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Repérer l’ovulation, éviter ou suspecter une grossesse en prenant sa température : est-ce vraiment possible ? La réponse.
L'essentiel
Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.
Mesurée au réveil, la température basale varie légèrement au cours du cycle menstruel. "Certaines femmes l’utilisent comme repère pour suivre leur fertilité" explique la sage femme Lucie Sarfati. Mais à elle seule cette méthode n’est pas suffisamment fiable pour remplacer une contraception ou les tests d’ovulation. "Et pour repérer une grossesse, ce n'est pas une stratégie infaillible non plus (même en étant bien formée)", ajoute l'experte.
Qu’est-ce que la température basale ? (température basale définition)
La température basale, aussi appelée température corporelle basale (TBC), correspond à la température minimale du corps au repos complet.
Elle est mesurée le matin au réveil, avant toute activité : avant de se lever, de parler, de boire ou de manger. L’objectif est d’obtenir une température qui ne soit pas influencée par l’activité physique (ou même le mouvement) et la digestion.
Chez l’homme comme chez la femme, la température basale reste relativement stable. "Chez la femme en revanche, elle varie légèrement au cours du cycle menstruel sous l’effet des hormones ovariennes", explique Lucie Sarfati.
Ces variations peuvent être représentées sur une courbe de température basale, qui permet d’observer l’évolution de la température au fil des jours ou sur plusieurs cycles.
Comment évolue la courbe au cours du cycle menstruel ?
La méthode de la température repose sur l’observation de l’évolution de la température corporelle de base pendant plusieurs cycles.
- Avant l’ovulation, la température est généralement comprise entre 36,2 °C et 36,5 °C.
- Après l’ovulation, la température basale augmente légèrement, d’environ 0,2 à 0,5 °C.
On observe alors deux phases :
- une température plus basse pendant la phase folliculaire (avant et pendant l'ovulation).
- une température plus élevée pendant la phase lutéale (après l'ovulation).
Cette augmentation est liée à l’action de la progestérone, une hormone produite après l’ovulation par le corps jaune, structure temporaire qui se forme dans l’ovaire après la libération de l’ovule.
"La courbe de température permet donc d’identifier qu’une ovulation a eu lieu et d’observer l’évolution du cycle", résume la spécialiste.
Facteurs qui peuvent "fausser" la température basale
Attention, plusieurs facteurs externes peuvent moduler la température corporelle basale :
- fièvre ou infection ;
- consommation d’alcool ;
- prise de médicaments (certains anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ou le paracétamol) ;
- activité physique intense la veille ;
- décalage horaire ;
- déséquilibres hormonaux ;
- environnement thermique inhabituel pendant la nuit (chambre très chaude, couverture très épaisse) ...
Parfois un temps de sommeil insuffisant peut aussi fausser les résultats :
Dans ces conditions, la mesure de la température basale perd son intérêt pour l’analyse du cycle. C’est pourquoi les spécialistes recommandent d’interpréter la courbe sur plusieurs jours et de noter les événements susceptibles de perturber la mesure.
Ovulation, contraception, grossesse : la température basale comme repère pour la femme ?
La température basale peut fournir des informations sur le cycle, mais elle présente certaines limites.
Quelle est la température basale lors de l'ovulation ? (détecter sa fertilité)
Attention, la hausse de la température basale ne survient généralement qu' après l’ovulation. La courbe de la température basale permet donc de confirmer qu’une ovulation a eu lieu, mais elle ne permet pas d’identifier précisément le moment où elle va se produire.
Si l’objectif est de concevoir un enfant, il peut être utile d’associer la courbe de température à des tests d’ovulation, qui détectent l’hormone LH et permettent d’estimer plus précisément la période fertile.
Peut-on utiliser la température basale comme contraception ?
Utilisée seule, la méthode de la température n’est pas considérée comme une méthode contraceptive fiable. En effet, les relations sexuelles dans les jours précédant l’ovulation peuvent conduire à une grossesse alors même que la température n’a pas encore augmenté. La hausse thermique étant décalée par rapport au moment de l’ovulation, elle ne permet pas d’anticiper précisément la fenêtre de fertilité.
