Environ 2,5 % des adultes souffrent d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ce syndrome se caractérise par des niveaux élevés d’inattention, et/ou d’agitation et d’impulsivité. Près de 5,8 % des moins de 18 ans en sont atteints. D’où ça vient ? « À son origine : une accumulation de facteurs génétiques et environnementaux (exposition in utero à l’alcool, naissance prématurée ou avec un faible poids) qui entraîne de subtiles modifications de différents réseaux de neurones et des processus cognitifs, motivationnels et émotionnels qu’ils contrôlent », résume l’Inserm.
Il reste encore de nombreuses incertitudes sur le plan biologique autour du TDAH. Une étude internationale menée par des scientifiques de l’Inserm au sein de l’Institut du Cerveau (Inserm/CNRS/Sorbonne Université), et de l’Université Monash, en Australie, s’est intéressée aux causes d’apparition du TDAH. Et il pourrait bien y avoir un début de réponse… D’après les conclusions de cette étude, certains symptômes pourraient s’expliquer par l’intrusion d’ondes cérébrales lentes, habituellement associées au sommeil, pendant l’éveil. Ces ondes lentes pourraient ainsi constituer un biomarqueur potentiel du TDAH. Les conclusions de cette étude internationale ont été publiées le 16 mars dans le Journal of Neuroscience.
Dans le cadre de cette étude, les scientifiques ont comparé l’activité cérébrale de 32 adultes atteints de TDAH, sous traitement médicamenteux, à celle de 31 adultes neurotypiques. Tous les participants ont réalisé une tâche nécessitant une attention soutenue. Grâce à ces expériences, les chercheurs ont constaté une densité d’ondes lentes plus élevées chez les adultes atteints de TDAH. « Les adultes atteints de TDAH présentent une densité significativement plus élevée d’ondes lentes, habituellement observées lors du sommeil profond. Or, ces ondes ne sont pas anodines : plus leur densité est élevée, plus les participants commettent d’erreurs d’inattention et présentent des temps de réaction plus lents ou plus variables », résume Thomas Andrillon, chercheur Inserm.
Autre constatation faite par l’équipe : le niveau de fatigue ressenti par les participants augmente à mesure que ces ondes lentes s’accumulent au cours de l’effort attentionnel. « L’intrusion d’ondes du sommeil est un phénomène parfaitement normal. Pensez à une longue course à pied : au bout d’un certain temps, la fatigue physique vous oblige à faire une pause. C’est la même chose pour la fatigue mentale : après une journée passée éveillée ou après une mauvaise nuit de sommeil, le cerveau fait aussi des pauses sous la forme d’ondes lentes. Ces brefs moments d’inactivité cérébrale surviennent chez tout le monde », résume le chercheur. Avant d’ajouter : « Chez les personnes atteintes de TDAH, toutefois, cette activité est plus fréquente. Nos résultats suggèrent qu’elle pourrait constituer un mécanisme cérébral clé expliquant leurs difficultés à maintenir une attention et des performances stables au cours du temps ».
Enfin, ces résultats pourraient orienter le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques afin d’améliorer la qualité du sommeil.
Sources
TDAH : les troubles de l’attention pourraient être causés par l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil, Inserm, 16 mars 2026

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