Trottinette, Globber ou vélo cargo : à force de leur éviter tout effort, rendons-nous nos enfants plus fragiles ?

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L’OMS recommande au moins trois heures d’activité physique par jour aux enfants de 3 à 4 ans, dont une heure d’intensité modérée à soutenue.

L’OMS recommande au moins trois heures d’activité physique par jour aux enfants de 3 à 4 ans, dont une heure d’intensité modérée à soutenue. Getty Images/Cavan Images RF

DÉCRYPTAGE - Pour gagner du temps ou éviter les crises, les jeunes enfants sont de plus en plus souvent portés, poussés ou transportés dans leurs trajets quotidiens. Une aide précieuse pour les parents pressés, mais qui pourrait priver les enfants de petits efforts essentiels.

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Ce jour-là, à Paris, Raphaël* a été déposé à la crèche en voiture par son père, qui devait filer à un rendez-vous professionnel. En arrivant le soir, sa mère, Marion, découvre qu’il n’y a ni Globber - ce petit engin à roulettes sur lequel l’enfant peut s’asseoir pour être poussé - ni poussette. Il va donc falloir rentrer à pied. Quinze minutes de marche. Au bout de trois minutes, Raphaël se plante devant elle, lève les bras et réclame : « Les bras, les bras ! » Puis vient la crise. Marion finit par porter jusqu’à la maison son « petit » garçon de 18 kilos, en maudissant intérieurement le père qui n’a pas pensé à laisser cette satanée trottinette.

Aux sorties de crèche et d’école maternelle en région parisienne, ces scènes sont devenues familières. On voit défiler une nuée de draisiennes et Globber, parfois occupés par des enfants déjà grands, assis dessus, les jambes repliées. Des poussettes accueillent des enfants qui marchent pourtant très bien, des vélos cargos avalant deux enfants, autant de cartables et un goûter. « Le vélo cargo est super pratique : je dépose ma cadette à la crèche, mon aînée à l’école maternelle, puis je file au travail », raconte une mère de famille qui vit à Puteaux. « Le matin, il faut arriver à l’heure. Le soir, ça m’évite une crise », résume Louis, 33 ans. Moins de retard, moins de crises, moins d’enfants qui traînent les pieds : tout le monde avance plus vite et sans discussion. Qui irait reprocher à un parent de gagner ainsi dix minutes ? Personne, sans doute. Mais une question finit par se poser : à force d’aider nos enfants à aller plus vite, ne sommes-nous pas en train de leur retirer ces petits gestes du quotidien qui construisent leur endurance ?

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Marcher, c’est apprendre à habiter son corps

Pour les spécialistes interrogés, la question n’a rien d’anecdotique. En faisant trop souvent le trajet à la place d’un enfant, on ne lui retire pas seulement un effort physique. On le prive aussi d’une série de petits apprentissages invisibles.

D’abord, il y a le corps…

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