagiaire postdoctoral à l’INRS et titulaire d’un doctorat en sciences de l’énergie et des matériaux de l’INRS.

Cette technique a permis de détecter des micromélanomes de seulement quatre jours, un stade à partir duquel ils sont généralement beaucoup trop petits pour être repérés par les techniques d’imagerie classiques.

Sources

Un « tatouage intelligent » pour détecter le cancer de la peau à un stade invisible, INRS, 25 mai 2026

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