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Le passage à l’heure d’été aura lieu dans la nuit du samedi 28 mars au dimanche 29 mars 2026. Si nous allons perdre du temps de sommeil, nous allons gagner une heure de luminosité en fin de journée. Comment s'y préparer ? Quels sont les impacts de ce décalage horaire sur notre organisme ?
Il est bientôt temps de régler nos horloges à l’heure d’été. Le changement aura lieu au cours de la nuit du samedi 28 mars au dimanche 29 mars 2026. À deux heures du matin, les aiguilles avanceront d’une heure, il sera donc trois heures du matin. Si l’idée de perdre une heure de sommeil peut faire grimacer certaines personnes, l’impact de cette modification peut être perçu d’un angle positif.
Pourquoi faut-il changer d’heure et passer à l’heure d’été ?
Le passage à l’heure d’été est en vigueur depuis 1976 en France métropolitaine (il ne s’applique pas en Outre-mer, exception faite de Saint-Pierre-et-Miquelon). Le but de ce changement d’heure : faire correspondre au mieux les heures d’activité avec les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel le soir, et donc économiser l’énergie. Cette mesure a été décidée à la suite du choc pétrolier de 1973-1974 et de l’envolée des prix du pétrole, comme le rappelle le site vie-publique.fr (source 1).
Les bienfaits de la lumière naturelle sur la santé
L’avantage de taille à ce passage à l’heure d’été, vous l’avez compris, c’est la lumière. Ça tombe bien, c’est justement la lumière du jour qui va vous aider à vous synchroniser pendant les jours précédant le changement d’heure. Une heure de lumière naturelle en plus chaque soir ne permet pas seulement de profiter plus longtemps des terrasses des cafés, mais aussi d’améliorer notre humeur en fin de journée en nous incitant à passer du temps dehors. En sortant du travail, vous pourrez de nouveau profiter d’un moment de loisir en extérieur, sans lumière artificielle.
Un autre avantage de taille concerne la sécurité routière. L’éclairage des routes étant mieux assuré pendant une heure, le nombre d’accidents diminue.
Quels pays sont concernés par le changement d’heure ?
La France n’est pas le seul pays à pratiquer le changement d’heure. Une soixantaine de pays, dont tous les pays membres de l’Union européenne, sont concernés par le changement à l’heure d’été. D’autres États ont décidé de l’abandonner cependant comme l’Argentine, la Tunisie, la Turquie, la Russie, l’Arménie notamment.
L'heure d'été sera l'heure officielle en France jusqu'au dimanche 25 octobre 2026 : le retour à l'heure d'hiver se fera à 3 heures du matin, les aiguilles reculeront alors d'une heure pour revenir à 2 heures.
Quels sont les effets du changement d’heure sur notre santé ?
Propre à chaque individu, l’horloge biologique (ou horloge interne) joue un rôle crucial dans le bon fonctionnement de notre organisme. Synchronisée principalement sur la lumière, elle impose un cycle de 24 heures à notre corps, aussi appelé rythme circadien. Seulement, il arrive que cette horloge biologique soit perturbée. C’est ce qui arrive lorsque l’on change d’heure. Dormir une heure en moins peut en effet perturber l’organisme pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour les personnes les plus sensibles à cette modification horaire.
Une étude menée par la Commission européenne soulignait d’ailleurs que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps » (source 2) . Voici les effets que peut procurer le changement à l’heure d’été sur notre corps :
- troubles de l’endormissement
- troubles de l’attention ;
- changement d’appétit ;
- une moins grande capacité de travail ;
- une humeur changeante.
Un impact sur la sécrétion de mélatonine
Non seulement le changement d’heure est brutal pour notre organisme mais il met également du temps à s’en accommoder. Il faut au moins trois semaines pour amortir le décalage horaire. Particulièrement pour la sécrétion de mélatonine, l’une des principales hormones du sommeil que le cerveau utilise pour déclencher le sommeil. Cette sécrétion, qui se fait pendant la nuit et est à son maximum entre 2 heures et 4 heures du matin, ne dépend pas de l’heure de la pendule !
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Le sommeil régule de nombreuses fonctions de notre corps
Si cette heure de lumière naturelle supplémentaire fait du bien au moral et à la santé, il est important de rappeler que les premiers jours suivant le changement d’heure peuvent être difficiles à vivre, en particulier par les personnes fragiles comme les enfants en bas âge, les personnes âgées ou les travailleurs de nuit. Les difficultés d’endormissement peuvent accentuer une dette de sommeil déjà existante.
Or, le sommeil régule de nombreuses fonctions du corps et un manque de sommeil chronique n’est pas sans conséquences sur la santé. Les troubles du sommeil peuvent ainsi jouer sur l’apprentissage, la mémorisation et l’appétit, affaiblir les défenses immunitaires ou encore augmenter l’irritabilité. » Un manque de sommeil provoque aussi une mauvaise régulation de notre métabolisme : « Ce qui peut, à long terme, favoriser le surpoids et même le diabète, ajoute la scientifique, catégorique. Manquer de sommeil, c’est un mauvais calcul pour la qualité de vie. »
Un temps d’adaptation nécessaire variable selon son chronotype
Le fait de se lever plus tôt que d’habitude peut aussi créer un stress physique supplémentaire. Selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance, le nombre d’accidents sur la route, de blessures au travail et de migraines serait d’ailleurs plus haut au cours de ces quelques jours d’ajustement qui suivent le passage à l’heure d’été. Une période de transition qui varie d’un individu à l’autre selon son chronotype et peut durer de 4 à 14 jours.
