« Quand on gagne, on oublie tous nos problèmes » : tensions, émotion et délivrance, le Mexique a bien lancé son Mondial

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Six heures du matin, dans une rame de métro de Mexico. Des visages endormis et des maillots verts, partout. « Je n’ai pas dormi de la nuit », sourit Miguel De Rosas, coincé contre une vitre. Plusieurs mouvements sociaux d’envergure paralysent la mégalopole depuis des jours. « Mais la fête sera belle quoi qu’il arrive », prédit le commerçant, qui a payé son ticket 500 euros « sans hésiter ». Autour de lui, tout un groupe venu de Toluca, à une grosse heure de route de la capitale, se chauffe la voix. Café en main, Jaime Diaz scande de bruyants « Mexico ! Mexico ! Mexico ! » repris à gorges déployées par des wagons entiers. De son téléphone retentit à intervalles réguliers « La cumbia de los trapos », un classique des avant-matches en Amérique latine, qui « s’écoute normalement avec une bonne Tequila », précise-t-il.

La joyeuse troupe doit descendre à 15 kilomètres du but car une station est bloquée par un cortège de professeurs, qui demandent au gouvernement des améliorations de leurs conditions de travail. Il faut donc marcher, sans cesser de chanter, puis monter dans un train aérien et bondé, un peu plus loin, pour boucler le périple. La Coupe du monde commence dans 5 heures et une gigantesque marée verte déferle sur le légendaire stade Azteca, qui accueille un match inaugural pour la troisième fois de son histoire après 1970 et 1986.

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