Vous n'êtes probablement pas allergique à la pénicilline, selon la Société Française de Dermatologie

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« Un diagnostic posé trop vite, rarement réévalué, et parfois lourd de conséquences », voilà ce que regrette la Société Française de Dermatologie (SFD) à propos de l’allergie à la pénicilline.

Résultat, « des millions de patients se pensent allergiques… sans l’être réellement », déplore la société savante dans un communiqué. La SFD révèle ainsi que si 5 à 15 % de la population est « étiquetée » comme allergique à cet antibiotique, et à la grande famille des bêtalactamines à laquelle il appartient, « les données cliniques montrent que moins de 10 % de ces patients sont réellement allergiques ».

Une étiquette qui a des conséquences

Or, lorsque cette allergie n’existe que sur le papier, elle engendre tout un tas de conséquences, telles qu’un recours à des antibiotiques alternatifs parfois moins adaptés, une augmentation du risque d’infections du site opératoire, des hospitalisations plus longues, et donc un surcoût pour le système de santé.

« Lever cette étiquette injustifiée est devenu un véritable enjeu de santé publique », estime ainsi le Pr Annick Barbaud, cheffe du service de dermatologie et d’allergologie à l’hôpital Tenon à Paris, et spécialiste des allergies médicamenteuses.

Cette étiquette « allergique à la pénicilline » est notamment donnée un peu à la hâte lorsqu’une éruption cutanée survient chez un jeune enfant traité par amoxicilline, alors même qu’elle peut découler d’une infection virale. Et chez l’adulte, ce sont des effets indésirables digestifs (nausées, diarrhées, mycoses) qui sont parfois assimilés à une allergie, alors qu’il s’agit d’effets secondaires non immunologiques. Enfin, certaines personnes se considéreraient à tort allergiques du fait d’antécédents familiaux d’une allergie à la pénicilline.

Interrogatoire et test pour lever cette étiquette lorsqu’elle est fausse

Mais loin de remettre en cause tous les cas d’allergie à la pénicilline, la SFD estime simplement qu’il serait bon de réévaluer cette étiquette « lorsqu’elle repose sur des éléments incertains ». Ce qui sous-entend de faire un interrogatoire précis, et d’envisager une réintroduction encadrée, sans test allergologique préalable pour les cas simples, n’évoquant pas une telle allergie. Et lorsqu’on soupçonne une réaction plus sévère, un bilan allergologique est nécessaire, afin qu’une telle étiquette soit enlevée si elle s’avère infondée, a fortiori chez l’enfant.

La lutte contre l’antibiorésistance en ligne de mire

Et si la SFD s’attaque à cette allergie présumée très fréquente, c’est qu’elle estime que « dans un contexte mondial de lutte contre l’antibiorésistance », « optimiser l’usage des bêtalactamines constitue un enjeu stratégique ».

Car une allergie à la pénicilline réévaluée lorsqu’incertaine permet selon la SFD :

  • d’améliorer la qualité des soins,
  • de limiter les complications infectieuses,
  • de réduire l’antibiorésistance
  • et d’optimiser les dépenses de santé.

Mieux vaudrait donc ne pas considérer cette étiquette comme définitive sans évaluation spécialisée.

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