Chaque année, sept millions de Français consomment des antidépresseurs. D’après les données de Santé Publique France, un Français sur cinq connaîtra un épisode dépressif au cours de sa vie. En association avec une psychothérapie, les antidépresseurs aident à réduire les symptômes de la dépression. En France, la durée moyenne de prise d’un antidépresseur se situe entre un et deux mois. Mais, pour certains patients, ces médicaments sont pris sur plusieurs années. Avec quels risques pour la santé ? Une étude australienne relance le débat.
Des chercheurs australiens ont voulu s’intéresser aux possibles effets secondaires liés à cette prise longue d’antidépresseurs. Ces essais comportent un biais puisque « les recommandations préconisant un traitement antidépresseur de 6 à 12 mois pour un premier épisode dépressif et de 2 ans ou plus pour les épisodes récurrents reposent sur des essais d’arrêt de traitement où les patients sont randomisés pour maintenir ou arrêter rapidement les antidépresseurs (en moyenne sur 4 jours) ce qui provoque probablement des symptômes de sevrage ». Pour ces patients, les symptômes repérés étaient souvent interprétés comme une rechute alors qu’il s’agissait de signes de sevrage liés à un arrêt brutal du traitement.
Troubles sexuels, troubles cognitifs et insomnie
Dans cette étude, les auteurs listent des effets indésirables liés aux antidépresseurs : des troubles sexuels (chez 50 à 80 % des utilisateurs), un engourdissement émotionnel, des troubles cognitifs (observés chez des volontaires sains), l’insomnie et une prise de poids. Cette étude ne lie pas directement la prise d’antidépresseurs à l’apparition d’une démence. Dans les conclusions, les scientifiques mettent en garde contre une utilisation prolongée d’antidépresseurs qui augmente le risque d’effets indésirables, notamment des symptômes de sevrage.
Les scientifiques rappellent l’importance de réaliser un suivi régulier avec un professionnel de santé et de ne pas arrêter brutalement son traitement. « Les données justifiant l’utilisation prolongée d’antidépresseurs tendent à surestimer leurs propriétés de prévention des rechutes en confondant les symptômes de sevrage avec des rechutes. Face à l’absence de preuves fiables de leur efficacité et aux preuves établies de leur nocivité, la poursuite ou l’arrêt du traitement antidépresseur devrait faire l’objet d’un suivi régulier et d’une décision partagée », notent les auteurs.
Sources
Continuing antidepressants or not : Evaluating the potential benefits and harms, 6 juin 2026, AJGP

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