Ces quatre régions françaises sont davantage concernées par la maladie de Charcot : comment l'expliquer ?

il y a 1 day 1

Maladie neurodégénérative touchant les neurones moteurs, la maladie de Charcot ou sclérose latérale amyotrophique (SLA) est l’une des affections rares les plus fréquentes en France. Chaque année, près de 1 200 nouveaux cas sont diagnostiqués, venant s’ajouter aux 7 000 personnes déjà recensées.

Depuis des décennies, les chercheurs multiplient les études dans l’espoir de développer un traitement, faisant chaque jour des progrès, mais n’ayant jusqu’alors, pas trouvé la clé.  La cause exacte de la SLA reste aujourd’hui, en grande partie inconnue, même si des facteurs génétiques et environnementaux ont été reconnus comme ayant un rôle à jouer dans son développement.

Une nouvelle étude de Santé publique France semblent aussi considérer les facteurs environnementaux comme une cause tangible de la maladie. Dans un communiqué du 17 mars, l’Agence nationale de santé publique met en avant quatre zones en France où les pathologies neurodégénératives, dont la maladie de Charcot (90% des cas), ont été le plus diagnostiquées et fait le lien avec les expositions environnementales.

Des « disparités géographiques » à plusieurs échelles

L’Agence a mis en évidence des zones de sur-incidence et de surmortalité par rapport à la moyenne nationale. Ce qui en ressort :

  • le taux le plus élevée par région est en Bretagne, avec 3,77 cas pour 100 000 habitants, le plus faible étant la Guyane (1,06). Les régions d’Auvergne-Rhône-Alpes, d’Occitanie et des Pays de la Loire sont les suivantes dans la liste.
  • À l’échelle départementale, la Lozère, département d’Occitanie et le Morbihan en Bretagne affichent une incidence et une mortalité également plus élevées.
  • À une échelle plus locale, les zones de sur incidence sont Nîmes-Avignon-Alès, Guingamp-Lorient et Clermont-Ferrand. Les zones de surmortalité sont Lorient-Vannes et Saint-Étienne.

Un potentiel fil conducteur à ces disparités

Pour les experts de Santé publique France, il serait « difficile d’expliquer ces différences » car les déterminants déclenchant la maladie de Charcot ne sont pas bien connus à ce jour. En revanche, ils n’hésitent pas à émettre la théorie suivante : « l’hypothèse la plus vraisemblable et la plus mise en avant, c’est une interaction gènes-environnement ».  

Les formes génétiques de la maladie de Charcot n’expliquent pourtant que 10 % des cas. Les 90 % autres pourraient donc être dus à une exposition environnementale ou professionnelle à des substances comme les pesticides, les métaux lourds, la pollution atmosphérique, le tabagisme, mais aussi « la consommation de certains aliments où il y a des toxines ».

À lire aussi

Une corrélation certaine entre les quatre zones et les expositions environnementales  

Si cette théorie n’est pas encore entièrement prouvée par la science, elle semble tenir la route au regard des situations environnementales des quatre régions pointées du doigt par Santé publique France.

L’Occitanie est la première région agricole de France. Par conséquent, elle est classée parmi les plus consommatrices de certains herbicides et pesticides. Mais c’est aussi l’une des zones les plus touchées par les dépassements des taux de sécurité de la pollution de l’air à cause de sa géographie, la chaleur qui y règne en été et le trafic.

Pour les Pays de la Loire et la Bretagne, le profil est assez similaire. Si on prend l’exemple de la Bretagne, nous savons que ses eaux ont une concentration de nitrates par litre près de 10 fois supérieure au taux sans pollution humaine, selon certaines ONG environnementales. La Bretagne est également une grande utilisatrice de pesticides à cause de la prolifération régulière des algues vertes, due à la présence excessive d’azote aux abords de ses côtés. Pour l’ensemble de ces raisons, il arrive parfois que l’eau potable de la région soit contaminée.

Enfin, l’Auvergne-Rhône-Alpes est l’une des régions les plus exposées à la pollution de l’air à cause de la pollution industrielle et des métaux lourds. La bien connue vallée de la chimie, située au sud de Lyon en est un bon exemple. Elle est caractérisée par une concentration exceptionnelle d’industries chimiques.

Lire l’article en entier