RÉCIT - Au printemps 1954, des patients jeunes et en bonne santé se mettent à mourir brutalement partout en France. Coupable : le Stalinon, un médicament inventé par un pharmacien de Saint-Mandé. L’enquête montrera que ses fabricants ont multiplié les malfaçons.
Trois femmes à Niort, un père de famille en Bretagne, quatre enfants d’une même fratrie en Algérie… Mais que se passe-t-il en ce printemps 1954 ? Dans toute la France, des patients jeunes et en bonne santé meurent après avoir présenté d’intenses maux de tête, des vomissements, et d’autres graves signes neurologiques, jusqu’au coma. D’autres gardent de lourdes séquelles, devenus totalement invalides parfois à l’orée de leur existence. On finit par tenir un suspect : tous ont pris un médicament récemment né sur la paillasse d’un pharmacien de Saint-Mandé. En quelques mois, il tuera 102 personnes et en laissera 150 autres aveugles ou paralysées. « Un long martyrologe » égrené par le greffier au début du procès, raconte Le Figaro le 30 octobre 1957.
À l’origine du drame, un pharmacien souffrant, et inventif. Georges Feuillet, 44 ans, revient de Madagascar avec des furoncles. Ces infections bactériennes siégeant à la racine des poils sont alors fréquentes, et rien n’est très efficace

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