Ce mardi 9 juin à 21h10, Canal+ diffuse Les Enfants vont bien de Nathan Ambrosioni. Dans ce drame bouleversant abordant le thème des disparitions volontaires, Camille Cottin incarne une femme indépendante qui se retrouve soudainement responsable de ses neveux. Comment interpréter la scène de fin ?
Après Les Drapeaux de papier (2018) avec Noémie Merlant et Guillaume Gouix et Toni, en famille (2023) avec Camille Cottin, le réalisateur Nathan Ambrosioni revient avec Les Enfants vont bien (2025). Ce drame touchant, qui réunit Camille Cottin, Monia Chokri et Juliette Armanet, explore avec sensibilité et justesse le sujet peu traité au cinéma des disparitions volontaires.
Juliette Armanet, récemment vue dans Partir un jour, y interprète Suzanne, qui disparaît soudainement après avoir confié ses enfants à sa sœur Jeanne. Camille Cottin est brillante dans le rôle de Jeanne, une femme indépendante qui se retrouve du jour au lendemain responsable de ses neveux, Gaspard et Margaux, remarquablement interprétés par Manoã Varvat et Nina Birman.
Comment comprendre la fin du film ?
Après plusieurs tentatives inefficaces de Jeanne pour comprendre la disparition de sa sœur Suzanne, le long-métrage s'achève sur le déménagement de l'appartement de Suzanne. Bien que cette fin semble ouverte à diverses interprétations, le cinéaste Nathan Ambrosioni a précisé à AlloCiné que, pour les personnages principaux, elle marque un tournant significatif.
“Le déménagement de l'appartement de leur mère, ou de la sœur pour Jeanne, c'était pour moi, montrer un courage et une force de résilience très forte pour les personnages”, explique-t-il. Cette scène finale n'est pas tant une compréhension ou un pardon du départ de Suzanne, mais plutôt une acceptation de sa décision.
En reconnaissant que cette absence pourrait ne pas être temporaire, les personnages entrent “dans une nouvelle étape du deuil”, preuve qu'ils ont beaucoup avancé tout au long du récit. “C'est un vrai parcours que les personnages ont entrepris entre le début et la fin du film”, déclare le réalisateur.
L’ultime séquence des Enfants vont bien montre Margaux jouant dans la chambre désormais vide de sa mère. Nathan Ambrosioni décrit ce moment comme étant paradoxalement le “plan le plus lumineux du film” tout en constituant un “point culminant de mélancolie.” Pour le cinéaste, cette scène est métaphorique.
Il compare subtilement cette pièce vide avec le sentiment de vide laissé par l'absence de sa mère : “Cette pièce vide que Margaux laisse, elle en sort. Elle sort du vide, justement. Elle échappe à la disparition de sa mère, pour avancer, pour sortir de cet appartement et avancer avec Jeanne, avec son frère. Ils laissent l'absence derrière eux.”
Gaspard et Margaux, interprétés par Manoã Varvat et Nina Birman.
©© 2025 Chi-Fou-Mi Productions / StudioCanal / France 2 Cinéma
Poser des questions, sans jamais y répondre
Par la sobriété de sa mise en scène, le film laisse une place essentielle au silence, créant des moments suspendus au sein de ce quotidien bouleversé. Tout en délicatesse, sans jamais sombrer dans le pathos, Nathan Ambrosioni choisit de s’intéresser non pas à l'absence, mais à ceux qui restent face à ce droit à l’oubli.
“Ces disparitions, on ne les comprend pas, on ne les explique pas. Et le film, justement, s'efforce de poser des questions, mais de ne jamais y répondre”, confie le cinéaste. Maintenir le mystère était donc primordial, car selon le réalisateur “la promesse du film n'est pas de raconter le retour de Suzanne, ni les raisons de son départ.”
En laissant cette fin en suspens, il invite le spectateur à s’approprier le long-métrage et à s'interroger sur ses zones d'ombre. “Je suis convaincu que le cinéma n'est pas un endroit pour trouver des réponses, mais pour trouver des gens avec qui se poser des questions”, conclut-il.

il y a 2 day
2



