Mensonge, tromperie : une étude dévoile l'âge à partir duquel un enfant en est capable

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Ingéniosité, malice, lorsqu’il s’agit de parvenir à leurs fins malgré les règles établies, les enfants peuvent nous épater. En témoigne cette nouvelle étude, parue dans la revue Cognitive Development (Source 1), qui montre que très tôt, avant même de savoir marcher ou parler, les jeunes enfants sont capables de comprendre et de pratiquer tromperie et mensonge.

L’auteure principale de l’étude, Elena Hoicka, a d’abord étudié comment la tromperie se manifestait chez les animaux, notamment chez les chimpanzés, les singes capucins, les antilopes et les oiseaux. En appliquant ces observations aux tout-petits, la chercheuse et son équipe ont pu mettre en évidence les premières formes de tromperie et de mensonge chez ces derniers.

Dès 17 mois voire encore plus tôt

Les résultats révèlent que beaucoup de très jeunes enfants pourraient pressentir la tromperie avant l’âge d’un an. Environ un quart des enfants de l’étude ont commencé à comprendre la tromperie dès 10 mois, et la moitié à 17 mois. Et à 3 ans, les bambins deviennent plus habiles, plus créatifs mais aussi plus enclins à mentir, d’après l’étude.

« En tant que mère de trois enfants, je peux témoigner de leur ingéniosité et de leur malice. Se cacher sous la table ou dans la salle de bain pour manger des bonbons ou du chocolat est une de leurs ruses habituelles », a témoigné la chercheuse, qui exerce à l’Université de Bristol (Royaume-Uni).

Nier, cacher, feindre de ne pas entendre…

Les chercheurs ont soumis des questionnaires aux parents de plus de 750 enfants âgés de 0 à 47 mois, originaires du Royaume-Uni, des États-Unis, d’Australie et du Canada. Certains parents ont indiqué que leur enfant avait commencé à mentir dès l’âge de 8 mois. Les comportements de tromperie étaient également fréquents. L’étude a montré qu’une fois que les enfants avaient commencé à mentir, la moitié d’entre eux avaient fait quelque chose de sournois la veille. En analysant les réponses, les chercheurs ont identifié 16 types différents de tromperie.

À partir de deux ans, la tromperie a tendance à être basée sur l’action : faire semblant de ne pas entendre ce qu’on lui dit (“il est l’heure de partir”), cacher des choses, nier avoir fait quelque chose, se cacher pour faire quelque chose d’interdit (manger des bonbons, fouiller dans un sac…), inventer des excuses, etc.

Tandis que vers 3 ans, la compréhension du langage et du fonctionnement de l’esprit d’autrui peuvent conduire à davantage de types de tromperie, telles que l’exagération, la minimisation ou la déformation des faits, faire mine de ne pas voir, savoir ou comprendre, ou encore raconter des mensonges purs et simples (“un fantôme a mangé tous les chocolats”).

De quoi rassurer les parents

« Notre étude est particulièrement pertinente pour les parents et les éducateurs. Tout d’abord, les parents peuvent être rassurés : la tromperie est tout à fait normale dans le développement des tout-petits. Ils peuvent également consulter nos résultats pour savoir à quels types de tromperie s’attendre selon l’âge, afin de mieux comprendre leurs enfants et de communiquer avec eux pour anticiper leurs mensonges », a conclu le Pr Hoicka.

Et la Pr Jennifer Saul, qui enseigne la philosophie d’ajouter que si « les philosophes se sont longtemps interrogés sur la moralité de la tromperie humaine », « ils se sont toujours concentrés sur les adultes qui se dupent entre eux. Cette étude montre à quel point cette approche occulte une grande complexité ».

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