Si vous ne souhaitez pas avoir d’enfant, il est recommandé d’utiliser un moyen de contraception fiable (préservatif, pilule, stérilet, implant…). En cas de rapport à risque, il est préférable de recourir à une contraception d’urgence plutôt que de se fier à la courbe de température. "Attention, prendre. la température basale n'a pas d'interêt si on prend une contraception hormonale. Elle n'est alors plus considérée comme fiable", remarque Lucie Sarfati.
Courbe température positive en début de grossesse
Si une fécondation a lieu, la production de progestérone se poursuit. La température basale reste alors élevée et ne redescend pas à l’approche des règles. Une température élevée pendant plus de 16 jours après l’ovulation peut constituer un indice de début de grossesse.
Cependant, il ne s’agit que d’un signe indirect. Seul un test de grossesse urinaire ou une prise de sang permet de confirmer une grossesse.
Courbe température négative en début de grossesse
En l’absence de grossesse, la production de progestérone diminue en fin de cycle. La température basale avant les règles redescend alors progressivement dans les jours précédant les règles.
Quand la température basale baisse-t-elle avant les règles ?
La température basale baisse généralement 1 à 2 jours avant le début des règles, parfois le jour même des règles.
Quand et comment prendre sa température basale ?
Pour obtenir une courbe de température fiable, la mesure doit être réalisée dans des conditions précises. Il est recommandé de :
- prendre la température tous les matins au réveil ;
- le faire à la même heure autant que possible ;
- utiliser toujours le même thermomètre ;
- noter les résultats dans un graphique de température basale ou une application de suivi du cycle.
L’idéal est de prendre la température après au moins trois à quatre heures de sommeil.
Où prendre la température basale ?
"L'idéal est de prendre sa température en voie interne par voie vaginale ou rectale", recommande Lucie Sarfati. Les mesures sous le bras, au front ou dans l’oreille sont donc généralement moins précises et donc peu adaptées au suivi du cycle.
Quel que soit le mode de mesure choisi, il est important d’utiliser toujours la même méthode afin de garantir la comparabilité des résultats.
Quel thermomètre utiliser ?
Un thermomètre numérique classique peut suffire.
Certaines femmes utilisent également des thermomètres dits “basaux” : "ils sont plus précis, capables d’afficher deux chiffres après la virgule afin de détecter les très faibles variations de température", d'après Lucie Sarfati.
Il existe également des dispositifs connectés qui enregistrent la température pendant la nuit. Ces outils ne sont toutefois pas indispensables pour suivre une courbe de température.
L’essentiel reste surtout la régularité des mesures sur plusieurs cycles.
Courbe de symptothermie : qu’est-ce que c’est ? Est-ce fiable ?
La symptothermie est une méthode de planification familiale naturelle qui repose sur l’observation de plusieurs signes du cycle. Le terme associe :
- “sympto” : l’observation des signes du corps, notamment la glaire cervicale, sécrétée par le col de l’utérus. Certaines méthodes prennent également en compte la position et la consistance du col de l’utérus.
- “thermie” : le suivi quotidien de la température basale corporelle.
La glaire cervicale change d’aspect au cours du cycle. Hors période fertile, elle est généralement épaisse, blanchâtre et peu abondante. À l’approche de l’ovulation, elle devient plus transparente, plus fluide et plus étirable, ce qui facilite la progression des spermatozoïdes.
En combinant ces différents indicateurs, ces indicateurs permettent d’identifier la fenêtre de fertilité, souligne Lucie Sarfati. Néanmoins, selon elle : "mieux vaut être formée auprès d'un professionnel de santé afin de ne pas commettre d'erreurs".
Les applications de suivi du cycle aussi peuvent aider à enregistrer les données, mais elles reposent souvent sur des algorithmes prédictifs et ne permettent pas toujours d’identifier avec précision le moment réel de l’ovulation.
Certaines études suggèrent que les méthodes symptothermiques peuvent aussi atteindre une bonne efficacité contraceptive. Toutefois, elles nécessitent un apprentissage, une grande régularité et une interprétation attentive des signes du cycle. Dans la pratique, elles restent donc peu utilisées et ne sont généralement pas recommandées comme seule méthode contraceptive.
Sources
Entretien avec Lucie Sarfati, sage femme

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