Pour les chronotypes matinaux (plus efficaces le matin), l’adaptation peut durer quelques jours, tandis que pour les chronotypes tardifs, elle peut s’étaler sur plusieurs mois. Les “couche-tard, lève-tard” vont avoir plus de difficulté à passer à l’heure d’été. « C’est un contresens biologique, poursuit la chercheure. Si on leur ôte une heure, ils doivent aller se coucher d’autant plus tôt. Pour eux, c’est double peine. »
Comment faire une transition du changement à l’heure d’été en douceur ?
La bonne nouvelle est que certaines mesures peuvent faciliter la transition. Selon la chercheure, le plus important est d’anticiper ce décalage horaire.
Renforcer les routines pour bien s’endormir
Pour favoriser l’endormissement, « il faut renforcer les routines qui permettent de descendre en excitation » :
- diminuez l’exposition à la lumière de 50 % deux heures avant le coucher, et l’intensité sonore ;
- éteignez les écrans environ une heure avant le coucher ;
- réduisez la consommation d’alcool ou de café après le dîner ;
- si vous faites une sieste, privilégiez le début de l’après-midi ;
- pratiquez de l’exercice régulièrement .
Bien se réveiller pour être en forme
- Exposez-vous à la lumière naturelle le matin pour mieux vous réveiller ;
- si besoin, utilisez un simulateur d’aube. Le principe : programmable 20, 10 ou 5 minutes avant l’heure du réveil, cet accessoire imite progressivement la lumière naturelle du lever du soleil. Une lumière rouge puis rose dorée s’intensifie pour devenir blanche, ce qui stimule la sécrétion des hormones de l’éveil comme le cortisol.
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Comment aider les enfants à mieux vivre le passage à l’heure d’été ?
Le passage à l’heure d’été est particulièrement difficile à vivre pour les plus jeunes, dont le sommeil est primordial. Vous pouvez aider votre progéniture à se lever sans souffrance en mettant en place quelques stratégies simples.
- Avancer l’heure du coucher : assurez-vous de mettre au lit vos tout-petits 15 puis 30 et 45 minutes plus tôt au cours de la semaine précédant le changement d’heure. De cette façon, ils seront bien reposés et auront une longueur d’avance la nuit où ils perdront une heure de sommeil. Le réveil du lendemain du changement d’heure sera moins difficile.
- Maintenir le rituel : prendre un bain chaud, se brosser les dents, lire un livre, s’allonger au lit avec de la musique douce, allumer la veilleuse, chanter une petite chanson… Les rituels du coucher permettent à l’enfant de se préparer mentalement au sommeil. Cette routine est toujours importante, mais elle devient essentielle pendant la période du passage à l’heure d’été.
- Expliquer : les parents peuvent affronter directement le problème en expliquant à leurs enfants pourquoi et comment nous changeons d’heure deux fois par an. Demandez-leur de vous aider à régler les horloges de la maison. De cette façon, ils se sentiront impliqués, et pourront même vous rendre certaines tâches plus agréables.
- Montrer l’exemple : rappelez-vous que les enfants imitent ce que font les adultes, alors apprenez-leur les bonnes pratiques. Couchez-vous et réveillez-vous plus tôt, prenez un petit déjeuner équilibré, et restez positif ! Se plaindre de la fatigue et du changement d’heure ne va pas les aider à garder le moral.
Pourquoi l'heure d'été nous affecte plus que l'heure d'hiver ?
Selon différents experts, l’horloge biologique accepte plus facilement de retarder que d’avancer sa phase – c’est aussi pour cela que l’on s’adapte plus rapidement aux horaires locaux (jet lag) lors des vols transméridiens vers l’ouest que vers l’est. Les effets du passage à l’heure d’été affecteraient donc davantage nos rythmes circadiens que celui à l'heure d'hiver.
Les scientifiques – dont Armelle Rancillac – sont tous d’accord : il serait préférable, pour l’organisme, de supprimer le changement d’heure et de ne garder que l’heure d’hiver. « Certes, cela sous-entend des soirées ensoleillées moins longues », sourit la chercheure. Mais l’objectif est d’avoir un rythme biologique qui suit l’heure solaire. Or, à l’heure d’été, nous avons deux heures de décalage par rapport au soleil. « Donc pour la santé et l’énergie, l’heure d’hiver est la plus adaptée. »
« Il faudrait aussi trouver une autre terminologie, explique la scientifique. Les Français voient l’heure d’hiver comme un gain, l’heure d’été comme une perte. Cela les influence forcément. » Perdre ou gagner une heure, peu importe finalement. Armelle Rancillac rappelle qu’il faut toujours dormir en moyenne 7 heures 30 par nuit.
La Commission européenne a remis dans son programme de travail 2026 la suppression du changement d'heure. Rappelons que la fin du changement d'heure votée en 2019 par le Parlement européen devait prendre effet en 2021. Mais elle n’a jamais été appliquée, officiellement en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. Par ailleurs, toutes les enquêtes menées plébiscitent cette mesure. AInsi, en France, selon une consultation citoyenne réalisée en 2019, 83,71 % des Français se prononcent pour la fin du changement d’heure deux fois par an (source 3). Parmi eux, 59,17 % souhaitaient rester à l’heure d’été contre 36,97 % à l’heure d’hiver.

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